Gaza: morts et destruction "sans équivalent dans l'histoire récente", dénonce le chef de l'ONU

Gaza: morts et destruction "sans équivalent dans l'histoire récente", dénonce le chef de l'ONU

Des Palestiniens se recueillent devant le corps d'un proche tué lors de frappes israéliennes, à l'hôpital Nasser de Khan Yunis, dans le sud de la bande de Gaza où visiblement on ne compte plus les tués, le 22 juillet 2025. (Photo de l'AFP)

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Au cœur d’un génocide qui ne cesse de s’aggraver dans la bande de Gaza, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme. Morts par milliers, famine rampante, humanitaires à bout de forces, presse muselée : la situation, qualifiée d’« horreur sans équivalent dans l’histoire récente », suscite une vague de condamnations internationales. Mais derrière les mots, l’inaction des grandes puissances reste flagrante.

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a fustigé mardi "l'horreur" dans la bande de Gaza ravagée par la guerre, où les morts et les destructions ont atteint un niveau "sans équivalent dans l'histoire récente".

"Il suffit de regarder l'horreur qui se déroule à Gaza, avec un niveau de mort et de destruction sans équivalent dans l'histoire récente. La malnutrition explose. La famine frappe à toutes les portes", a-t-il déclaré lors d'une réunion du Conseil de sécurité.

"Et maintenant, nous assistons à l'agonie d'un système humanitaire fondé sur des principes humanitaires", a-t-il poursuivi, sans citer la Fondation humanitaire de Gaza (GHF), soutenue par les Etats-Unis et Israël, avec laquelle l'ONU refuse de travailler et dont les distributions d'aide ont donné lieu à des scènes chaotiques et meurtrières dans l'enclave.

Le système basé sur les principes humanitaires "se voit refuser les conditions nécessaires à son fonctionnement. On lui refuse l'espace nécessaire pour agir. On lui refuse la sécurité nécessaire pour sauver des vies", a insisté le secrétaire général, alors que l'ONU ne cesse de réclamer l'entrée massive d'aide humanitaire dans le petit territoire palestinien.

"Alors que les opérations militaires israéliennes s'intensifient et que de nouveaux ordres de déplacement sont émis à Deir al-Balah (centre), la dévastation s'ajoute à la dévastation", a-t-il ajouté.

L'UE intime à l'armée israélienne de "cesser" de tuer des civils cherchant de l'aide

L'armée israélienne "doit cesser" de tuer des civils palestiniens se rassemblant aux points de distribution d'aide humanitaire à Gaza, a souligné mardi la cheffe de la diplomatie de l'Union européenne, Kaja Kallas, là où l’intimation doit se limiter à cesser de tuer. Un ‘’ordre’’ qui prête donc à équivoque puisqu’il suppose que Tsahal peut continuer des civils en dehors des points de distribution

"J'ai clairement indiqué que l'armée israélienne devait cesser de tuer des personnes aux points de distribution" d'aide humanitaire (Sic), a-t-elle déclaré sur X après un entretien avec le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar.

Tuer des civils cherchant de l'aide à Gaza "est indéfendable" (resic), a insisté la responsable estonienne.

"Les civils ne peuvent pas être pris pour cible. Jamais. Les images de Gaza sont insoutenables", a appuyé la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, sur le réseau social X également.

"Cela doit cesser maintenant. Israël doit respecter ses engagements", a-t-elle martelé.

Mme Kallas a précisé sur X avoir rappelé mardi au ministre israélien que "toutes les options restaient sur la table" si Israël ne respectait pas ses engagements.

Un rapport de la Commission européenne, présenté fin juin aux Vingt-Sept, estime qu'Israël a violé l'article 2 de l'accord d'association qui l'unit à l'UE, en matière de respect des droits de l'homme.

En conséquence, Mme Kallas a préparé une liste d'options possibles pour les 27: suspension de l'accord tout entier, interdiction des exportations en provenance des territoires palestiniens occupés, révision de la politique de visas ou encore suspension de la partie commerciale de l'accord d'association. Ce qui revient en définitive à rien qui puisse intimider Tel-Aviv, sachant que même ce seuil minimal de décisions, l’UE est incapable de le prendre

Toute décision requiert l'unanimité des 27 pays membres, ou la majorité qualifiée s'il s'agit de la partie commerciale de l'accord.

Les ministres des Affaires étrangères de l'UE, très divisés sur le sujet, ont préféré renvoyer à plus tard toute décision, lors d'une réunion à Bruxelles le 15 juillet.

Mardi, l'Union européenne a également "condamné" toute attaque contre les locaux de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) dans la bande de Gaza.

