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Elon Musk à Washington : la sortie par une porte dérobée
Le PDG d'Esla et de SpaceX, Elon Musk, fait un geste controversé lors de la parade inaugurale à l'intérieur de Capitol One Arena, à Washington, DC, le 20 janvier 2025. Le 28 mai 2025, le milliardaire Elon Musk a déclaré qu'il quittait son poste au sein du gouvernement américain après avoir dirigé le « Department of Government Efficiency » dans le cadre d'une initiative tout aussi controversée. (Photo by ANGELA WEISS / AFP).
Promu « super génie » et bras droit de Donald Trump, Elon Musk quitte le gouvernement américain dans un silence troublant, à peine quatre mois après son arrivée tonitruante. De star du Bureau ovale à boulet politique, l’ascension et la descente du magnat des technologies dessinent les contours d’une expérience inédite, entre mégalomanie, brutalité bureaucratique et échec d’image.
Quid avec agences
D’un retour de roi à une sortie par la petite porte
C’était censé être fantastique. Le 20 janvier, jour d’investiture de Donald Trump, Elon Musk applaudissait au « retour du roi » dans un enthousiasme quasi biblique. Trump, lui, saluait la naissance d’une star. Quatre mois plus tard, le génie en noir quitte la scène par une porte dérobée, escorté d’un tweet poli et glacial. L’homme fort de Tesla et SpaceX, engagé comme « employé spécial » pour réduire les dépenses de l’État, remercie sans chaleur, sans bilan.
Donald Trump annonce une dernière conférence de presse, comme un adieu qui n’en est pas vraiment un. Officiellement, Musk reste proche, mais l’intimité politique a fondu. L’ombre du « président Musk » s’est dissipée, remplacée par des tensions internes, une fatigue collective, et une discrétion qui tranche avec ses débuts flamboyants.
De la Silicon Valley à l’impasse politique
Musk n’a jamais fait dans la nuance. Venu sauver le gouvernement à la manière d’un tycoon de la tech, il a méthodiquement bousculé les usages : réduction d’agences, sabrage des budgets de l’aide internationale et de la recherche, licenciements massifs. Le tout sans souci de méthode ni de consensus.
Sa commission DOGE, censée rationaliser l’action publique, est vite devenue un symbole d’opacité. Le gain réel ? À peine 2 milliards de dollars, loin des 2.000 milliards annoncés.
Politiquement, sa campagne acharnée pour un candidat conservateur au Wisconsin s’est soldée par une défaite humiliante. Son rejet public d’une loi économique défendue par Trump, puis ses critiques dans la presse, ont fini d’épuiser la patience d’un président pragmatique.
Un génie piégé par ses contradictions
Trump l’a soigné : soutien public, achat de Tesla devant les caméras, complicité assumée. Musk, en retour, a injecté plus de 270 millions de dollars dans la campagne de 2024. Mais l’ivresse du pouvoir s’est muée en malaise, jusqu’à cette conclusion à bas bruit.
Il est resté Elon Musk, irrévérencieux, clivant, solitaire. L’homme d’affaires sud-africain, qui se moque des normes, s’est heurté à l’État et à ses lenteurs. Il voulait aller vite. Il est parti vite. Non pas en conquérant, mais en personnage tragique d’une pièce mal écrite.