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Washington frappe à nouveau l’Iran, l’escalade gagne les infrastructures civiles
Cette capture d'écra , tirée par AFP d'une vidéo diffusée le 16 juillet 2026 par le site d'information Sepah News des Gardiens de la Révolution islamique (IRGC), montre le lancement d'un missile depuis un lieu non précisé en direction de cibles américaines situées en Jordanie, au Koweït et à Bahreïn.
Les États-Unis ont lancé dimanche une nouvelle série de bombardements contre l’Iran après la mort de deux militaires américains en Jordanie. Téhéran a riposté en visant plusieurs pays du Golfe, tandis que les attaques contre les infrastructures civiles et la paralysie du détroit d’Ormuz renforcent le risque d’un embrasement régional.
Une nouvelle nuit de frappes américaines
Les États-Unis ont mené dimanche une nouvelle vague d’attaques contre l’Iran, au cours de la huitième nuit consécutive de bombardements. Washington affirme avoir voulu « punir » la mort de deux soldats américains, tués vendredi lors de frappes iraniennes en Jordanie.
Selon le Commandement américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, les opérations ont ciblé des installations militaires ainsi que des unités des Gardiens de la Révolution accusées d’avoir participé aux attaques contre les forces américaines.
Les agences iraniennes Mehr et Tasnim ont signalé des frappes à Sirik, ville portuaire du sud de l’Iran située face au détroit d’Ormuz. L’agence officielle Irna a également fait état d’une attaque près de Hajiabad, dans la province d’Hormozgan.
L’Organisation iranienne de l’énergie atomique a, pour sa part, affirmé qu’une centrale nucléaire en construction à Darkhovin, dans le sud-ouest du pays, avait été visée par plusieurs projectiles américains. Aucun bilan indépendant sur les dégâts n’a été communiqué.
Samedi, l’armée américaine avait annoncé la mort de deux militaires et la disparition d’un troisième à la suite de tirs de missiles et de drones iraniens en Jordanie. Il s’agit des premières pertes américaines depuis la reprise des hostilités, le 7 juillet.
Depuis le déclenchement du conflit à la fin du mois de février, 16 militaires américains ont été tués, selon Washington. Le gouvernement iranien affirme, de son côté, que les frappes américaines ont fait au moins 50 morts et plus de 500 blessés depuis le 27 juin.
Le Koweït et Bahreïn pris pour cibles
En représailles aux bombardements américains, l’Iran a lancé plusieurs attaques contre des installations situées dans des pays du Golfe.
La télévision iranienne a indiqué que des bases utilisées par les forces américaines au Koweït avaient été visées. L’armée koweïtienne a annoncé avoir répondu à des attaques de missiles et de drones.
Une frappe contre une usine de production d’eau et d’électricité a provoqué un incendie, au lendemain d’attaques ayant déjà endommagé une centrale, une installation pétrolière et plusieurs unités de production.
Les autorités koweïtiennes ont condamné le ciblage de ces infrastructures essentielles, dans un contexte marqué par des températures dépassant 47 degrés. Les installations de dessalement jouent un rôle vital dans l’approvisionnement en eau potable du pays.
Le Conseil de coopération du Golfe a dénoncé des actes assimilés à des « crimes de guerre ». Les autorités iraniennes ont employé la même expression pour qualifier les frappes américaines contre une station de pompage d’eau de mer et un transformateur alimentant une usine de dessalement dans la province d’Hormozgan.
Des sirènes d’alerte aérienne ont également retenti à Bahreïn. Le ministère de l’Intérieur a demandé aux habitants de rester calmes et de rejoindre les lieux sûrs les plus proches. Le royaume, qui accueille une importante présence militaire américaine, a déjà été visé à plusieurs reprises depuis la reprise des combats.
En Jordanie, un missile iranien visant Aqaba, sur la mer Rouge, a été intercepté par les forces jordaniennes et israéliennes, selon l’armée israélienne. Les sirènes ont également retenti à Amman et dans plusieurs autres régions du pays.
Les autorités jordaniennes ont toutefois démenti avoir évacué l’aéroport international et le port d’Aqaba, contrairement à une annonce de l’ambassade américaine. Le gouvernement a assuré que les deux infrastructures fonctionnaient normalement.
Téhéran promet une réponse plus sévère
Le commandant de l’armée iranienne, le général Ali Abdollahi, a promis une riposte « décisive et dévastatrice » à toute nouvelle attaque américaine. Il a affirmé que les forces iraniennes infligeraient aux États-Unis des coûts plus élevés que lors des précédentes phases du conflit.
Le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a également accusé Washington de chercher à prolonger la guerre. Dans un message écrit relayé par la télévision d’État, il a affirmé que l’Iran et ses alliés avaient des « leçons inoubliables » à offrir à leurs adversaires.
Le dirigeant iranien, qui n’est toujours pas apparu en public depuis qu’il a succédé à son père, tué au premier jour de la guerre, a dénoncé les violations répétées du protocole d’accord signé le 17 juin entre Téhéran et Washington.
Cet accord devait ouvrir la voie à une désescalade après plusieurs mois de combats. Sa rupture, après l’attaque par Téhéran de deux navires qui ont emprunté une autre voie que l’iranienne, a relancé une succession d’attaques et de représailles qui touchent désormais une grande partie de la région.
Le détroit d’Ormuz presque paralysé
L’escalade militaire s’accompagne d’une dégradation rapide de la situation dans le détroit d’Ormuz. Sa réouverture constituait l’un des principaux acquis du protocole conclu en juin, mais le trafic maritime y est désormais presque à l’arrêt.
Les Gardiens de la Révolution ont annoncé avoir intercepté quatre navires qui tentaient de franchir le détroit sans autorisation. Selon leur communiqué, deux bâtiments ont été immobilisés après un incident, tandis que les deux autres ont renoncé à poursuivre leur route.
Avant la guerre, près d’un cinquième du commerce mondial d’hydrocarbures transitait par cette voie maritime stratégique. Une fermeture prolongée pourrait perturber les exportations de pétrole et de gaz, provoquer une hausse des prix de l’énergie et fragiliser l’économie mondiale.
Les États-Unis ont parallèlement rétabli le blocus des ports iraniens, levé après la signature de l’accord de juin. Cette mesure accentue la pression sur les échanges maritimes de l’Iran et réduit les perspectives d’un retour rapide au dialogue.
Un conflit de plus en plus régional
La guerre déborde également sur le Kurdistan irakien. Un groupe d’opposition kurde iranien en exil a annoncé que huit de ses combattants avaient été blessés par une frappe de drone imputée à Téhéran.
La région accueille des forces américaines ainsi que des bases arrière de mouvements kurdes iraniens considérés comme ‘’terroristes’’ par le pouvoir iranien.
Alors que les frappes se poursuivent, les deux camps semblent enfermés dans une logique de représailles. Les attaques contre les installations militaires, énergétiques, hydrauliques et portuaires élargissent progressivement le champ du conflit.
La multiplication des frappes en Jordanie, au Koweït et à Bahreïn montre que la confrontation ne se limite plus au territoire iranien. Elle menace désormais la sécurité de l’ensemble du Golfe, la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz et l’approvisionnement énergétique mondial.