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Brésil : condamnée à dix ans de prison, une députée Carla Zambelli pro-Bolsonaro s’exile en Europe
« Je pourrais aller en prison, attendre quelque temps et rester dans mon pays. Mais quelle justice est celle qui condamne Débora à 14 ans et veut m’en condamner à 15 ? », a lancé Carla Zambelli, en référence à une coiffeuse de 39 ans condamnée pour avoir tagué au rouge à lèvres une statue de la Justice devant la Cour suprême
Condamnée à dix ans de prison par la Cour suprême brésilienne, la députée d’extrême droite Carla Zambelli a annoncé son départ pour l’Europe, dénonçant une « persécution politique ». Proche de Jair Bolsonaro, l’élue multiplie les provocations judiciaires, entre falsification, menaces armées et contestation du système électoral. Son exil, qu’elle présente comme un acte de « résistance », ravive les tensions entre institutions et bolsonaristes radicaux.
Brasilia - Deux semaines après avoir été condamnée à dix ans de prison, la députée brésilienne Carla Zambelli, proche alliée de l’ancien président Jair Bolsonaro, a annoncé avoir quitté le Brésil pour s’installer en Europe, qu’elle présente comme un exil politique et militant.
Dans une interview diffusée mardi par la chaîne YouTube, l’élue du Parti libéral (droite) a indiqué se trouver "depuis plusieurs jours" hors du pays, sans préciser sa destination, invoquant des raisons de santé et sa double nationalité italienne - un statut qui, selon elle, l’empêche d’être extradée vers le Brésil. Elle a toutefois reconnu que sa récente condamnation par la Cour suprême avait pesé dans sa décision.
« Je pourrais aller en prison, attendre quelque temps et rester dans mon pays. Mais quelle justice est celle qui condamne Débora à 14 ans et veut m’en condamner à 15 ? », a-t-elle lancé, en référence à une coiffeuse de 39 ans condamnée pour avoir tagué au rouge à lèvres une statue de la Justice devant la Cour suprême, lors des émeutes du 8 janvier 2023 à Brasilia.
Après l’annonce publique de son départ à l’étranger, le parquet général a demandé à la Cour suprême l’incarcération de Carla Zambelli.
La requête a été adressée au juge Alexandre de Moraes, cible d’un faux mandat d’arrêt que la députée est accusée d’avoir orchestré en 2023 en facilitant l’intrusion du hacker Walter Delgatti dans le système informatique du Conseil national de justice, ainsi que pour falsification idéologique.
Delgatti, également connu pour avoir révélé les messages privés de magistrats dans une autre affaire en 2019, a écopé de huit ans et trois mois de prison dans le même dossier.
La députée fait également l’objet d’une autre procédure pénale devant la Cour suprême : elle est accusée d’avoir brandi une arme à feu et poursuivi un journaliste en pleine rue à Sao Paulo, à la veille du second tour de l’élection présidentielle de 2022. Évoquant cet épisode durant l’entretien, elle a estimé avoir "agi correctement", expliquant avoir voulu "protéger son enfant" après avoir entendu "un coup de feu".
« Ma vie est devenue un enfer. Après cela, tout a basculé », a-t-elle confié, dénonçant un isolement qu’elle impute à des pressions politiques et judiciaires.
Depuis l’étranger, Zambelli affirme vouloir poursuivre son militantisme et "dénoncer la dictature" au Brésil, suivant en cela l’exemple d’Eduardo Bolsonaro, fils de l’ex-président (2019-2022), qui s’est installé aux États-Unis et mène une campagne dénonçant ce qu’il qualifie de persécutions politiques visant son père, accusé d’une tentative présumée de coup d’État après sa défaite face à Luiz Inácio Lula da Silva (gauche) en 2022.
« Ce n’est pas un abandon de mon pays, ni une capitulation, mais un acte de résistance », a affirmé la députée, se présentant une fois encore comme victime d’une "persécution judiciaire".
Enfin, Carla Zambelli a réitéré ses attaques contre le système électoral brésilien, qu’elle juge "non fiable", appelant à l’instauration du vote imprimé et à une "vérification publique" des résultats. Des accusations systématiquement rejetées par les autorités électorales et judiciaires du pays, qui assurent de la fiabilité et de la transparence des scrutins électroniques.