Hôpitaux : 6 % sans eau, 75 % sans niveau de base pour de propreté – Par Dr Anwar Cherkaoui

Hôpitaux : 6 % sans eau, 75 % sans niveau de base pour de propreté – Par Dr Anwar Cherkaoui

Seuls 10 % des établissements atteignent le niveau de base en matière d’assainissement (standards OMS / UNICEF), 43 % pour l’hygiène des mains, 9 % pour le nettoyage environnemental et 32 % pour la gestion des déchets de soins.

1
Partager :

Au Maroc, les établissements de santé affichent encore d’importantes insuffisances en matière d’eau, d’assainissement, d’hygiène et de gestion des déchets, selon le dernier rapport OMS-UNICEF couvrant la période 2015-2025. Anwar Cherkaoui raconte un état des lieux qui pose la question des standards minimaux de sécurité sanitaire dans nos hôpitaux.

Anwar Cherkaoui

Expert en communication médicale et de santé

 En 2026, peut-on encore imaginer un établissement de santé sans eau ?

Le dernier rapport OMS-UNICEF sur la période 2015-2025, publié en août 2026, apporte une réponse qui interpelle.

Au Maroc, 81 % des établissements de santé disposent d’un service d’eau de base.

Mais 6 % n’en disposent pas du tout et 13 % disposent d’un service limité.

Le problème apparaît surtout lorsqu’on examine les autres fondamentaux de la sécurité sanitaire.

Seuls 10 % des établissements atteignent le niveau de base en matière d’assainissement ( standards OMS / UNICEF), 43 % pour l’hygiène des mains, 9 % pour le nettoyage environnemental et 32 % pour la gestion des déchets de soins.

Ces chiffres ne constituent pas un jugement global sur les hôpitaux marocains.

Ils mesurent leur situation au regard de standards internationaux.

Mais ils posent une question simple : comment parler d’hôpital moderne lorsque des fonctions aussi élémentaires restent insuffisamment assurées ?

 Une chaîne de sécurité à renforcer

L’eau, l’assainissement, l’hygiène des mains, le nettoyage et la gestion des déchets ne sont pas cinq problèmes séparés. Ils constituent une seule chaîne de sécurité sanitaire.

Un hôpital peut disposer d’un scanner dernier cri et rester vulnérable si ses sanitaires sont insuffisants, si les points de lavage des mains ne fonctionnent pas ou si les déchets médicaux sont mal triés.

 Les GST face à une responsabilité concrète

La modernisation hospitalière ne peut donc pas se limiter aux bâtiments et aux équipements biomédicaux.

Les Groupements sanitaires territoriaux ( GST) doivent transformer ces chiffres en plans d’action : mesurer établissement par établissement, identifier les insuffisances, financer les corrections, former les personnels et suivre régulièrement les résultats.

Un hôpital moderne ne se mesure pas seulement à ses équipements.

Il se mesure aussi à son eau, ses sanitaires, l’hygiène de ses mains, la propreté de son environnement et la sécurité de ses déchets.

En 2026, ces exigences ne devraient plus être des objectifs à atteindre. Elles devraient être le minimum garanti à chaque patient.