Les turpitudes d’Israël : Le scandale Zaka – Par Mohamed Chraïbi

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Le cofondateur et président de la ZAKA, Yehuda Meshi-Zahav est accusé de viol et autres crimes sexuels par au moins une demi-douzaine de personnes. L’un de ses accusateurs, un homme adulte aujourd’hui, a déclaré avoir été agressé et frappé par Meshi-Zahav quand il avait 14 ans, et que l’homme avait ensuite essayé de le violer.

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Ce que le 7 octobre a changé – Par Mohamed Chraïbi

Ces derniers mois, le monde a assisté, avec incrédulité (voire ahurissement), à l’hécatombe de mythes qui entouraient l'Etat d’Israël. D'abord l exemplarité de sa démocratie, avec le début de coup d’état de son Premier ministre contre ses institutions ensuite l'invincibilité́ de son armée, l'inviolabilité́ de ses frontière et le génie de ses services de renseignement suite à l'attaque de Hamas et du Jihad islamique du 7 octobre 2023. Tous ses mythes bâtis sur les victoires d’Israël sur les pays arabes se sont brusquement effondrés révélant une réalité́ insoupçonnable que nous découvrons à la lecture de la presse de gauche israélienne. 

Non seulement la démocratie d’Israël est fragile, son armée, son gouvernement et ses services incompétents, mais sa société est profondément corrompue (au sens anglais du terme : viciée, souillée) . C'est ce que nous apprend Haaretz dans deux articles récents. Le premier concerne Zaka (1), organisation bénévole de juifs ultra orthodoxes chargée de la collecte des cadavres et de débris humains suite a des catastrophes naturelles, des attentats ou des guerres et le second concerne les mensonges éhontés de l’armée aux familles de certains otages dont elle tente de dissimuler sa responsabilité dans leurs décès. 

Le scandale Zaka

Dans un article daté du 1er février 2023, Haaretz rapporte qu’un groupe de bénévoles de Zaka a commencé à collecter les corps dans les communautés dévastées du sud d’Israël immédiatement après l’attaque du Hamas, tandis que Tsahal garde à l’écart les soldats entraînés à cet effet.  Une enquête révèle des cas de négligence, de désinformation et une campagne de collecte de fonds utilisant les morts comme accessoires.

L’article décrit une scène ou «un groupe de volontaires de Zaka, appartenant a la branche de Jérusalem, est assis autour d’une table en plastique, s’abritant sous les branches d’un arbre par une chaude journée.  L'ambiance est détendue et la conversation va bon train.  Certains fument des cigarettes, tandis que d’autres sirotent des boissons gazeuses et grignotent des collations.  Une jeune femme est absorbée par son téléphone.  Même le corps au sol à côté d'eux, enveloppé dans un sac en plastique blanc portant le logo de Zaka, ne perturbe pas cette scène hallucinante qui se déroule à Kfar Azza au début de la deuxième semaine de la guerre contre le Hamas, au milieu des maisons incendiées et dévastées … » 

En approchant le groupe d'un peu plus près, disent les journalistes d'investigation de Haaretz, « nous avons découvert que trois des bénévoles de Zaka passaient des appels vidéo et des vidéos à des fins de collecte de fonds et le corps qui gisait par terre à leur côté, faisait partie d’une mise en scène –conçue pour toucher les donateurs, juste au moment où la course contre la montre pour rassembler et enlever les corps des victimes du massacre était la plus urgente ».

« Deux semaines plus tard, ces volontaires, ou d'autres appartenant à la même organisation ont été  vus agir de la même manière à Be'eri (autre Kibboutz du Sud d’Israël attaqué par Hamas le 7 octobre)– assis et faisant des vidéos et des appels pour collecter des fonds à l'intérieur du kibboutz. Interrogée a ce sujet, Zaka nie toute implication. Mais une enquête de Haaretz a montré que « certaines des activités de l'organisation – qui, à la veille de la guerre, était empêtrée dans des dettes de plusieurs millions de shekels – étaient orientées vers la collecte de fonds, les relations publiques, les interviews avec les médias et les tournées pour les donateurs »

De plus cette enquête a révélé que « Dans le cadre de ses efforts pour obtenir une exposition médiatique, Zaka a diffusé des récits d’atrocités qui n’ont jamais eu lieu, publié des photos sensibles et graphiques et a agi de manière non professionnelle sur le terrain » 

Tout cela au su et au vu de l’armée qui a volontairement limité l'intervention de ses unités spécialisées pour permettre à Zaka de déployer ses activités de collecte de fonds. 

(1) Death and Donations: Did the Israeli Volunteer Group Handling the Dead of October 7 Exploit Its Role?

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