"Des enfants déchiquetés" dans la ville de Gaza, après le début des carnages israéliens

"Des enfants déchiquetés" dans la ville de Gaza, après le début des carnages israéliens

Photo prise depuis la frontière israélienne avec la bande de Gaza montre la fumée qui s'élève au milieu des bombardements israéliens sur le territoire palestinien assiégé, le 16 septembre 2025. . (Photo de Menahem Kahana / AFP)

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Gaza vit de nouveau une nuit d’horreur. Après le lancement d’une offensive terrestre majeure par l’armée israélienne, les habitants fouillent les décombres à la recherche de survivants, tandis que les bilans macabres s’alourdissent d’heure en heure. Des familles entières, comme les Zaqout, ont été décimées, transformant la ville en un champ de ruines où résonnent encore les cris des victimes.

Gaza, Territoires palestiniens - "Nous avons sorti des enfants déchiquetés", lance Abou Abed Zaqout devant les décombres d'un immeuble frappé dans la nuit à Gaza-ville, où l'armée israélienne a lancé mardi une offensive majeure.

Au matin, il tente avec d'autres hommes de retrouver d'éventuels survivants ou les dépouilles des personnes qui se trouvaient dans ce bâtiment avant qu'il soit visé par une frappe aérienne israélienne, selon son récit.

La Défense civile de Gaza, une organisation de premiers secours, a indiqué à l'AFP avoir découvert 12 corps après huit heures de recherches.

La famille Zaqout a rapporté la mort de 23 de ses membres dans cette frappe, dans un avis de décès..

"Il y avait environ 50 personnes à l'intérieur, dont des femmes et des enfants, je ne sais pas pourquoi ils ont été bombardés", témoigne Abou Abed Zaqout avec émotion.

Alors que des hommes peinent à extraire un corps d'un tas de morceaux de béton, le bourdonnement des drones israéliens ne cesse pas.

"Notre mort est proche, comme celle des autres habitants", commente une voisine, Mayssa Abou Jamaa, 38 ans, qui raconte que ses enfants ont été réveillés en pleine nuit, "terrifiés" par le bombardement.

La Défense civile a rapporté un bilan d'au moins 37 morts dans l'ensemble de la bande de Gaza depuis minuit.

"Des cris sous les décombres"-

L'armée israélienne a annoncé mardi avoir lancé une offensive terrestre à Gaza-ville, qu'elle prétend être le "principal bastion du Hamas", qui lui sert de prétexte au génoicide des Palestiniens

D'après des témoignages d'habitants recueillis par l'AFP, les véhicules de l'armée se trouvent principalement dans le nord de la ville, ainsi que dans le sud, dans le quartier de Tel al-Hawa.

"Nous avons très peur", confie Ibrahim al-Bacheti, qui vit dans le sud de la ville, "beaucoup de personnes autour de nous sont parties et nous ne savons pas ce qui nous attend."

Après avoir entendu des explosions dans la nuit, il raconte être sorti dans son quartier, Sabra, pour découvrir un paysage de destructions.

"Nous avons entendu des cris sous les décombres" d'un bâtiment détruit, dit l'homme de 35 ans.

L'armée a largué des tracts sur son quartier dans la matinée, sommant les habitants de quitter les lieux, "même à pied", en raison de l'imminence d'opérations militaires poursuivant sa politique de mettre les Palestiniens devant la choix de mourir ou de vider Gaza en usant de l’euphémisme ‘’départs volontaires’’.

"Stop!"

A la frontière avec le territoire palestinien, un photographe de l'AFP qui se trouvait du côté israélien a vu de gigantesques nuages de fumée s'élever autour de paysages dévastés par les bombardements.

Dans l'ouest de la ville de Gaza, lundi, la tour al-Ghafri a également été détruite par l'armée israélienne.

"Ils nous ont informés de leur intention de démolir la tour, alors nous sommes sortis", a raconté Ossama Abou Hassira, qui rejette les déclarations de l'armée affirmant que des bâtiments sont visés car ils servent à des "terroristes".

"Le seul objectif de Netanyahu, c'est nous pousser vers le sud", ajoute-t-il.

Les autorités israéliennes ont dit préparer l'accueil de Palestiniens fuyant le nord de la bande de Gaza vers le sud, dans une zone qu'elles qualifient "d'humanitaire", ce que contestent de nombreuses ONG opérant dans le territoire assiégé.

"Les dirigeants du Hamas, du Jihad, du Front populaire et du Fatah doivent faire la paix avec les Juifs, stop! Chaque jour, nous avons 200 martyrs", supplie M. Abou Hassira, en référence à des groupes palestiniens.

Autour de lui, tout est gris. Les passants, comme ceux qui se tiennent devant l'immeuble effondré d'al-Tuffah, regardent sonnés ce décor apocalyptique, un océan de ruines et de mort à perte de vue.

"On peut entendre leurs cris"

L'armée israélienne a annoncé le lancement mardi avant l'aube d'une offensive terrestre majeure à Gaza-ville, après le soutien "indéfectible" affiché par l'allié américain pour éliminer le Hamas.

A Genève, une commission d'enquête mandatée par l'ONU a accusé pour la première fois Israël de commettre un "génocide" dans la bande de Gaza, mettant en cause le Premier ministre Benjamin Netanyahu et d'autres responsables.

L'offensive à Gaza-ville a été condamnée par l'ONU, l'Union européenne et Londres, alors que la Défense civile a fait état de 37 morts mardi à travers le territoire palestinien, chiffre provisoir.

L'assaut a été annoncé juste après le départ d'Israël du secrétaire d'Etat américain Marco Rubio, qui a qualifié de "groupe de sauvages" le Hamas.

Les troupes israéliennes, selon un responsable militaire, avancent "vers le centre" de Gaza-ville, la plus grande agglomération du territoire qu'Israël considère comme le principal bastion du Hamas.

"La phase principale de l'offensive a commencé pendant la nuit", a-t-il dit en prétendant "2.000 à 3.000" le nombre de combattants du Hamas opérant dans la ville. Selon lui, environ 40% des habitants de Gaza-ville et ses environs, estimés à un million par l'ONU, ont fui. 60% sont en instance de mort.

Des témoins ont fait état de bombardements intenses sur Gaza-ville, déjà en grande partie détruite par l'offensive israélienne lancée il y a près de deux ans dans la bande de Gaza.

"On peut entendre leurs cris", a raconté un habitant, Ahmed Ghazal, en parlant des "nombreuses personnes bloquées sous les décombres à Gaza-ville", située dans le nord du territoire. (Quid avec AFP)