Innovation, durabilité et coopération au cœur du Congrès mondial sur la grande vitesse ferroviaire

Innovation, durabilité et coopération au cœur du Congrès mondial sur la grande vitesse ferroviaire

Le Royaume participe à ce congrès avec une délégation conduite par Mohamed Rabie Khlie, directeur général de l’Office national des chemins de fer (ONCF), accompagné d’Abdellatif Zaghnoun, directeur général de l’Agence nationale de gestion stratégique des participations de l’État (ANGSPE). En marge des travaux, M. Khlie prendra part à la 106ᵉ assemblée générale de l’UIC, où le Maroc joue un rôle central en tant que vice-président de l’organisation et président de sa région Afrique.

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Réunis à Pékin pour la 12ᵉ édition du Congrès mondial sur la grande vitesse ferroviaire, plus de 3.000 experts et décideurs du secteur explorent les technologies de demain et les enjeux du transport ferroviaire à grande vitesse. Le Maroc, figure montante du rail en Afrique, y participe activement, mettant en avant les performances de son LGV Al Boraq et un plan ambitieux de développement à l’horizon 2030. L’événement met en lumière les succès marocains en matière d’innovation, d’efficacité énergétique et de partenariat international, notamment avec la Chine.

Pékin - La capitale chinoise accueille, du 8 au 12 juillet 2025, la 12ᵉ édition du Congrès mondial sur la grande vitesse ferroviaire. Placé sous le thème « La grande vitesse ferroviaire : Innovation et développement pour une vie meilleure », ce rendez-vous d’envergure, organisé par l’Union internationale des chemins de fer (UIC), rassemble plus de 3.000 experts, ingénieurs et décideurs du monde entier, venus échanger sur les perspectives d’avenir du rail à grande vitesse. Le Maroc, acteur africain majeur du secteur, y est à nouveau fortement représenté, un an après avoir accueilli la précédente édition à Marrakech.

Le Maroc à la table des puissances ferroviaires

Le Royaume participe à ce congrès avec une délégation conduite par Mohamed Rabie Khlie, directeur général de l’Office national des chemins de fer (ONCF), accompagné d’Abdellatif Zaghnoun, directeur général de l’Agence nationale de gestion stratégique des participations de l’État (ANGSPE). En marge des travaux, M. Khlie prendra part à la 106ᵉ assemblée générale de l’UIC, où le Maroc joue un rôle central en tant que vice-président de l’organisation et président de sa région Afrique.

Ce congrès, organisé tous les deux à trois ans depuis 1992, est considéré comme la principale plateforme mondiale de réflexion stratégique autour du transport ferroviaire à grande vitesse. L’édition 2025 met en avant les expériences de pointe, notamment celle de la Chine, dont le réseau à grande vitesse dépasse désormais les 46.000 kilomètres, un record mondial.

Al Boraq au centre des débats internationaux

Mardi, lors d’une table ronde intitulée « Grandes vitesses ferroviaires : nouveaux horizons », Al Boraq, le premier train grande vitesse africain lancé par le Roi Mohammed VI en 2018, a été présenté comme un modèle de réussite. Mohamed Rabie Khlie a souligné que son modèle économique est aujourd’hui parfaitement équilibré, couvrant l’ensemble des charges d’exploitation tout en générant une marge opérationnelle supérieure aux standards internationaux.

Au-delà de ses performances financières, Al Boraq incarne également un tournant écologique pour le transport au Maroc. Plus de 90 % de ses trains fonctionnent à l’énergie verte, ce qui en fait un acteur clé de la transition énergétique nationale. Ce choix stratégique positionne le Royaume comme un pionnier du transport ferroviaire durable sur le continent.

Un plan d’envergure pour 2030

Fort du succès d’Al Boraq, le Maroc s’engage dans un nouveau cycle d’investissements massifs. Un plan ambitieux, lancé en avril dernier sous l’impulsion royale, vise à faire du rail « l’épine dorsale de la mobilité durable » à l’horizon 2030. Ce plan, estimé à près de 10 milliards d’euros, prévoit notamment l’extension de la LGV jusqu’à Marrakech, sur 430 kilomètres, avec une vitesse d’exploitation atteignant 320 km/h.

Ce prolongement portera le réseau marocain à grande vitesse à 630 kilomètres d’ici fin 2029. L’extension desservira cinq régions économiques stratégiques représentant 65 % du PIB et 60 % de la population nationale. Elle reliera également des infrastructures clés : trois stades de la Coupe du monde 2030, deux aéroports internationaux et les grandes agglomérations de Rabat, Casablanca et Marrakech.

Dans cette perspective, un système de transport de proximité à haute fréquence est prévu, avec un train toutes les 7,5 minutes sur un corridor de 250 kilomètres. Le projet prévoit l’acquisition de 168 trains, tous types confondus, ainsi que l’aménagement de quarante gares modernes.

Coopération sino-marocaine : un levier d’accélération

Le partenariat sino-marocain joue un rôle structurant dans le développement du réseau ferroviaire marocain. Les travaux de génie civil du futur tronçon vers Marrakech seront réalisés à parts égales par des entreprises marocaines et chinoises. Par ailleurs, le bureau China Railway Design Corporation (CRDC), filiale du géant China State Railway Group, mène actuellement les études du tronçon Marrakech-Agadir, long de 230 kilomètres.

Cette collaboration technologique et financière avec la Chine illustre la volonté du Maroc de s’inscrire dans des dynamiques de co-développement et de transfert de compétences, tout en renforçant sa connectivité régionale.

Un projet continentalement exemplaire

Lors de son intervention, Young Tae Kim, secrétaire général du Forum international des transports (ITF) relevant de l’OCDE, a salué l’extension de la LGV Al Boraq. Selon lui, ce projet est parfaitement aligné avec l’Agenda 2063 de l’Union africaine et fait du Maroc « une référence continentale en matière de connectivité et de mobilité durable ».

Ce point de vue est partagé par de nombreux responsables présents à Pékin, dont Abdelkader El Ansari, ambassadeur du Maroc en Chine, et Abdellatif Zaghnoun. Tous voient dans la réussite d’Al Boraq et ses perspectives d’extension un signal fort de la capacité africaine à maîtriser les technologies de pointe tout en répondant aux enjeux du développement durable.

Le rail comme levier d’intégration et de souveraineté

Au-delà des prouesses techniques, le développement ferroviaire est envisagé par les autorités marocaines comme un outil stratégique d’intégration territoriale, de justice spatiale et de souveraineté énergétique. En misant sur une mobilité verte, rapide et fiable, le Royaume entend relier ses territoires, dynamiser ses pôles économiques et anticiper les besoins futurs en matière de transport de personnes et de marchandises.

Dans un monde en mutation rapide, où les solutions durables deviennent indispensables, le Maroc se positionne résolument parmi les pays qui font du rail non seulement un mode de transport, mais aussi un moteur d’innovation et de croissance.