Comme si toute Gaza ne l’était pas déjà, l'armée israélienne déclare Gaza-ville "zone de combat dangereuse"

Comme si toute Gaza ne l’était pas déjà, l'armée israélienne déclare Gaza-ville "zone de combat dangereuse"

Cette photo prise près de la frontière israélienne avec la bande de Gaza montre la fumée qui s'élève lors d'une frappe israélienne sur le territoire palestinien assiégé, le 29 août 2025. (Photo de Jack GUEZ / AFP)

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Déclarée « zone de combat dangereuse » par l’armée israélienne, Gaza-ville s’enfonce dans une spirale de violence où les civils payent le prix le plus lourd. Alors que l’ONU estime à près d’un million le nombre de personnes encore présentes dans la zone, les départs forcés se multiplient, entre espoir de sécurité et désespoir d’un retour incertain. La communauté internationale, de plus en plus critique, redoute l’aggravation de catastrophe humanitaire qui contraint l’ONU, jusque-là plutôt dans l’expectative et les atermoiements, à déclarer la bande de Gaza zone de famine

Jérusalem, Non défini – L'armée israélienne a déclaré vendredi que Gaza-ville était désormais une "zone de combat dangereuse", sans pour autant appeler la population à évacuer immédiatement, alors qu'Israël menace d'y lancer une offensive militaire d'envergure contre le Hamas.

"A partir d'aujourd'hui, à 10h00 (07h00 GMT, NDLR), la pause tactique locale dans l'activité militaire ne s'appliquera pas à la zone de la ville de Gaza, qui constitue une zone de combat dangereuse", indique un communiqué militaire.

Cette "pause tactique locale" quotidienne avait été annoncée fin juillet pour Gaza-ville et d'autres zones de la bande de Gaza pour, selon l'armée, "permettre le passage en toute sécurité des convois de l'ONU" et d'ONG humanitaires dans le territoire palestinien affamé et dévasté par la guerre.

L'armée israélienne a annoncé avoir "ramené le corps d'Ilan Weiss et les restes d'un autre otage dont l'identité n'a pas encore été révélée, dans une opération militaire dans la bande de Gaza".

La Défense civile dans Gaza a fait état vendredi de 33 morts dans le territoire palestinien depuis l'aube.

Malgré des pressions grandissantes, tant à l'international qu'au sein de la société israélienne, pour mettre un terme à la guerre, l'armée a déclaré jeudi que ses soldats "poursuiv(ai)ent leurs opérations" , dans les faits son génocide, dans tout le territoire.

"La décision du gouvernement israélien d'intensifier son opération militaire à Gaza est erronée. Par conséquent, nous pouvons confirmer qu'aucune délégation gouvernementale israélienne ne sera invitée à participer au DSEI UK 2025", un salon d'armement prévu début septembre à Londres, a indiqué vendredi un porte-parole du ministère britannoque de la Défense dans une déclaration transmise à l'AFP.

"Ces restrictions constituent un acte délibéré et regrettable de discrimination", a rétorqué dans un communiqué le ministère israélien de la Défense.

L'armée avait affirmé mercredi que l'évacuation de Gaza-ville était "inévitable", au vu de la décision prise par Israël de prendre le contrôle de cette localité, la plus grande du territoire poursuivant ainsi le nettoyage ethnique programmé dans le projet sioniste et entrepris au lendemain de l’attaque du 7 octobre 2023 ;.

Mais de nombreux acteurs humanitaires jugent ce projet irréaliste et dangereux.

L'ONU estime à près d'un million de personnes la population actuelle du gouvernorat qui comprend Gaza-ville et ses environs.

"Je veux rentrer chez moi"

Des camions et des voitures surchargés de matelas, de chaises et d’effets personnels quittaient vendredi toujours la ville de Gaza en direction du sud du territoire assiégé.

Abdul Karim Al-Damagh, 64 ans, un habitant du quartier de Sheikh Radwan dans la ville de Gaza a déclaré se déplacer "pour la cinquième fois" depuis le début de la guerre.

"C'est la cinquième fois que je suis déplacé depuis le début de cette guerre sans fin et aujourd'hui une fois encore, je dois abandonner ce qui reste de ma maison et de mes souvenirs", a-t-il dit.

Mohamed Abu Qamar, 42 ans, originaire du camp de réfugiés de Jabalia se dirigeant vers le sud du territoire palestinien, dit espérer "que cette guerre se termine".

"Nous espérons pouvoir nous sentir en sécurité, un sentiment perdu depuis deux ans." dit-il.

"Je voudrais rentrer chez moi et tout retrouver intact, avec une miche de pain et une couverture pour nous tenir au chaud", ajoute ce père de cinq enfants.

Les carnages israéliens ont fait au moins 62.966 morts dans ce territoire palestinien, en majorité des civils, dont plus des deux tiers sont des enfants et des femmes. Victimes d’un génocide à huis-open dont on ne connait pas le nombre des blessés et des disparus sous les décombres qui doivent se compter par centaines de milliers.