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Sahara marocain : Débat à l’ONU sur les garanties de son Initiative d’autonomie
Les travaux du séminaire ont permis de confronter l’Initiative marocaine à plusieurs modèles d’autonomie territoriale à travers le monde.
La Mission permanente du Maroc auprès des Nations Unies a organisé, mercredi à New York, la 15e édition de son séminaire international consacré à l’Initiative marocaine d’autonomie pour le Sahara. Réunissant universitaires et experts internationaux, cette rencontre a porté sur les garanties de mise en œuvre des accords d’autonomie territoriale, à la lumière des expériences internationales et des dispositions prévues par la proposition marocaine.
Un séminaire dans un contexte diplomatique marqué
Placée sous le thème « Accords d’autonomie territoriale : garanties de mise en œuvre », cette rencontre annuelle s’inscrit dans un contexte que le représentant permanent du Maroc auprès de l’ONU, Omar Hilale, a qualifié d’« exceptionnel ». Le diplomate a évoqué les développements récents du dossier du Sahara marocain, notamment l’adoption de la résolution 2797 du Conseil de sécurité.
Cette résolution marque, explique-t-il, un tournant dans le traitement de la question en consacrant le Plan marocain d’autonomie, sous souveraineté marocaine, comme la seule base d’une solution politique. Il a également souligné que plus de 130 États membres des Nations Unies, dont trois membres permanents du Conseil de sécurité, soutiennent désormais cette initiative.
Omar Hilale a par ailleurs mis en avant la dynamique de développement que connaissent les provinces du Sud grâce aux grands projets structurants engagés par le Royaume. Cette évolution, a-t-il estimé, illustre le caractère concret de l’Initiative d’autonomie, fondée sur des garanties constitutionnelles, institutionnelles et démocratiques.
Des expériences internationales mises en perspective
Les travaux du séminaire ont permis de confronter l’Initiative marocaine à plusieurs modèles d’autonomie territoriale à travers le monde.
Marc Finaud, conseiller principal et chercheur associé au Centre de politique de sécurité de Genève (GCSP), a rappelé que la proposition marocaine repose sur un processus de négociation visant à accorder une large autonomie aux populations concernées.
Présentant l’exemple de Rapa Nui, au Chili, Diego Muñoz, chercheur associé au Centre de recherche et de documentation sur l’Océanie (CREDO), a estimé que cette expérience, tout comme l’initiative marocaine, constitue une voie intermédiaire entre l’intégration complète à l’État et l’indépendance. Il a relevé que les deux modèles accordent une place importante à la reconnaissance des spécificités culturelles ainsi qu’à la participation des populations locales.
Une autonomie aux prérogatives élargies
Le professeur Sémir Al Wardi, de l’Université de la Polynésie française, a souligné que l’Initiative marocaine prévoit des compétences plus larges que celles accordées à la Polynésie française. Il a notamment mis en avant l’existence d’un pouvoir législatif régional ainsi que la garantie d’une autonomie politique permettant à la région de préserver son identité tout en demeurant pleinement intégrée au Royaume.
De son côté, le professeur suisse Heikki Mattila, de l’École de formation internationale de Genève, a souligné que la proposition marocaine s’inspire largement des meilleures pratiques internationales. Il a cité son ancrage constitutionnel, la participation des Nations Unies à sa mise en œuvre ainsi que l’existence d’institutions régionales disposant de compétences législatives, exécutives et judiciaires.
Le chercheur Dagikhudo Dagiev, de l’Institute of Ismaili Studies de Londres, a également jugé que l’Initiative marocaine intègre plusieurs caractéristiques avancées de l’autonomie territoriale moderne, notamment la gouvernance démocratique, les compétences fiscales, la mise en œuvre négociée et les mécanismes de réconciliation.
Quinze ans de réflexion académique
Créé en 2009, ce séminaire international constitue un espace d’échanges scientifiques consacré à l’étude comparative des modèles d’autonomie territoriale. Au fil des éditions, les débats ont porté sur des thématiques variées, allant de l’autodétermination à la gouvernance, en passant par les droits de l’Homme, les ressources naturelles, les investissements ou encore les dimensions culturelles et linguistiques.
Cette édition a mis l’accent sur les mécanismes institutionnels et juridiques susceptibles de garantir la mise en œuvre des accords d’autonomie, en confrontant les expériences internationales aux dispositions de l’Initiative marocaine pour le Sahara.