Israël annonce 22 nouvelles colonies juives en Cisjordanie, 44 nouveaux tués à Gaza

Israël annonce 22 nouvelles colonies juives en Cisjordanie, 44 nouveaux tués à Gaza

Des snipers de l'armée israélienne prennent position lors d'un raid au cœur de la ville palestinienne de Naplouse, en Cisjordanie occupée, le 27 mai 2025.. (Photo de Jaafar ASHTIYEH / AFP)

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En pleine guerre à Gaza et sous le feu des critiques internationales, Israël a annoncé la création de 22 nouvelles colonies en Cisjordanie occupée. Cette décision, qualifiée d’« historique » par des ministres israéliens d’extrême droite, marque une nouvelle étape dans la politique d’annexion du territoire palestinien, aggravant les tensions régionales et mettant en péril la perspective d’une solution à deux États. Pendant ce temps, Tsahal continuait ses carnages à Gaz. 42 nouveaux tués jeudi à Gaza.

Israël a annoncé jeudi la création de 22 nouvelles colonies juives en Cisjordanie occupée, au risque de tendre un peu plus ses relations avec une bonne partie de la communauté internationale mises à mal par sa conduite de la guerre à Gaza.

La décision, prise par le cabinet de sécurité israélien, a été rendue publique par le ministre de la Défense Israël Katz et le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, colon d'extrême droite, également ministre au sein du ministère de la Défense chargé de la gestion civile en Cisjordanie, c'est-à-dire des colonies.

"Nous avons pris une décision historique pour le développement des implantations: 22 nouvelles localités en Judée-Samarie", a déclaré M. Smotrich, en utilisant le nom par lequel les Israéliens désignent la Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967.

"Il s'agit d'une décision historique [...] qui change la face de la région et façonne l'avenir de l'implantation [israélienne en Cisjordanie] pour les années à venir", a abondé M. Katz, membre du Likoud, le parti de droite du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

La colonisation israélienne est régulièrement dénoncée par l'ONU comme illégale au regard du droit international et comme l'un des principaux obstacles -- avec la poursuite des massacres des Palestiniens -- à une solution de paix durable entre Israéliens et Palestiniens passant par la création d'un Etat palestinien viable ayant autorité sur la Cisjordanie et la bande de Gaza.

Le Hamas a qualifié l'annonce du gouvernement israélien de "défi flagrant [lancé] à la volonté internationale", y voyant une accélération "de la judaïsation de la terre palestinienne dans le cadre d'un projet d'annexion explicite".

"L'annexion des territoires occupés et l'expansion des colonies sont [l']objectif principal" du gouvernement, a jugé l'ONG israélienne La Paix maintenant, opposée à la colonisation, pour qui sa décision "va remodeler de façon spectaculaire la Cisjordanie et renforcer encore l'occupation".

Le gouvernement le plus fascisant depuis la création d'Israël

L'annonce du gouvernement israélien intervient après que l'émissaire spécial du président américain Donald Trump pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, a dit mercredi avoir "un très bon ressenti" sur la possibilité de conclure une trêve à Gaza après 600 jours de guerre de carnages israéliens à Gaza et en Cisjordane et alors que l'escalade militaire d'Israël à Gaza suscite de plus en plus de critiques à l'étranger, notamment en Europe et y compris parmi les plus proches alliés de l'Etat hébreu, sans toutefois aboutir à des actes concrets pour arrêter le génocide.

Elle a lieu aussi alors que la France doit présider avec l'Arabie saoudite en juin une conférence de l'Onu destinée à favoriser la solution de paix dite "à deux Etats" : Israël et une Palestine indépendante et pleinement souveraine qui vivraient côte-à-côte en bonne entente.

Le gouvernement de M. Netanyahu s'oppose résolument à cette perspective.

Selon une carte publiée par les services de M. Smotrich, les 22 colonies en projet sont réparties à travers toute la Cisjordanie, du nord au sud en passant par le centre, mitant un peu plus un territoire morcelé par les implantations juives.

