Garanties de sécurité à l’Ukraine : Moscou hausse le ton face aux Européens et prévient contre toute initiative sans elle

Garanties de sécurité à l’Ukraine : Moscou hausse le ton face aux Européens et prévient contre toute initiative sans elle

La « coalition des volontaires » reçue par César dans le bureau ovale à la Maison Blanche

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Alors que les chefs d’état-major de l’Otan se réunissent sur la question des garanties de sécurité pour l’Ukraine, la Russie a mis en garde contre toute démarche qui ignorerait ses intérêts. Moscou estime qu’une telle approche serait vouée à l’échec et temporise sur l’éventualité d’un sommet entre Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky, préférant une préparation minutieuse à des annonces hâtives.

Par Hassan Zakariaa (avec agences)

La Russie prévient contre des garanties jugées « utopiques »

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a été catégorique : « Discuter sérieusement de garanties de sécurité sans la Russie est utopique, c’est une voie qui ne mène nulle part ». Pour Moscou, les questions de sécurité collective ne sauraient être traitées sans sa participation, alors que les Occidentaux explorent diverses pistes de soutien permanent à Kiev, allant d’un soutien aérien à un éventuel contingent militaire européen. Il a accusé les dirigeants européens, qui ont accompagné lundi M. Zelensky lors de sa visite à Washington, de mener à une "escalade agressive de la situation" en cherchant "maladroitement" à influencer Donald Trump pour qu'il continue à armer l'Ukraine.

La Russie considère l’expansion de l’Otan comme l’une des causes profondes du conflit enclenché en 2022 et rejette catégoriquement toute garantie qui renforcerait la présence occidentale à ses frontières. Ce bras de fer diplomatique intervient alors que l’Ukraine met la barre haute en exigeant des garanties solides pour dissuader toute nouvelle offensive, condition sine qua non pour un éventuel accord de paix.

Européens, qui tentent de compliquer la démarche de Donald Trump et Américains ont évoqué ces derniers mois différentes possibilités allant de garanties similaires au fameux "article 5" de l'Otan au déploiement d'un contingent militaire en Ukraine ou encore d'un soutien en matière de formation, aérien ou naval.

Vers un sommet Poutine-Zelensky ? Prudence du Kremlin

Donald Trump, qui a reçu Volodymyr Zelensky à Washington après un entretien avec Vladimir Poutine en Alaska, milite pour un sommet entre les deux présidents. Moscou ne ferme pas la porte, mais insiste sur la nécessité d’une préparation rigoureuse afin d’éviter une « détérioration de la situation ».

Selon des sources proches du dossier, Vladimir Poutine aurait proposé de recevoir son homologue ukrainien à Moscou. Une idée rejetée par Kiev, toujours opposé aux concessions territoriales réclamées par la Russie. Celle-ci exige que l’Ukraine lui cède quatre régions partiellement occupées, en plus de la Crimée annexée en 2014, et qu’elle renonce à rejoindre l’Otan. Pour Kiev, toute perte de territoire reste inacceptable, tandis que Donald Trump appelle Zelensky à davantage de « souplesse », notamment sur le Donbass.

Entre diplomatie et réalités du terrain

En parallèle des discussions diplomatiques, la « coalition des volontaires », emmenée par le Premier ministre britannique Keir Starmer et le président français Emmanuel Macron, a tenu une visioconférence pour rendre compte des échanges de Washington. Des équipes de planification européennes et américaines doivent se concerter afin de préparer le déploiement éventuel d’une « force de réassurance » si les hostilités venaient à cesser.

Mais sur le terrain, l’armée russe continue d’avancer. Elle a revendiqué mercredi la prise de trois localités supplémentaires dans les régions de Donetsk et de Dnipropetrovsk, face à une armée ukrainienne affaiblie en effectifs et en moyens. Cette progression militaire renforce la pression sur Kiev, déjà confronté au dilemme de négocier sans céder sur l’intégrité territoriale.

L’avenir des pourparlers dépendra donc de l’équilibre fragile entre pressions diplomatiques, réalités militaires et concessions politiques. Pour Moscou, aucune architecture de sécurité durable ne peut s’imaginer sans sa participation, tandis que pour l’Ukraine et ses alliés, l’urgence est d’obtenir des garanties solides qui empêchent une nouvelle agression.