Pour une relance vers une nouvelle économie

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On dit que le cynisme est la caricature de la lucidité : Vu les statistiques que l’on nous égrène quotidiennement, on se pose la question sur la posture a adopter. Qu’en est-il ? L’état de nos conditions sanitaires est de très loin moins grave que l’état de notre économie. Convenons donc que ce soit le cas mais essayons par-là de ne voir que le verre a moitié plein. En effet, et c’est la première bonne nouvelle, a l’instar de ce qui se passe un peu partout dans le monde le problème du covid dans sa première vague   semble être maitrisé. La deuxième bonne nouvelle c’est qu’après plusieurs semaines de déconfinement dans le monde, le tsunami de la seconde vague que nous prédisaient les cassandres n’est toujours pas en vue. On peut affirmer sans risque : Selon le principe de l’approche par priorité dégressive, l’économique est en train de dépasser le sanitaire en termes de gravité. Sans prétendre être devin, la raison semble évidente : les bruits de fond des débats sur l’économie corroborent, pour ceux qui doutent encore, que l’économique devrait détenir aujourd’hui   la primauté de l’agenda des gouvernants.  

Avant de m’avancer dans des développements qui pourraient paraitre vaniteux, j’aimerais, en utilisant encore une fois, le même vocable, reconfirmer que je ne fais pas partie des adeptes de    «  ultracrepidarianisme » therme barbare qui définit les gens qui parlent avec assurance de sujets dont ils n’ont pas la compétence. Cependant, mon statut de citoyen adoubé de celui d’industriel me confère je pense cette légitimité. De surcroit : Ce n’est pas parce que l’on ne dispose pas de l’expertise pour changer le monde, qu’il faut renoncer à le comprendre, a fortiori lorsque l’on fait partie de cette race d’entrepreneurs   qui portent en bandoulière leur intuition comme d’autres portent leurs victuailles pour survivre dans la jungle.

Pour entrer de plein pied dans le sujet osons  ressusciter Gramsci pour la circonstance qui disait que : “Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres ». Pour donner de l’éloquence à la métaphore, on peut avancer en ce qui nous concerne que les monstres pourraient être l’imprévision et le manque de perspicacité.

Pas de déni de réalité 

Il est aussi nécessaire qu’évident que l’état devra intervenir en force pour relancer l’économie et il n’y a pas d’autres solutions. L’état devra s’endetter pour maintenir la demande en vie et pour détenir une offre à même de subvenir au nouveau marché post covid. Si la dette est inéluctable, il y aura, comme le cholestérol, la bonne et la mauvaise dette et c’est certainement dans un savant dosage que se trouve la solution.  Cependant, cessons de croire qu’un déluge d’argent suffira à fournir à l’économie nationale les moyens de franchir sans dégâts ce précipice. Ce n’est pas non plus en renflouant leur besoin en fonds de roulement que l’Etat pourra sauver les entreprises d’une absence de chiffre d’affaires. Car plus que l’argent, celles-ci  auront besoin de retrouver leurs clients. Il faudra pour cela  les réorienter à produire des produits adaptés à l’après covid. La preuve en est que  c’est grâce à la réactivité du Maroc qui  a permis d’adapter ses chaines de production textiles aux besoins du moment que sont les masques que nous avons décroché nos galons. Cette réactivité concernant les masques n’étant pas la seule, il n’est pas question d’ignorer les process dans l’aéronautique qui ont été à l’origine de respirateurs artificiels 100% marocains. En somme, c’est cette agilité  drapée  du sens de l’adaptation qui permettra de se positionner sous la  gouttière de la demande internationale. 

Se préparer aux nouveaux  produits  

L’adaptation aux nouveaux marchés devient incontournable car avec les nouveaux paradigmes, la consommation et surtout l’épargne accumulée depuis plusieurs mois se déversera vers les « les industries de la vie » et vers le digital, c’est-à-dire tous ces produits qui avec la crise ont démontré l’importance de leur utilité dans laquelle l’homme au sens humaniste du terme ira retrouver la place qu’il n’aurait jamais dû quitter 

Pour cela, la  vigilance s’impose. Il ne faut pas se tromper de champ de bataille : Si l’objectif est de  remettre l’offre sur pied, prenons-le comme hypothèse, mais pour en faire quoi lorsque l’on n’est pas sûr de trouver l’acheteur pour cela. Evidemment, Les leçons du covid nous ont certes  légués l’esprit d’adaptation comme bouée de sauvetage d’un monde imprévisible. Admettons, mais  cessons de croire que  nous allons remettre les mêmes couverts et être assis aux mêmes tables. Les lanternes du  passé ne seront là que pour éclairer le chemin parcouru mais celui qui vient  exigera de nous les talents du funambule. Qui plus est :  lorsque l’on ne se définit que par rapport au passé, il faudra  toujours  craindre pour son avenir. Et celui-ci est tout aussi exigeant que capricieux : Pour y parvenir, regardons ces réalités en face, si nous ne nous  focalisons  pas sur les nouveaux emplois qui vont être crées, nous pouvons sans risque parier sur ceux qui vont disparaitre : Et ils seront légion ! C ‘est pour cela, si nous sommes bien inspirés, nous devrons  adapter au plus vite la demande de travail  que génèrera le chômage en masse a l’offre  que suscitera la création des nouveaux métiers. Quant au  cadre  juridique de l’emploi qui devra accompagner cette mutation, un nouveau code du travail  s’impose   afin de ne pas être le fossoyeur de l’emploi qu’il est censé soutenir.  Ne pas voir ce scenario serait sombrer dans un déni de réalité. Eh oui !  Car dès que l’on ne prend plus en considération le temps long, le présent  soutenu par le passé finissent par se venger de l’avenir  

 

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