Construire une économie plus juste est-ce possible ?

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La cupidité, l'irresponsabilité, l'arrogance, le manque d'éthique, le laxisme, les demi-vérités, les mensonges, l'appât du gain rapide, le maquillage des comptes, la sur-spéculation etc. sont les causes qui ont généré ces crises de 2007 à 2018…

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La crise de 2008 n’a jamais été surmontée, et les gouvernants répugnaient à procéder aux réformes drastiques qui s’imposaient. Ils reculaient devant le prix à payer, en termes de notoriété et de survie politique, devant l’insouciance de la société civile, toute heureuse de reprendre le cours de la vie, comme si rien n’était arrivé.

Pourtant, l’origine de la crise aurait dû amener les gouvernants à édicter des nouvelles normes et le capitalisme d’alors à se réformer en profondeur.

La crise financière de 2008, comme chacun sait, a d’abord pris naissance dans le secteur immobilier. Cette bulle immobilière a provoqué une crise bancaire lorsqu’on a pris conscience que ces prêts hypothécaires ne seront jamais remboursés. Ils ne rapportaient déjà plus rien, devant l’insolvabilité des contractants. Une méfiance s’est installée, qui a conduit à une dégringolade des bourses, une récession et une hausse du taux de chômage dans plusieurs pays à travers le monde. 

La cupidité, l'irresponsabilité, l'arrogance, le manque d'éthique, le laxisme, les demi-vérités, les mensonges, l'appât du gain rapide, le maquillage des comptes, la sur-spéculation, la démesure, les placements complexes, risqués et incontrôlés, la corruption, sont les causes qui ont généré ces crises immobilières, bancaires, financières, économiques, politiques, budgétaires, fiscales, sociales, de 2007 à 2018, dont les conséquences dureront des années. 

Le plus scandaleux, c’est pendant que les pauvres devenaient plus pauvres, que les classes moyennes voyaient leur pouvoir d’achat fondre comme neige au soleil, les riches devenaient plus riches. Les inégalités étaient devenues criantes et insupportables.  

Soudain, le Covid 19, arriva, avec son train de mesures qui mettent à mal l’économie, cette fois-ci ouvertement. Une « aubaine pour le Pouvoir, car la prise de conscience qui s’en suit, devrait permettre de prendre, enfin, les mesures qui s’imposent. Toutes les classes de la société doivent réaliser que le capitalisme tel qu’il fonctionnait avant la crise sanitaire ne peut pas répondre efficacement aux enjeux, entre autres, environnementaux et sociaux, qui sont les nôtres aujourd’hui.

 Les États ont pris naturellement les choses en main, mais avec la lourdeur inévitable des mammouths que sont devenus la plupart des ministères. Ils ne pourront pas apporter la réponse qu’il faut sans associer le patronat, les syndicats et la société civile, bref tous les acteurs de l’économie. La priorité des priorités sera de rétablir la Confiance. Cette confiance, la nécessité cardinale pour une vraie relance, a été perdue par les gouvernants et les élites. On voit alors un foisonnement d’idées, plus farfelues l’une que l’autre, et le retour de vieilles utopies auxquelles on avait cru avoir tordu le cou pour toujours.  

Que faire ? Tant que la gestion de l’économie sera faite dans l’immédiateté au détriment du futur, on ne pourra pas mettre en place un capitalisme plus juste et plus « durable ». Tant que les chefs d’entreprises seront soumis à la pression de la Bourse, à la nécessité du profit immédiat, on ira de bulles en bulles et de crise en crise. Tant que la spéculation financière ne se basera pas sur l’économie réelle, qu’elle ne donnera pas la priorité à la production de richesses à redistribuer, les inégalités iront en augmentant.

 C’est une véritable révolution des comportements et des techniques de gestion qu’il faut revoir, en remettant l’Homme au centre de nos considérations, la priorité à l’Avenir et le respect de notre environnement.

Le « monde d’après » ne sera pas différent, si le capitalisme et tous les acteurs économiques ne se remettent pas en question. Les inégalités sociales, tant au niveau des individus que des états, ne peuvent pas perdurer au stade d’aujourd’hui.

La société civile doit se mobiliser, elle doit être pragmatique et ambitieuse. Il n’y aura pas de lendemains qui chantent, ni de table rase. Il y aura des efforts à déployer et des tabous à renverser. C’est vrai pour le monde de la finance comme celui des entreprises.

Plusieurs lois ont été prises, contre le gaspillage, par exemple, « on produit, on consomme, on jette ». Mais combien sont appliquées ?

Nous ne pouvons plus être indifférents aux problèmes des autres. Ils nous rattraperont et nous terrasseront.

La coopération entre le secteur publique, secteur privé et société civile, s’impose dans l’urgence.

C’est ensemble que pourra être construite, peut-être, une économie plus juste et plus durable, dans le respect des uns et des autres.

Nous ne pourrons qu’ensemble, influer sur le cours des choses !