International
Israël-Iran encore, mas Gaza toujours où on dénombre 72 morts dans des tirs israéliens jeudi
Les services d'urgence israéliens travaillent sur le site d'une attaque de missiles iraniens à Ramat Gan, dans le centre d'Israël, près de Tel Aviv, le 19 juin 2025.iv. (Photo par AHMAD GHARABLI / AFP)
Alors que les projecteurs médiatiques se braquent sur l’escalade militaire entre Israël et l’Iran, la tragédie de Gaza se poursuit dans un silence assourdissant. Jeudi, 72 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens, dont 21 personnes venues chercher de l’aide humanitaire. Un drame quotidien dans un territoire ravagé par plus de vingt mois de guerre, pendant que les frappes, menaces nucléaires et passes diplomatiques entre grandes puissances s’enchaînent à l’échelle régionale.
Alors que l’affrontement israélo-iranien semble faire oublier le Drame de Gaza, où l’on continue à dénombrer chaque jour des dizaines de morts, la Défense civile de Gaza a annoncé que 72 personnes, dont 21 venues chercher de l'aide humanitaire, avaient été tuées par l'armée israélienne jeudi dans le territoire palestinien ravagé et affamé par plus de vingt mois de guerre.
Six personnes ont été tuées alors qu'elles attendaient de l'aide près de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, et 15 autres dans le corridor de Netzarim, dans le centre de Gaza, où des milliers de personnes viennent chaque jour dans l'espoir de recevoir de la nourriture, a déclaré à l'AFP le porte-parole de la Défense civile, Mahmoud Bassal. Selon lui, 51 autres personnes ont été tuées jeudi lors de neuf frappes israéliennes distinctes dans la ville de Gaza et le nord du territoire palestinien assiégé.
Guerre Iran-Israël: les derniers développements
- Nouvelles alertes en Israël-
Des sirènes d'alertes antiaériennes ont à nouveau retenti jeudi après-midi dans le nord d'Israël à la suite de tirs de missiles iraniens, a indiqué l'armée. La population a été appelée à se confiner dans les abris.
- Un hôpital touché en Israël -
Dans une précédente salve de missiles iraniens, l'hôpital Soroka de Beersheva (sud), et les localités de Ramat Gan et Holon, dans la banlieue de Tel-Aviv, ont été touchés. Les secours ont fait état d'au moins 47 blessés.
Le ministère israélien des Affaires étrangères a fait état d'un "impact direct" sur l'hôpital.
Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a appelé à "respecter" et "protéger" les hôpitaux.
- Khamenei "ne peut être autorisé à continuer d'exister"
Le guide suprême iranien Ali Khamenei "ne peut être autorisé à continuer d'exister", a déclaré le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, quelques jours après que, selon un haut responsable américain, Washington s'est opposé à un projet israélien de tuer le dirigeant iranien.
"Personne ne bénéficie d'une immunité", a commenté le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, précisant toutefois que "dans une guerre il faut choisir ses mots avec soin et ses actes avec précision".
- Katz a aussi indiqué avoir ordonné à l'armée d'"intensifier" ses frappes sur l'Iran.
- L'Iran dit ne pas avoir ciblé l'hôpital -
Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, ont affirmé que l'attaque après laquelle l'hôpital a été touché ciblait "le centre de commandement et de renseignement du régime", situé à proximité.
Selon l'agence de presse gouvernementale iranienne Irna, l'hôpital a été "exposé uniquement à l'onde de l'explosion".
- Sites nucléaires visés en Iran
L'armée israélienne a dit tôt jeudi avoir mené des frappes en Iran, notamment à Téhéran, précisant avoir frappé un "réacteur nucléaire inachevé" à Arak et un site nucléaire à Natanz, dans le centre de l'Iran.
Israël va faire "disparaître" la menace du nucléaire et des missiles iraniens, a martelé M. Netanyahu, "nous sommes en train de finir d'éliminer cette menace".
- Téhéran accuse l'AIEA -
"Vous avez fait de l'AIEA un partenaire de cette guerre d'agression injuste", a accusé le porte-parole des Affaires étrangères iraniennes, Esmaeil Baqaei, dans un message sur X à l'adresse du directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique, Rafael Grossi.
L'agence onusienne a déploré, dans un rapport publié avant le début de la guerre, le manque de coopération de Téhéran dans la surveillance du respect de ses obligations.
- "Réponse sévère" -
"Toutes les options sont ouvertes" en cas d'intervention américaine, a averti jeudi le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi.
Le Conseil des gardiens, un organe clé du pouvoir iranien, a menacé d'une "réponse sévère" si le "gouvernement criminel américain et son président stupide (...) agissent contre l'Iran".
Mercredi, