Des centaines de personnes tuées depuis mai à Gaza en tentant d'obtenir de l'aide, selon l'ONU

Des centaines de personnes tuées depuis mai à Gaza en tentant d'obtenir de l'aide, selon l'ONU

Le regard de la détresse d’une Palestinienne qui observe les Palestiniens inspecter les tentes détruites dans un camp de déplacés improvisé suite à une incursion de chars israéliens dans la zone de Khan Yunis, dans le sud de la bande de Gaza, le 11 juillet 2025. (Photo par AFP)

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À Gaza, la quête de l’aide humanitaire vire au drame. Depuis la fin mai, près de 800 Palestiniens ont été tués en tentant d’accéder à une assistance de survie, selon les Nations unies. Alors que les négociations pour une trêve progressent péniblement au Qatar, l’ONU tire la sonnette d’alarme sur la militarisation de la distribution de l’aide, désormais confiée à une organisation controversée, la GHF, soutenue par Israël et les États-Unis. Les civils, pris en étau entre la faim et les balles, paient le prix fort de cette guerre sans issue.

Jérusalem, Palestine - Près de 800 personnes, rapporte l'ONU, ont été tuées depuis fin mai en tentant d'obtenir de l'aide humanitaire à Gaza, où des tirs près d'un site de distribution ont encore fait des morts vendredi tandis que l'armée israélienne a dit avoir "tiré les leçons" d'incidents mortels.

La distribution de l'aide, vitale pour les plus de deux millions d'habitants du territoire palestinien assiégé, constitue, selon le Hamas, l'un des enjeux des négociations indirectes en cours au Qatar pour tenter d'avancer vers une trêve entre Israël et le mouvement islamiste, après 21 mois de guerre.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait dit jeudi espérer qu'un accord sur une trêve de 60 jours, comprenant la libération de dix détenus israéliens dans la bande de Gaza, puisse être trouvé "d'ici quelques jours".

Il s'est dit prêt également à négocier un cessez-le-feu permanent, à condition que le Hamas soit démilitarisé et abandonne la gouvernance du territoire.

Le Hamas de son côté a rappelé à plusieurs reprises qu'il exigeait le retrait israélien de Gaza, des garanties sur le caractère permanent d'un cessez-le-feu et une reprise en main de l'aide humanitaire par l'ONU et des organisations internationales reconnues.

Israël avait assoupli fin mai le blocus hermétique imposé pendant deux mois à la bande de Gaza et depuis le 26 mai, la distribution de l'aide, auparavant pilotée par les Nations unies, est confiée à la Fondation humanitaire de Gaza (GHF), une organisation soutenue par les Etats-Unis et par Israël et s’en est servi pour tirer à vue sur les Palestiniens.

Le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme a annoncé vendredi à Genève avoir enregistré 798 décès de personnes qui cherchaient de l'aide entre le 27 mai et le 7 juillet, dont 615 à proximité de sites gérés par la GHF.

"La plupart des blessures sont des blessures par balle", souligne le Haut-Commissariat.

L'ONU et les principales organisations humanitaires refusent de travailler avec la GHF, affirmant qu'elle sert les objectifs militaires israéliens et viole les principes humanitaires de base.

20 Palestiniens tués

La Défense civile de Gaza a annoncé la mort de 20 personnes vendredi dans plusieurs opérations militaires israéliennes, dont dix qui attendaient de recevoir de l'aide près de Rafah, dans le sud du territoire.

Contactée par l'AFP, l'armée israélienne comme à son habitude a esquivé en déclarant ne pas être en mesure de répondre dans l'immédiat.

"La situation reste extrêmement difficile dans la zone: tirs nourris, frappes aériennes intermittentes, bombardements d'artillerie, ainsi que la poursuite de la destruction par des bulldozers des camps de déplacés et des terres agricoles", a dit à l'AFP un témoin à Khan Younès.

"Une fin à tout cela"

Le Hamas s'était dit prêt mercredi à libérer dix détenus israéliens dans le cadre d'un accord de trêve, en faisant état de négociations "difficiles" avec Israël.

"Nous aurons probablement un cessez-le-feu de 60 jours. Nous ferons sortir le premier groupe (de détenus), puis nous utiliserons ce cessez-le-feu de 60 jours pour négocier une fin à tout cela", a déclaré jeudi M. Netanyahu, au terme d'une visite à Washington, sur la chaîne Newsmax.

"Si cela peut être obtenu par la négociation, tant mieux. Sinon, nous l'obtiendrons par d'autres moyens", a-t-il prévenu.

Au moins 57.762 Palestiniens, majoritairement des civils, dont plus des deux tiers sont des enfants et des femmes ont été tués dans la guerre génocidaire d’Israël à Gaza. (Quid avec AFP)