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Cisjordanie: des centaines d'arbres palestiniens déracinés en présence de l'armée israélienne, 5 journalistes assassinés à Gaza
Un Palestinien se tient à côté d'un fauteuil roulant vide après une explosion dans le quartier de Saftawi, à l'ouest de Jabalia, dans le nord de la bande de Gaza, le 25 août 2025, alors que le génocide israélien se poursuit. (Photo de BASHAR TALEB / AFP)
En Cisjordanie, des bulldozers escortés par l’armée israélienne ont déraciné des centaines d’arbres dans le village d’al-Mughayyir, suscitant colère et désespoir parmi les agriculteurs palestiniens. À Gaza, cinq journalistes ont été tués lors de frappes israéliennes sur l’hôpital Nasser, portant à près de 200 le nombre de professionnels des médias morts depuis le début de la guerre.
Al Mughayyir, Territoires palestiniens - Des bulldozers ont déraciné des centaines d'arbres dans le village d'al-Mughayyir, dans le centre de la Cisjordanie, ont constaté dimanche des journalistes de l'AFP sur place, où se trouvait également l'armée israélienne.
Abdelatif Mohamed Abou Aliya, un agriculteur de cette commune proche de Ramallah, a raconté à l'AFP avoir perdu des oliviers "de plus de 70 ans" sur l'équivalent d'un hectare de terre.
"Ils les ont complètement déracinés et rasés, sous des prétextes fallacieux", a dit cet homme sans préciser à qui il faisait allusion. Il a ajouté avoir déjà commencé à replanter ses arbres, tandis que d'autres habitants étaient en train de bêcher dans le même but dimanche matin.
Interrogée par l'AFP, l'armée israélienne a confirmé dimanche soir avoir lancé jeudi une "intense activité opérationnelle" autour de ce village, en raison d'une "grave fusillade". Sans évoquer directement les arbres déracinés, l'armée dit avoir "nettoyé" une "zone" près d'une route où un assaillant présumé se serait caché dans "la végétation".
Sur place dimanche, la terre de plusieurs champs situés autour du village était retournée, et des oliviers gisaient au sol, a constaté un photographe de l'AFP.
Plusieurs bulldozers roulaient sur les hauteurs d'al-Mughayyir, l'un d'eux arborant un drapeau israélien, alors qu'en contrebas, des véhicules militaires étaient stationnés, selon l'équipe de journalistes.
"L'objectif est de contrôler et de forcer les gens à émigrer", a commenté Ghassan Abou Aliya, responsable d'une association agricole locale, "c'est le début et cela va s'étendre à toute la Cisjordanie".
Plusieurs habitants ont indiqué que l'opération avait débuté jeudi, et une ONG palestinienne de défense des prisonniers a fait état de 14 arrestations dans le village en trois jours.
Sollicitée par l'AFP, l'armée israélienne a dit se renseigner, et comme à son habitude ne donnera aucune suite.
Elle avait évoqué vendredi dans un communiqué l'arrestation d'un homme originaire d'al-Mughayyir, responsable selon elle d'une "attaque terroriste" à proximité.
Le 16 août, l'Autorité palestinienne avait annoncé qu'un jeune homme de 18 ans avait été tué par balles par l'armée israélienne, dans ce même village, l'armée ayant indiqué à l'AFP avoir riposté à des pierres lancées par des "terroristes", sans établir de lien explicite avec le jeune tué.
Les violences en Cisjordanie se sont intensifiées depuis le début de le début du génocide israélien à Gaza.
Selon un décompte de l'AFP établi à partir de données de l'Autorité palestinienne, au moins 971 Palestiniens, dont beaucoup de civils, ont été tués par des soldats ou des colons israéliens en Cisjordanie depuis cette date.
Au moins 36 Israéliens, parmi lesquels des civils et des soldats, y ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes, selon les données officielles israéliennes.
Quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, territoire occupé par Israël depuis 1967, aux côtés d'environ 500.000 Israéliens, installés dans des colonies illégales au regard du droit international.
Gaza: cinq journalistes tués dans des frappes israéliennes sur un hôpital
A Gaza, cinq journalistes, dont certains collaboraient avec Al Jazeera, Reuters et AP, ont été tués lundi matin dans des frappes israéliennes sur un hôpital du sud de la bande de Gaza ayant fait au total 20 morts, a annoncé la Défense civile du territoire palestinien.
La chaîne qatarie Al Jazeera, les agences de presse canado-britannique Reuters et américaine Associated Press ont chacune déploré la mort d'un collaborateur, exprimant choc et tristesse.
L'armée israélienne a reconnu avoir mené "une frappe dans la zone de l'hôpital Nasser", et annoncé une "enquête". Regrettant "tout dommage causé à des personnes non impliquées", elle a prétend comme à son habitude qu’elle assassine des journalistes qu'elle "ne ciblait pas les journalistes en tant que tels".
Le porte-parole de l'organisation de premiers secours, Mahmoud Bassal, a révisé à la hausse un premier bilan, annonçant 20 morts dont "cinq journalistes" - contre quatre recensés précédemment - "et un membre de la Défense civile".
Selon lui l'hôpital Nasser de Khan Younès a été frappé à deux reprises par l'armée israélienne, d'abord par un drone explosif, puis par un bombardement aérien alors que les blessés étaient évacués.
Al Jazeera a annoncé la mort sur place d'un de ses photojournalistes et reporter d'images, Mohammad Salama, deux semaines après qu'elle a perdu quatre journalistes et deux pigistes, dans une frappe ciblée de l'armée israélienne qui accusait l'un d'entre eux d'être un membre actif de la branche armée du mouvement islamiste palestinien Hamas. Elle avait rejeté cette allégation.
Près de 200 journalistes tués
"Nous sommes dévastés d'apprendre le décès de Hossam al-Masri, collaborateur de Reuters, et les blessures infligées à un autre de nos collaborateurs, Hatem Khaled, lors des frappes israéliennes contre l'hôpital Nasser", a déclaré un porte-parole de l'agence de presse canado-britannique dans un communiqué.
Associated Press (AP) s'est elle dite "choquée et attristée" du décès de Mariam Dagga, 33 ans, journaliste photo indépendante qui collaborait avec l'agence depuis le début de la guerre. Cette pigiste n'était pas en mission pour l'agence au moment des faits, a-t-elle précisé.
Le syndicat des journalistes palestiniens a identifié les deux autres victimes comme Moaz Abou Taha et Ahmad Abou Aziz.
Selon un journaliste de l'AFP à Gaza, ce dernier travaillait pour des médias palestiniens et internationaux.
Avant l'annonce de ces morts, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et Reporters sans frontières (RSF) recensaient près de 200 journalistes tués depuis le début du génocide à Gaza,.
- Bassal a également mentionné la mort d'un soignant parmi les victimes de ces frappes.
Plusieurs personnes blessées, certaines couvertes de sang, ont été prises en charge à l'hôpital, a constaté un photographe de l'AFP sur place.
L'hôpital Nasser est l'un des derniers établissements de santé encore partiellement fonctionnels dans la bande de Gaza. Ce complexe hospitalier a été ciblé à plusieurs reprises par Israël depuis le début du génocide.
La Défense civile recensait au total 28 morts en début d'après-midi dans des tirs ou frappes de l'armée israélienne lundi sur l'ensemble du petit territoire côtier palestinien, ravagé par près de deux ans de guerre, qui ont fait des dizaines de milliers de morts et ont provoqué un désastre humanitaire. (Quid avec AFP)