Environnement
El Niño monte en puissance, l’ONU redoute une multiplication des extrêmes jusqu’en 2027
Des vagues de tempête générées par El Niño s'abattent sur les maisons en bord de mer à Mondos Beach, en Californie, le 12 janvier 2016. Les Californiens sont actuellement confrontés à un phénomène météorologique de type « super El Niño » Les habitants de l'État vivent dans des plaines inondables, doivent désormais faire face à des inondations et à des glissements de terrain.(Photo de MARK RALSTON / AFP)
El Niño est désormais solidement installé et pourrait atteindre une intensité exceptionnelle d’ici la fin de l’année, selon l’Organisation météorologique mondiale. Le phénomène devrait persister jusqu’en février 2027 avec une probabilité proche de 100 %, faisant planer la menace d’une aggravation des sécheresses, inondations et vagues de chaleur dans de nombreuses régions du globe.
Un épisode d’une ampleur exceptionnelle
El Niño continue de gagner en puissance dans le Pacifique tropical. Selon les dernières prévisions des centres mondiaux de production de l’Organisation météorologique mondiale, sa persistance jusqu’en février 2027 est jugée « exceptionnellement élevée », à un niveau proche de 100 %.
Cette évolution est alimentée par des températures anormalement élevées à la surface du Pacifique équatorial. Le phénomène devrait atteindre son pic vers la fin de l’année 2026, avant de continuer à influencer le climat mondial pendant une partie de 2027.
Ses effets pourraient être sensibles sur les régimes de précipitations et de températures, mais aussi sur la fréquence et l’intensité de certains phénomènes extrêmes. Plusieurs régions pourraient ainsi être confrontées à davantage de sécheresses, d’inondations ou de vagues de chaleur.
« La planète navigue en eaux inconnues »
Face à ces projections, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a lancé un nouvel avertissement.
« El Niño est en train de prendre une ampleur hors norme sous nos yeux. La science ne laisse aucun doute : la planète navigue en eaux inconnues, et ces eaux se réchauffent », a-t-il déclaré, appelant à renforcer à la fois l’action climatique et la protection des populations les plus exposées.
Même inquiétude du côté de l’OMM. Sa secrétaire générale, Celeste Saulo, a rappelé que si El Niño signifie « petit garçon » en espagnol, ses conséquences peuvent être considérables pour les communautés et les économies.
Elle souligne que des perturbations liées aux sécheresses et aux inondations sont déjà observées dans plusieurs régions et que leur intensité pourrait augmenter à mesure que le phénomène se renforce.
Les systèmes d’alerte en première ligne
L’OMM et les services météorologiques et hydrologiques nationaux renforcent désormais leurs dispositifs de surveillance et d’alerte précoce.
Pour Celeste Saulo, l’ampleur de cet épisode impose une mobilisation sans précédent. Elle insiste sur le rôle central des services nationaux, chargés de fournir des prévisions fiables afin de protéger les populations, les infrastructures et les moyens de subsistance.
L’organisation prévoit également de renforcer sa coopération avec les agences des Nations unies et les acteurs humanitaires. Objectif : fournir rapidement des données climatiques utiles aux secteurs les plus vulnérables, notamment l’agriculture, la santé, l’énergie et la gestion de l’eau.
« Nous n’avons pas de temps à perdre », a averti la secrétaire générale de l’OMM.
Un phénomène naturel aux effets mondiaux
El Niño est un phénomène climatique naturel et ne résulte pas directement du changement climatique. Il correspond à un réchauffement inhabituel des eaux de surface du Pacifique équatorial central et oriental.
Il survient généralement tous les deux à sept ans et dure le plus souvent entre neuf et douze mois. Son développement commence habituellement entre mars et juin, avant un pic d’intensité entre novembre et février.
Ses effets peuvent toutefois se prolonger bien au-delà et peser fortement sur les températures mondiales l’année suivante.
L’intensité d’El Niño ne permet cependant pas, à elle seule, de prévoir précisément les conséquences dans chaque région. Celles-ci varient selon les saisons, les territoires et l’interaction avec d’autres facteurs climatiques, notamment les conditions observées dans les océans Indien et Atlantique.