International
Génocide à ciel ouvert, Tel-Aviv menace l’Union Européenne en cas de sanction
Photo prise depuis la frontière israélienne avec la bande de Gaza montre un paysage apocalyptique, le 17 septembre 2025 (Photo de Jack GUEZ / AFP)
L’offensive terrestre israélienne sur Gaza-ville a marqué un tournant d’une violence inédite dans ce génocide qui a déjà décimé la bande de Gaza. Déclenchée au lendemain d’un rapport de l’ONU accusant Israël de génocide, cette opération mêlant bombardements massifs et incursions au sol vise officiellement le Hamas mais veut provoquer un nouvel exode massif des civils, objectif réel de Tel-Aviv. Les condamnations internationales se multiplient, sans pour autant freiner la détermination criminelle du gouvernement Netanyahu dont le ministre des Affaires étrangères menace l’UE qui agite de vagues menaces de mesures de pression.
Jérusalem, Non défini - Israël a intensifié sa guerre génocidaire en lançant une offensive terrestre particulièrement meurtrière et destructrice dans la ville de Gaza, prétendant qu'elle visait à éliminer le Hamas du plus grand centre urbain du territoire palestinien alors que le monde entier sait que l’objectif de Tel-Aviv est de vider la Palestine de ses Palestiniens. Voici ce que l'on sait de cette offensive, son déclenchement et les réactions qu'elle a suscitées.
Pourquoi maintenant
Israël avait annoncé en août une offensive à venir pour prendre la ville de Gaza, à un moment où les critiques internationales sur sa conduite de cette guerre dévastatrice, que l’ONU a qualifiée pour la première fois de génocide.
Les critiques sont également venues de l'intérieur d'Israël, avec des milliers de personnes, dont des proches des détenus israéliens, réclamant ces dernières semaines la fin de la guerre.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui s’appuie sur ses alliés d'extrême droite, n'a pas changé de ligne, poursuit l’objectif qu’il a commencé il y a 20 ans par l’avortement des accords d’Oslo et L'assassinat le 4 novembre 1995 d'Yitzhak Rabin, Premier ministre d'Israël, signataire de ces accords.
Il a été conforté dans sa position par la récente visite à Jérusalem du secrétaire d'Etat américain Marco Rubio, qui lui a promis le "soutien indéfectible" des Etats-Unis.
L'offensive a débuté le 16 septembre, jour où une commission d'enquête mandatée par les Nations unies a accusé pour la première fois Israël de commettre un "génocide" dans la bande de Gaza.
Que sait-on de l'offensive ?
Mardi, le chef d'état-major de l'armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, a déclaré que Gaza brûle et que l'armée avait "étendu ses opérations de manière significative" dans la ville de Gaza, évoquant une "combinaison" de "troupes au sol", de "frappes de précision" et de "renseignement de haute qualité".
"Notre objectif est d'intensifier les frappes contre le Hamas jusqu'à sa défaite définitive", a-t-il résumé.
Selon l'armée israélienne, quelque "2 à 3.000" combattants du Hamas se trouvent dans le centre de Gaza-ville.
L'armée estime que plus de 350.000 habitants de cette ville ont déjà fui. L'ONU estimait fin août à environ un million le nombre de Palestiniens dans Gaza-ville et ses environs.
Des sources palestiniennes, dont la Défense civile, estiment que le nombre de départs est moins élevé.
Sur le terrain, des journalistes de l'AFP ont vu un nouvel exode de personnes quittant massivement la ville, à pied ou entassées dans des véhicules ou ânes surchargés des affaires qu'ils ont pu emporter.
Combien de temps cela va-t-il durer ?
Le porte-parole de l'armée israélienne Effie Defrin a affirmé que l'armée "concentrait ses efforts offensifs" sur la ville de Gaza et qu'elle "continuerait aussi longtemps que nécessaire", jusqu'à "ce que les objectifs de la guerre soient atteints".
"Nous ne sommes pas limités par le temps", a-t-il ajouté. "Nous estimons qu'il nous faudra plusieurs mois pour prendre le contrôle" de Gaza-ville, et "plusieurs mois, ou peut-être plus, pour nettoyer la ville" du Hamas. Autrement dit, ils sont pour la solution finale !
L'armée israélienne a annoncé mercredi avoir frappé plus de 150 cibles à travers Gaza-ville depuis le début la veille de son offensive.
Quelles réactions à l'international ?
L'offensive sur Gaza-ville a valu à Israël de nombreuses et sévères condamnations à l'international.
Israël semble "déterminé à aller jusqu'au bout", a jugé le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, déplorant une situation "moralement, politiquement et légalement intolérable" à Gaza.
Paris a exhorté Israël à "mettre fin à cette campagne destructrice", tandis que Londres l'a qualifiée de "totalement irresponsable et épouvantable".
La Chine a dit "s'opposer fermement à l'escalade israélienne", pressant Israël "d'écouter les appels forts de la communauté internationale". Le Qatar a qualifié l'offensive d'"extension de la guerre génocidaire contre le peuple palestinien".
L’Union Européenne fait semblant de sanctionner Israël
La Commission européenne a proposé mercredi de taxer certains produits israéliens — essentiellement agricoles — importés dans l'UE, mais ces mesures, inédites depuis le début de la guerre à Gaza, ont toutefois peu de chances d'être retenues par les Vingt-Sept.
Elle a également réitéré sa proposition de sanctionner deux ministres israéliens d'extrême droite et des colons "extrémistes" en Cisjordanie. Une dizaine de responsables du Hamas, mouvement palestinien responsable de l'attaque sans précédent du 7 octobre 2023 contre Israël, sont également sur la liste des sanctions proposées.
"Je veux être très claire, le but n'est pas de punir Israël. Le but est d'améliorer la situation humanitaire à Gaza", a plaidé devant la presse la cheffe de la diplomatie Kaja Kallas.
Israël menace l’Union Européenne
Israël a averti mercredi que toute sanction de l'Union européenne à son encontre recevrait une "réponse appropriée", après que la Commission européenne a proposé de taxer davantage les produits israéliens entrant dans l'UE et de sanctionner deux ministres d'extrême droite israéliens.
"Les recommandations de la Commission européenne [...] sont des perversions morales et politiques et il faut espérer qu'elles ne seront pas adoptées", écrit le ministre des Affaires étrangères israélien Gideon Saar sur X.
"Toute action contre Israël recevra une réponse appropriée, et nous espérons ne pas avoir à en arriver là", ajoute M. Saar, alors que les mesures proposées par la Commission ont peu de chances d'être retenues par les Vingt-Sept. (Quid avec AFP)