Gaza: au moins 52 morts dans des bombardements israéliens, dont 33 dans une école

Gaza: au moins 52 morts dans des bombardements israéliens, dont 33 dans une école

Un Palestinien porte le corps enveloppé d'un enfant tué lors d'une frappe israélienne, à l'hôpital Al-Shifa dans la ville de Gaza le 26 mai 2025. (Photo Omar AL-QATTAA / AFP)

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Lundi noir à Gaza : au moins 52 Palestiniens ont péri sous les bombardements israéliens, dont 33 dans une école abritant des déplacés. Tandis que l’armée israélienne  poursuit son génocide « ciblé », les bilans humains s’alourdissent jour après jour, frappant enfants, femmes et civils sans défense. Malgré l’indignation internationale croissante, aucun mécanisme concret n’entrave l’escalade militaire. La famine, les destructions et les deuils s’enchaînent dans un territoire à genoux.

Au moins 52 personnes ont été tuées lundi, dénombrés à midi, par des bombardements israéliens à Gaza, dont 33 dans une école abritant des déplacés, où l'armée israélienne prétend comme à chaque fois qu’elle sème la mort avoir visé des "terroristes de premier plan".

Ces nouvelles frappes meurtrières interviennent alors qu'Israël intensifie son génocide dans le territoire palestinien dévasté et affamé, malgré les pressions internationales croissantes mais sans actes concrets pour faire taire les armes.

La Défense civile a recensé 33 morts et des dizaines de blessés, des enfants en majorité, dans un "massacre" à l'école Fahmi AlJarjaoui de Gaza-ville, puis fait état de 19 personnes tuées dans un bombardement israélien sur une maison de Jabalia, dans la même région du nord de Gaza.

Dans la cour de l'école, remplie de tentes, des résidents tentent de sauver quelques biens, ou du bois à brûler, dans les décombres.

Déplacée de Beit Hanoun, plus au nord, avec sa famille, Farah Nasser a été réveillée par le bombardement pour découvrir "horreur et confusion", dans une "odeur de mort, de brûlé, de soufre et de sang". A l'hôpital Al-Ahli de la ville, des femmes pleurent leurs proches devant leurs linceuls blancs.

"Plus de 200 cibles"

En début d'après-midi, l'armée israélienne a émis un ordre d'évacuation de certains quartiers de Khan Younès, invoquant des tirs de roquettes depuis ce secteur, dans le sud.

Elle a indiqué avoir frappé ces dernières 48 heures "plus de 200 cibles" dont des "terroristes (...) des postes de tireurs d'élite et de missiles antichars, et des puits de tunnels".

Rompant une trêve de deux mois, Israël a repris son génocide mi-mars, et intensifié ses opérations militaires le 17 mai, dans le but affiché de réoccuper directement Gaza et de la vider de ses habitants.

Plus de 54.000 personnes, majoritairement des civils, dont plus des deux tiers sont des enfants et des femmes ont été tués par les carnages israéliens, selon des données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l'ONU.

Dans la bande de Gaza, les Palestiniens manquent de tout - nourriture, eau, carburant et médicaments - après plus de deux mois d'un total blocage de l'aide humanitaire, qu'Israël, sous pression de ses alliés n'a que partiellement levé lundi dernier pour des livraisons au compte-gouttes.

Seulement moins de 5% des terres agricoles de Gaza sont désormais cultivables et/ou accessibles, exacerbant encore le risque de famine, selon le dernier bilan satellitaire, lundi, de l'Organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO).

Berlin "ne comprend plus"

L'escalade militaire et les souffrances des civils nourrissent une indignation internationale croissante mais sans actes concrets, y compris parmi les plus fidèles alliés d'Israël.

Le chancelier allemand, Friedrich Merz, d’une Germanie prête à payer aux Palestiniens le prix des propres crimes, a ainsi affirmé lundi "ne plus comprendre l'objectif de l'armée" israélienne, menaçant de ne plus pouvoir continuer à soutenir (sic) le gouvernement de Benjamin Netanyahu.

Jake Wood, le chef de la Fondation humanitaire de Gaza (GHF), organisation créée de toutes pièces et soutenue par les Etats-Unis pour distribuer de l'aide dans la bande de Gaza, a par ailleurs annoncé sa démission faute de pouvoir opérer dans le respect des principes humanitaires de "neutralité, impartialité et indépendance".

L'organisation, qui siège à Genève, avait annoncé le 14 mai se préparer à distribuer quelque 300 millions de repas sur trois mois. L'ONU et des ONG ont affirmé qu'elles ne participeraient pas à ses opérations, l'accusant de travailler avec Israël.

Européens et Arabes à Madrid pour faire pression sur Israël

La communauté internationale doit envisager de sanctionner Israël pour qu'il mette fin à la guerre à Gaza, a estimé le ministre espagnol des Affaires étrangères, peu avant une réunion sur cette question des pays européens et arabes qui s'est tenue dimanche à Madrid.

"A très court terme, pour arrêter cette guerre qui n'a plus de but et faire rentrer l'aide humanitaire de façon massive, sans entrave, de façon neutre, que ce ne soit pas Israël qui décide qui peut manger et qui ne peut pas, (...) on doit envisager des sanctions", a souligné le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, à la radio publique française France Info.

"Il faut tout faire, tout envisager pour arrêter cette guerre", a-t-il martelé, après que l'Union européenne a décidé cette semaine de revoir son accord de coopération avec Israël.

La réunion de dimanche a également donné lieu à la défense d'une solution à deux Etats au conflit israélo-palestinien: le Premier ministre palestinien Mohammad Mustafa a dit vouloir "aller aussi vite que possible vers une paix permettant à la Palestine et Israël de coexister et apporter stabilité et sécurité à toute la région".

L'Espagne a rassemblé des représentants de pays comme la Grande-Bretagne, l'Allemagne et l'Italie, ainsi que l'Egypte, la Jordanie, l'Arabie Saoudite, la Turquie, le Maroc, et des délégués de la Ligue arabe et de l'Organisation de la coopération islamique (OCI).

L'Irlande, l'Islande, la Norvège et la Slovénie, qui comme l'Espagne, ont reconnu l'existence d'un Etat palestinien, ont également participé, ainsi que le Brésil. (Quid avec AFP)