International
Gaza: l'armée israélienne étend son offensive avant la visite de Netanyahu à Washington
Les obsèques d'Amjad Hoshiyeh, 16 ans, qui aurait été tué lors d'un raid de l'armée israélienne tôt ce matin à Ramallah, lors de ses funérailles dans le village de Yatta, au sud de la ville d'Hébron, en Cisjordanie occupée, le 1er juillet 2025. (Photo HAZEM BADER / AFP)
À quelques jours d’une rencontre stratégique entre Benjamin Netanyahu et Donald Trump à Washington, l’armée israélienne a intensifié ses carnages dans la bande de Gaza, causant au moins 17 morts en 24 heures. Tandis que les frappes redoublent et que les civils paient un lourd tribut, les appels à un cessez-le-feu permanent se multiplient. Sans suite. Dans les ruines de Gaza, la lassitude grandit face à une guerre qui dure depuis près de 21 mois, et dont l’issue demeure incertaine.
L'armée israélienne a annoncé mardi avoir étendu son offensive dans la bande de Gaza où de nouvelles frappes ont fait 17 morts, à l'approche d'une rencontre entre Benjamin Netanyahu et Donald Trump.
Des habitants de Gaza racontent s'être réveillés comme tous les jours au bruit des tirs et d'explosions à travers le territoire palestinien ravagé par près de 21 mois de guerre génocidaire d’Israël contre les Palestiniens.
Raafat Halles court régulièrement se mettre à l'abri lorsque des chars israéliens, parfois accompagnés de bulldozers, patrouillent son quartier de Choujaïya, dans l'est de la ville de Gaza.
"Nous fuyons dès que les chars approchent et puis nous revenons, car le danger est partout", témoigne le Gazaoui de 39 ans. "Les tirs sont continus, et nous entendons des explosions, souvent dues à des démolitions de maisons."
"Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai l'impression que l'armée intensifie les massacres sur le terrain dès qu'il est question de négociations ou d'un potentiel cessez-le-feu", poursuit-il.
L'armée israélienne a indiqué mardi avoir "étendu ses opérations" au cours des derniers jours à Gaza.
"Au cours des dernières 24 heures, l'armée de l'air israélienne a frappé plus de 140 cibles’’ prétendument terroristes ‘’pour appuyer les forces terrestres", a-t-elle fait savoir.
Les forces israéliennes ont également indiqué avoir démantelé près de Khan Younès, dans le sud de la bande côtière, environ trois kilomètres de tunnels utilisés selon elles par des combattants du Hamas.
‘’ça suffit"
La Défense civile de Gaza a fait état d'au moins 17 morts depuis le début de la journée mardi dans plusieurs frappes et tirs de l'armée israélienne.
Selon cette organisation de premiers secours, six personnes ont notamment été tuées dans le centre du territoire alors qu'elles attendaient pour recevoir de l'aide humanitaire.
Interrogée par l'AFP, l'armée israélienne a répondu avoir tiré des coups de semonce pour éloigner des ‘’individus suspects’’ et ne pas avoir connaissance à ce stade de personnes blessées à la suite de ces tirs.
"Nous sommes fatigués. Nous avons été patients longtemps. Nous voulons que cette guerre et ces effusions de sang cessent (...) ça suffit", lance au milieu des destructions Mossaab al-Aimawi à Al-Zawayda, dans le centre du territoire palestinien où il dit avoir perdu des proches la veille dans une frappe nocturne.
Près de 170 ONG internationales ont appelé à mettre fin au nouveau système de distribution d'aide, géré depuis fin mai par la Fondation humanitaire de Gaza (GHF), une entreprise au financement opaque soutenue par Israël et les Etats-Unis.
Elles mettent en cause les procédés et la neutralité de GHF et réclament un retour au mécanisme qui prévalait jusqu'en mars, quand l'aide humanitaire était coordonnée par diverses ONG et agences de l'ONU.
"Tirer parti du succès"
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a confirmé mardi qu'il se rendra à Washington la semaine prochaine. Il y rencontrera, pour la troisième fois depuis son investiture, le président américain Donald Trump, qui a récemment exhorté Israël à "conclure un accord à Gaza".
"Tirer parti du succès est tout aussi important que de l'obtenir", a déclaré M. Netanyahu alors que la rapidité avec laquelle s'est achevée la guerre de 12 jours entre Israël et l'Iran a ravivé l'espoir d'un arrêt des combats à Gaza.
"Nous sommes disposés à accepter toute proposition si celle-ci mène à la fin de la guerre, à un cessez-le-feu permanent et au retrait total des forces d'occupation de la bande de Gaza", a dit à l'AFP un porte-parole du Hamas, Taher al-Nounou, précisant qu'il n'y avait eu "aucune percée jusqu'à présent".
Plus de 56.640 Palestiniens, majoritairement des civils, ont été tués dans la campagne de représailles militaires israéliennes sur la bande de Gaza, selon des données du ministère de la Santé du gouvernement du Hamas pour Gaza, jugées fiables par l'ONU. (Quid avec AFP)