Deux des 22 colonies annoncées, Homesh et Sa-Nur, sont particulièrement symboliques : situées dans le nord de la Cisjordanie, elles sont en fait des réimplantations car elles avaient été évacuées en 2005 dans le cadre du retrait israélien unilatéral de la bande de Gaza promu par le Premier ministre Ariel Sharon.

Formé en décembre 2022 grâce à l'appui de formations ultraorthodoxes et de partis d'extrême droite, le gouvernement de M. Netanyahu est l'un des plus fascisant depuis la création d'Israël.

La colonisation de la Cisjordanie s'est poursuivie sous tous les gouvernements israéliens, de gauche comme de droite, depuis la conquête de ce territoire lors de la guerre israélo-arabe de 1967 et s'est nettement intensifiée sous l'exécutif actuel en particulier depuis le début de la guerre israélienne dont le but avéré est de vider la Palestine de ses Palestiniens.

L'annonce de nouvelles colonies n'avait suscité aucune réaction de figures majeures de l'opposition israélienne en début d'après-midi.

"Nous n'avons pas pris une terre étrangère, mais l'héritage de nos ancêtres", a déclaré M. Smotrich sur X, "prochaine étape: la souveraineté".

Quelque 500.000 Israéliens vivent dans des colonies en Cisjordanie, au milieu de trois millions de Palestiniens.

Au moins 44 nouveaux tués à Gaza

Au moins 44 personnes ont été tuées jeudi dans des frappes israéliennes dans la bande de Gaza dévastée par la guerre où des milliers de Palestiniens affamés se sont rués la veille sur un entrepôt du Programme alimentaire mondial (PAM) pour s'emparer de vivres.

Israël a intensifié son offensive à Gaza le 17 mai, dans le but affiché de prendre le contrôle de la totalité du territoire palestinien et d'anéantir les Palestiniens.

Jeudi, "quarante-quatre personnes ont été tuées dans des raids israéliens sur la bande de Gaza" depuis minuit, a déclaré à l'AFP Mohammed Al-Moughayir, l'un des responsables de la Défense civile de la bande de Gaza, un organisme de secours.

"Vingt-trois personnes ont été tuées, d'autres blessées et plusieurs sont portées disparues à la suite d'une frappe israélienne ayant visé une habitation" dans la zone du camp de réfugiés de Bureij, dans le centre du territoire, a-t-il ajouté.

Il a également fait état de "deux personnes tuées et plusieurs blessées par des tirs des forces israéliennes ce matin près du centre d'aide américain" dans le sud de la bande de Gaza".

Interrogée par l'AFP sur la frappe à Al-Bureij et les tirs près du centre d'aide, l'armée israélienne a déclaré qu'elle examinait ces incidents.

Dans un communiqué, elle a déclaré avoir frappé "des dizaines de cibles terroristes dans toute la bande de Gaza" au cours de la journée écoulée.

En pleine intensification de sa campagne dans le territoire palestinien assiégé, Israël a partiellement levé la semaine dernière le blocus total de l'aide à Gaza imposé depuis le 2 mars.

Mercredi soir, "des hordes de gens affamés ont fait irruption dans l'entrepôt (...) à la recherche de produits alimentaires qui avaient été prépositionnés en vue d'être distribués", a déploré le PAM dans un communiqué appelant à un "accès humanitaire sûr et sans entraves".

Le communiqué indique que le PAM essaie de confirmer des informations faisant état de deux morts et plusieurs blessés au cours de l'incident.

"Le PAM n'a cessé de mettre en garde sur la détérioration de la situation, (...) et les risques que font peser la limitation de l'aide humanitaire à des gens affamés ayant un besoin désespéré d'assistance", ajoute le texte.

Selon des images tournées par l'AFP, la foule n'a rien laissé, emportant sacs de nourriture, palettes de bois ou encore madriers alors que des tirs retentissaient. (Quid avec AFP)