Environnement
Océans sous pression : l’ONU alerte sur une dégradation accélérée des écosystèmes marins
Des militants de l'association « Wings of the Ocean », qui lutte contre la pollution des océans lors d'un rassemblement visant à sensibiliser les passants et à marquer la Journée des océans au « miroir d’eau » à Bordeaux, dans le sud-ouest de la France, le 8 juin 2025. (Photo de ROMAIN PERROCHEAU / AFP)
Dans son troisième rapport mondial sur l’état des océans, publié à New York, l’Organisation des Nations unies met en garde contre l’accumulation des menaces qui pèsent sur les milieux marins. Pollution, changement climatique, surexploitation des ressources et destruction des habitats fragilisent un écosystème essentiel à l’équilibre de la planète et à la subsistance de milliards de personnes.
Un pilier de la vie mondiale fragilisé
Les océans couvrent près de 70 % de la surface terrestre et jouent un rôle déterminant dans le fonctionnement de la planète. Ils absorbent une part importante du dioxyde de carbone produit par les activités humaines, régulent le climat mondial et constituent une source de nourriture pour plusieurs milliards d’individus.
Selon l’ONU, cet équilibre est aujourd’hui de plus en plus menacé. L’intensification des activités humaines exerce une pression croissante sur les espaces marins, compromettant leur capacité à remplir leurs fonctions écologiques essentielles.
Le rapport souligne que les océans sont devenus le réceptacle de multiples formes de dégradation environnementale dont les effets se cumulent et se renforcent mutuellement.
Pollution et surexploitation en première ligne
Parmi les dangers identifiés figure la pollution marine, qui continue de s’aggraver. Chaque année, environ 52 millions de tonnes de déchets plastiques rejoignent les mers et les océans. Ces déchets affectent déjà plus de 4.000 espèces marines, qu’il s’agisse de poissons, d’oiseaux, de mammifères ou de coraux.
La surexploitation des ressources constitue une autre menace majeure. Les activités d’extraction se développent dans plusieurs régions du globe, tandis que l’urbanisation des espaces maritimes s’accélère.
Parcs éoliens offshore, infrastructures pétrolières en eaux profondes, pipelines et câbles sous-marins se multiplient, modifiant profondément certains écosystèmes et accentuant les pressions sur des milieux déjà fragilisés.
Le changement climatique accélère les risques
L’ONU insiste particulièrement sur les conséquences du réchauffement climatique. L’augmentation des températures provoque une élévation progressive du niveau des mers, exposant davantage les zones côtières aux inondations, à l’érosion et aux phénomènes météorologiques extrêmes.
Les récifs coralliens figurent parmi les victimes les plus vulnérables. Le rapport estime que jusqu’à 90 % des récifs mondiaux pourraient disparaître si le réchauffement de la planète continue de dépasser le seuil de 1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle.
Une telle évolution aurait des répercussions considérables sur la biodiversité marine. Les récifs constituent en effet des habitats indispensables pour de nombreuses espèces et jouent un rôle important dans la protection naturelle des littoraux.
Une décennie décisive pour l’avenir des mers
Malgré ce constat préoccupant, les experts soulignent que des solutions existent encore. Ils appellent à une réduction rapide des émissions de gaz à effet de serre, à une meilleure gestion des ressources marines et à un renforcement des aires protégées.
L’enjeu dépasse largement la seule préservation de la nature. La dégradation des océans menace également la sécurité alimentaire mondiale, les activités économiques liées à la pêche, les emplois côtiers et la stabilité climatique de la planète.
Le rapport estime que les dix prochaines années seront déterminantes. Sans action coordonnée à l’échelle internationale, les dommages risquent de devenir irréversibles dans plusieurs régions du monde. À l’inverse, des politiques ambitieuses de protection pourraient encore permettre de restaurer une partie des écosystèmes marins et de préserver un patrimoine naturel dont dépend une part essentielle de l’avenir de l’humanité.