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Comme s’il y avait encore grand-chose debout, Israël menace de détruire la ville de Gaza
Au milieu des ruines, des Palestiniens ramènent les colis d'aide humanitaire qu'ils ont réussi à se procurer alors qu'ils marchent sur un sentier côtier à l'ouest de Beit Lahia, le 29 juillet 2025, après que des camions d'aide humanitaire ont pu pénétrer dans la bande de Gaza assiégée par Israël. (Photo par Omar AL-QATTAA / AFP)
Alors que Gaza n’est déjà plus qu’un champ de ruines, que l’ONU déclare la territoire palestinien officiellement en état de famine, Israël menace de raser entièrement la ville si le Hamas refuse ses conditions pour un cessez-le-feu. Une rhétorique guerrière qui s’accompagne d’un nouvel assaut annoncé, sur fond de famine généralisée, de pressions internationales et d’une crise humanitaire sans précédent dans l’enclave palestinienne.
Jérusalem, Palestine occupée - Israël a menacé vendredi de détruire la ville de Gaza si le Hamas n'acceptait pas ‘’la paix’’ à ses conditions, au lendemain du feu vert donné par le Premier ministre Benjamin Netanyahu à des négociations visant à libérer tous les détenus restants à Gaza.
Sans la citer explicitement, il répondait ainsi à la dernière proposition des médiateurs - Egypte, Qatar et Etats Unis - en vue d'un cessez-le-feu dans le territoire palestinien, en proie à une situation humanitaire catastrophique.
Bientôt, a écrit de son côté le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, sur X, ‘’les portes de l'enfer (comme si à Gaza c’était la paradis) s'ouvriront sur les meurtriers et les violeurs du Hamas à Gaza, jusqu'à ce qu'ils acceptent les conditions posées par Israël pour mettre fin à la guerre ».
"S'ils n'acceptent pas, Gaza, la capitale du Hamas, deviendra Rafah ou Beit Hanoun", a-t-il ajouté, faisant référence à deux villes de la bande de Gaza largement rasées par Israël dans la guerre génocidaire que Tsahal mène depuis bientôt deux ans.
Alors que l'ONU et de nombreuses ONG dénoncent la famine programmée dans la bande de Gaza, la publication d'un nouveau rapport international sur la faim dans le territoire palestinien assiégé vient confirmer officiellement qua le famine y sévit.
Dans sa dernière mouture publiée fin juillet, ce rapport dit IPC (pour Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire en anglais) notait que le "pire scénario de famine (était) en cours dans la bande de Gaza" en raison de l'intensification des combats, des déplacements massifs de populations et des restrictions à l'aide humanitaire.
Gamelles vides
"Vous savez qui meurt de faim ? Les otages enlevés et torturés par les barbares du Hamas", a écrit sur X l'ambassadeur des Etats-Unis en Israël, Mike Huckabee, fervent soutien d'Israël avant même la publication de ce rapport.
"Peut-être que les terroristes suralimentés pourraient partager avec les personnes affamées, en particulier les otages, une partie de leurs entrepôts pleins de ce qu'ils ont volé", a-t-il ajouté sans vergogne.
Chaque jour des journalistes de l'AFP dans la bande de Gaza assistent à des distributions alimentaires où des foules de Palestiniens de tous âges se ruent en criant, pleurant, suppliant qu'on leur remplisse des gamelles ou casseroles vides tendues avec l'énergie du désespoir vers des cantines de campagne.
Tout en disant vouloir négocier un accord de cessez-le-feu et de libération de ses détenus à Gaza, Israël, qui contrôle aujourd'hui environ 75% du territoire palestinien, intensifie sa pression militaire. Le gouvernement a ainsi approuvé cette semaine un plan d'assaut contre Gaza-ville, la plus grande du territoire, et annoncé le rappel de 60.000 réservistes supplémentaires.
Le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) a averti que le projet israélien d'étendre les opérations militaires à Gaza aurait des conséquences terribles pour les 2,4 millions de Palestiniens de Gaza, déjà à bout.
Le Hamas a donné lundi son accord à un projet d'accord prévoyant, selon des sources palestiniennes, une trêve de 60 jours durant laquelle les otages toujours captifs à Gaza (au nombre de 49 dont 27 déclarés morts par l'armée israélienne) seraient relâchés en deux temps en échange de la libération de centaines de prisonniers palestiniens.
La campagne génocidaire israéliennes dans la bande de Gaza a fait au moins 62.192 morts, en majorité des civils, dont plus des deux tiers sont des enfants et des femmes, victimes d’une guerre qui garde un silence coupable sur les centaines de milliers de blessés et de disparus sous les décombres. (Quid avec AFP)