"Soyons clairs, les locaux de l'OMS ne doivent pas être attaqués et doivent être protégés", a insisté le porte-parole, Anouar El Anouni.

L'OMS a dénoncé lundi des attaques israéliennes contre plusieurs de ses locaux de la bande de Gaza.

Dans la soirée, le directeur général de l'agence onusienne, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a indiqué sur X que des soldats israéliens étaient entrés dans la résidence de son personnel dans la partie centre de l'enclave palestinienne. Ces militaires ont "(forcé) des femmes et des enfants à évacuer les lieux à pied", tandis que "le personnel masculin et des membres de leur famille ont été menottés, déshabillés, interrogés sur place et contrôlés sous la menace d'une arme", selon M. Tedros.

La France demande l'accès à Gaza pour la presse, "pour montrer ce qu'il s'y passe"

La France demande que "la presse libre et indépendante puisse accéder à Gaza pour montrer" ce qu'il se passe dans le territoire en danger de famine après 21 mois de guerre génocidaire, a déclaré mardi le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot.

"Nous avons l'espoir de pouvoir faire sortir quelques collaborateurs de journalistes dans les prochaines semaines", a ajouté le ministre sur France Inter, interrogé sur le cas de plusieurs collaborateurs de l'AFP sur place qui se trouvent dans "une situation effroyable" selon la direction de l'agence.

"Nous y consacrons beaucoup d'efforts et beaucoup d'énergie", a dit le ministre, qui s'exprimait depuis l'est de l'Ukraine où il est en déplacement. Une manière de se nourrir de l’illusion de faire quelque chose.

"Depuis des mois, nous assistons, impuissants, à la détérioration dramatique de leurs conditions de vie. Leur situation est aujourd'hui intenable", affirmait un communiqué de l'AFP lundi, tandis que la Société des journalistes (SDJ) alertait du risque de les "voir mourir".

Dans une déclaration commune publiée lundi Vingt-cinq pays, dont le Royaume-Uni, la France, le Canada et le Japon, ont appelé à mettre fin "immédiatement" à la guerre dans la bande de Gaza assiégée par Israël qui lui fait subir un génocide implacable.

"Nous avons perdu des journalistes dans des conflits, nous avons eu des blessés et des prisonniers dans nos rangs, mais aucun de nous n'a le souvenir d'avoir vu un collaborateur mourir de faim", a souligné la SDJ de l'AFP lundi. A rappeler que quelque 200 journalistes ont été systématiquement et froidement assassinés par Israël, battant tous les records de guerre.

"Pas des cibles"

"Parce que la liberté de la presse et le droit d'informer sont aussi des piliers de nos démocraties", a déclaré la commissaire européenne chargée de la gestion des crises Hadja Lahbib, "Israël doit laisser la presse faire son travail et garantir son accès. Les journalistes et les civils ne peuvent pas, et ne doivent pas, être des cibles".

"Il est plus que temps que les médias internationaux se rendent à Gaza", a commenté Juliette Touma, porte-parole de l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), soulignant "l'excellent travail accompli par les journalistes palestiniens locaux, qui paient un lourd tribut".

L'ONG Reporters sans frontières affirmait le 7 mai que "l'armée d'Israël a tué près de 200 journalistes", dans la bande de Gaza.

  1. Barrot a également condamné "avec la plus grande fermeté" la "déplorable" extension de l'offensive israélienne à Gaza lancée lundi, "qui va aggraver une situation déjà catastrophique".

"Il n'y a plus aucune justification aux opérations militaires de l'armée israélienne à Gaza. C'est une offensive qui va aggraver une situation déjà catastrophique qui va provoquer de nouveaux déplacements forcés de populations que nous condamnons avec la plus grande fermeté", a-t-il dit.

L'armée israélienne a étendu lundi son guerre génocidaire dans un nouveau secteur de la bande de Gaza, à Deir al-Balah, dans le centre du territoire palestinien, et entend agir dans des zones où elle n'était jamais allée au cours des 21 mois de guerre contre les Palestiniens, sommant les habitants d'évacuer les lieux.

Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Volker Türk a alerté sur le risque "extrêmement élevé" de violations graves du droit international provoquées par cette extension.

L'ONG Handicap International a alerté aussi mardi sur la situation des travailleurs humanitaires "à bout de forces". "Privés de nourriture, d'eau, de médicaments et de carburant, ils peinent à poursuivre leurs activités essentielles", dit-elle dans un communiqué. "sans réponse immédiate, c'est l'ensemble de la chaîne d’aide humanitaire qui risque de s’effondrer". (Quid avec AFP)