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Central Park où la durabilité et la culture se côtoient en plein cœur de New York - Par Karim AOUIFIA.
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Au cœur de Manhattan, Central Park s’impose depuis plus de 150 ans comme un refuge verdoyant et culturel, pensé pour tous les New-Yorkais. Symbole de biodiversité, de créativité et de convivialité, ce « poumon vert » génère aussi un puissant impact économique et reste un décor mythique du cinéma mondial. Karim Aouifia, correspondant de MAP a New York raconte son histoire et son présent.
New York - Au milieu du 19è siècle, une urbanisation débridée commençait à peser sur le quotidien des new-yorkais. Cette réalité qui s’est enracinée au fil des années a poussé des personnalités connues comme le poète William Cullen Bryant à prendre fait et cause pour la création d’un "échappatoire vert" au cœur du vacarme assourdissant de la métropole américaine.
Un projet visionnaire né au XIXe siècle
Ce plaidoyer pour la biodiversité qui a rassemblé des voix de divers horizons a donné ses fruits lorsque l’État de New York a procédé en 1853, au grand bonheur des citadins, à l’acquisition de plus de 300 hectares de terrain en plein centre de Manhattan pour construire ce qui est appelé aujourd’hui Central Park. Faisant écho au parc anglais de Birkenhead, fondé en 1847, ce projet gigantesque a été confié aux architectes Calvert Vaux et Frederick Olmsted, avec l’idée principale de doter la Grande Pomme d’un "poumon vert" et d’offrir aux New-yorkais un espace de biodiversité et de divertissement "démocratisé".
L’ambition des initiateurs du projet "était de créer un endroit où les gens de tous horizons, riches et pauvres, femmes et hommes, pourraient se rassembler et profiter d’activités de loisirs et de culture”, explique Tricia Kang, de la Central Park Conservancy, une association à but non lucratif dédiée à l’entretien et à la préservation de ce parc emblématique. Pour concrétiser cette idée, dont la réalisation s’est étalée sur une quinzaine d’années avec un coût global de 14 millions de dollars, les deux architectes ont mis au point le plan dit "Greensward" destiné à édifier un parc résilient qui allie paysages naturels et espaces soigneusement conçus pour le divertissement et la culture.
Un poumon vert et culturel au service des New-Yorkais
Grâce à ce plan qui visait le "renouveau urbain" de la ville la plus peuplée des Etats Unis, Central Park compte aujourd’hui un zoo abritant diverses espèces animalières, et accueille d’innombrables espèces et plantes et offre des scènes dédiées aux performances artistiques comme le théâtre et la musique. Une salle de classe en plein air y est également nichée pour l’appréciation et l’étude de la botanique.
“Central Park est bien plus qu’un simple parc. Il symbolise la créativité, la résilience et l’engagement de New York envers les espaces publics”, lance A. Morales, un résidant de la métropole qui tient à visiter Central Park au moins deux fois par mois. Pour ce new-yorkais et militant de la biodiversité, le parc offre un "havre de tranquillité" loin de l’agitation de la vie urbaine et un lieu de rencontre pour les New-yorkais.
Au-delà de sa vocation environnementale et culturelle, cette destination de classe mondiale qui attire chaque année plus de 40 millions de visiteurs et de touristes, est aussi l’un des endroits les plus rentables pour la ville de New York. Selon des statistiques récentes, le parc génère plus d’un milliard de dollars en activité économique annuelle et en recettes fiscales. Aussi, ses décors pittoresques prisés par les cinéastes et producteurs, accueillent des dizaines de tournages chaque année, générant plus de 135 millions de dollars de revenus pour la ville.
Central Park, moteur économique et icône culturelle
Les immeubles et résidences jouxtant le parc ont vu leur valeur s’envoler au fil des ans, notamment le long de la Cinquième avenue du côté Est du parc, mais aussi dernièrement du côté de la Upper West Side. De l’avis de plusieurs de ses visiteurs, Central Park, outre son apport économique important, joue un rôle de premier plan dans l’enrichissement de la vie culturelle et artistique de la ville de New York. "Au-delà de la simple verdure, Central Park a une énorme signification culturelle, à la fois comme havre démocratique et source d’inspiration artistique”, estime Tricia Kang. Illustration de cette vocation culturelle, le parc, dont le concert estival attire plus de 50.000 visiteurs chaque année, figure dans plus de 230 films classiques comme “Coup de foudre à Manhattan” (1942), ainsi que dans les superproductions de super-héros tels que Spiderman et SOS Fantômes.
Autre aspect de la vocation culturelle de Central Park est la présence remarquée de l’héritage de la figure emblématique de la littérature anglaise, William Shakespeare. Durant la période estivale, les visiteurs du parc ont l’occasion d’apprécier gratuitement une des pièces shakespeariennes reproduites dans le célèbre théâtre de Delacorte ou encore de déambuler dans le jardin pittoresque qui porte son nom et qui renferme des plantes mentionnées dans ses œuvres. Aux yeux des New-Yorkais, Central Park reste une marque distinctive de l’identité de leur ville et une étape incontournable pour les millions de touristes qui explorent la beauté et la diversité de la plus grande métropole des Etats Unis.