Le café africain au centre d’un programme régional lancé à Marrakech

Le café africain au centre d’un programme régional lancé à Marrakech

L’initiative intervient dans un contexte de transformation des chaînes d’approvisionnement mondiales. Elle repose sur l’idée que l’Afrique, productrice importante de café, doit renforcer sa capacité à capter davantage de valeur, au-delà de la seule exportation de matières premières.

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Des responsables africains des secteurs de l’agriculture et du commerce se sont réunis mardi à Marrakech pour le lancement du Programme régional pour le développement de la chaîne de valeur du café. Portée par l’African Coffee Hub, en partenariat avec la Banque islamique de développement et l’Organisation de la coopération islamique, cette initiative vise à renforcer la compétitivité du café africain, à améliorer sa valorisation sur le continent et à faciliter son accès aux marchés internationaux.

Une rencontre autour de la chaîne de valeur du café

Marrakech a accueilli, mardi, une rencontre de haut niveau consacrée au lancement du Programme régional pour le développement de la chaîne de valeur du café. Organisée par l’African Coffee Hub, en partenariat avec la Banque islamique de développement et l’Organisation de la coopération islamique, cette réunion a rassemblé des ministres et responsables gouvernementaux africains chargés de l’agriculture et du commerce.

Placée sous le thème “Construire des chaînes de valeur du café compétitives et inclusives en Afrique : vers un programme régional d’investissement utilisant l’ACH-Tanger Med comme principal levier”, la rencontre vise à poser les bases d’un projet régional d’investissement. L’objectif annoncé est de permettre aux pays membres et partenaires de mieux tirer parti de leurs ressources et d’améliorer leur position dans le commerce mondial du café.

Cette initiative intervient dans un contexte de transformation des chaînes d’approvisionnement mondiales. Elle repose sur l’idée que l’Afrique, productrice importante de café, doit renforcer sa capacité à capter davantage de valeur, au-delà de la seule exportation de matières premières.

L’African Coffee Hub comme outil opérationnel

La plateforme African Coffee Hub occupe une place centrale dans le dispositif présenté à Marrakech. Elle est appelée à organiser les flux de café entre pays africains, à consolider les volumes, à harmoniser les standards et à améliorer la qualité selon des normes internationales.

Son rôle porte également sur l’intégration de systèmes de traçabilité et de transparence, ainsi que sur la mise en relation directe entre producteurs et marchés mondiaux. Cette organisation doit permettre de réduire les fragmentations existantes et de structurer une offre africaine plus lisible pour les acheteurs internationaux.

Selon Sanae Benabdelkhalek, directrice générale de l’ACH, l’alliance entre la Banque islamique de développement et la plateforme vise à restructurer la chaîne de valeur du café africain. Elle a souligné que l’enjeu consiste à passer d’un modèle reposant principalement sur l’exportation brute à un modèle intégrant davantage de fonctions de valorisation sur le continent.

Pendant plusieurs décennies, l’Afrique a produit une part importante du café mondial, tandis que la transformation, le mélange, la standardisation, les services logistiques et la distribution étaient majoritairement assurés en dehors du continent. Le programme présenté entend corriger ce déséquilibre en structurant un écosystème africain plus intégré.

Le rôle logistique du Maroc et de Tanger Med

Dans cette architecture, le Maroc est présenté comme un maillon logistique important, notamment grâce au port Tanger Med. Sa position géographique, à la jonction de l’Afrique, de l’Europe et de l’Amérique, en fait une plateforme de connexion pour l’agrégation, la valorisation et l’acheminement du café africain vers les marchés internationaux.

Sanae Benabdelkhalek a indiqué que le Maroc ne serait pas seulement un point de transit, mais pourrait jouer un rôle dans l’organisation de la production africaine, l’amélioration de la qualité, l’harmonisation des standards et l’accès aux circuits commerciaux mondiaux.

Cette fonction logistique s’inscrit dans une approche régionale visant à regrouper les volumes, à renforcer la traçabilité et à améliorer la compétitivité de l’offre africaine. Elle suppose également une coordination entre producteurs, plateformes de traitement, acteurs financiers, opérateurs logistiques et acheteurs internationaux.

Le recours à Tanger Med comme levier du programme traduit ainsi la volonté de lier les capacités de production africaines à des infrastructures capables de soutenir une présence plus structurée sur le marché mondial.

Financement, inclusion et développement rural

Pour la Banque islamique de développement, le programme comporte une dimension économique et sociale. Ahmed Ag Aboubacrine, chef du Bureau régional de la BID, a souligné que l’initiative concerne aussi les femmes agricultrices et les jeunes ruraux, deux catégories directement liées à la production agricole et à l’emploi dans les territoires.

Il a rappelé que la chaîne de valeur du café représente un volume important d’échanges commerciaux au niveau mondial, mais que les pays africains rencontrent encore plusieurs contraintes. Celles-ci concernent notamment la fertilité des sols, les capacités organisationnelles, la productivité et les conditions d’accès aux marchés internationaux.

La BID entend contribuer à la mise en place d’une chaîne de valeur africaine du café, en commençant par les segments de la production et de la commercialisation de la matière première. Le développement d’autres maillons, notamment la transformation et l’industrialisation, est envisagé dans une étape ultérieure, avec l’implication d’acteurs régionaux.

L’institution affirme pouvoir mobiliser des solutions financières couvrant les différents maillons de la chaîne. Cette approche doit permettre d’accompagner les producteurs, les coopératives, les opérateurs de transformation, les logisticiens et les exportateurs.

De son côté, Ahmad Sengendo, directeur du département des projets de l’Organisation islamique pour la sécurité alimentaire, a rappelé que le café constitue une source de revenus pour des millions de petits exploitants, un levier de développement rural et une ressource d’exportation pour plusieurs pays africains.

L’IOFS considère l’African Coffee Hub comme une plateforme continentale susceptible de renforcer la coopération régionale, d’améliorer l’accès aux marchés et de soutenir la création de valeur. L’organisation a réaffirmé sa volonté de développer un partenariat stratégique avec l’ACH pour accompagner le secteur du café en Afrique.

Les échanges programmés sur deux jours portent sur l’agro-industrialisation, l’intégration commerciale, la mobilisation des investissements, l’emploi des jeunes, l’autonomisation des femmes et la construction d’économies agricoles plus résilientes. L’ensemble de ces thématiques traduit l’ambition de lier la filière café à des enjeux plus larges de développement économique, social et territorial.

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