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En Afrique, quatre milliardaires plus riches que la moitié du continent
La fortune de l'Égyptien Nassef Sawiris est estimée en 2024 à environ 7,4 milliards de dollars selon le classement Forbes des milliardaires. Il est l’homme le plus riche d’Égypte et l’un des quatre plus riches d’Afrique.
Alors que l'Union africaine promet de réduire les inégalités de 15% d'ici dix ans, un nouveau rapport d’Oxfam vient rappeler l’ampleur de la fracture sociale sur le continent. Les quatre premiers milliardaires africains détiennent une fortune supérieure à celle de la moitié de la population, soit 750 millions de personnes. Dans le top ten des plus riches en Afrique en ne trouve aucun Marocain, mais un Algérien en dixième position. Un déséquilibre frappant, alimenté selon l’ONG par un système fiscal défaillant, un manque de volonté politique, et une concentration des richesses aux mains d’une élite privilégiée. L’Afrique, riche de ses ressources, semble être le théâtre d’un appauvrissement organisé.
Lagos - En Afrique, les inégalités se creusent comme nulle par ailleurs, les quatre premiers milliardaires, qui ne sont pas des Marocains, étant plus riches que la moitié de la population du continent, souligne l'ONG Oxfam dans un rapport publié jeudi.
Plus d'un tiers de la population du continent vit en-dessous du seuil d'extrême pauvreté, soit 460 millions de personnes, selon la Banque mondiale, et le nombre de personnes pauvres continue d'augmenter.
"Quatre des milliardaires les plus riches d'Afrique détiennent aujourd'hui une fortune de 57,4 milliards de dollars, soit plus que la richesse combinée de 750 millions de personnes, c'est-à-dire la moitié de la population du continent", explique Oxfam.
Selon le classement établi par le magazine Forbes en début d'année, les quatre premiers milliardaires du continent sont le Nigérian Aliko Dangote (ciment, sucre, engrais etc...), les Sud-Africains Johann Rupert (luxe) et Nicky Oppenheimer (diamants), ainsi que l'Egyptien Nassef Sawiris (industrie et construction).
Dans le top ten des plus riches en Afrique en ne trouve aucun Marocain, mais un Algérien en dixième position. Dans ce classement, on croise E-en 2024 figure en tête le Nigérian Aliko Dangote, avec 13,5 milliards de dollars, suivi du Sud-Africain Johann Rupert (10,7 milliards) et de son compatriote Nicky Oppenheimer (8,3 milliards). L’Égyptien Nassef Sawiris occupe la quatrième place avec 7,4 milliards, devant un autre Nigérian, Mike Adenuga (6,3 milliards), et Abdulsamad Rabiu, également du Nigeria, avec 5,2 milliards. L’Égypte est encore représentée avec Mohamed Mansour (3,6 milliards) et Naguib Sawiris, frère de l’autre, (3,3 milliards). L’homme d’affaires sud-africain Patrice Motsepe, président de la CAF suit avec 3,2 milliards, tandis que l’Algérien Issad Rebrab ferme le classement avec 2,5 milliards de dollars.
L'ONG explique que le creusement des inégalités est en grande partie lié à un manque de volonté politique des dirigeants africains, qui maintiennent des systèmes fiscaux favorables aux plus riches et peu efficaces.
"Les personnes fortunées qui placent leur patrimoine dans des structures d'entreprise et transfèrent leurs capitaux à l'étranger (...) voient leur fortune se multiplier sans être imposées de manière proportionnelle", décrit Oxfam.
L'ONG souligne que l'Afrique est la seule région du monde où les pays n'ont pas augmenté les taux d'imposition effectifs depuis 1980.
Selon l'organisation, taxer les Africains les plus riches de 1% de plus sur leur patrimoine et de 10% de plus sur leurs revenus permettrait de financer l'accès à l'éducation et à l'électricité sur le continent.
Les gouvernements africains "sont en moyenne parmi les moins engagés dans la réduction des inégalités", estime Oxfam.
"Les recherches menées par Oxfam montrent que plus des trois cinquièmes de la fortune des milliardaires dans le monde proviennent du copinage, de la corruption, de l'abus de pouvoir monopolistique et de l'héritage", ce qui est "particulièrement vrai en Afrique".
"Les richesses de l'Afrique ne manquent pas, elles sont dilapidées par un système truqué qui permet à une petite élite d'amasser d'immenses fortunes tout en privant des centaines de millions de personnes des services les plus élémentaires", a déclaré Fati N'zi-Hassane, directrice d'Oxfam en Afrique, fustigeant cet "échec politique" dans un communiqué.
"Les inégalités extrêmes menacent de saper la démocratie, entravent la réduction de la pauvreté et la croissance, aggravent la crise climatique, accentuent les injustices entre les sexes et autres injustices (...) et conduisent au déni des droits fondamentaux et de la dignité des citoyens ordinaires", estime l'ONG.
Le rapport a été publié le jour de l'ouverture de la réunion semestrielle de l'Union africaine, qui s'est engagée à réduire les inégalités de 15% sur le continent au cours de la prochaine décennie. (Quid avec AFP)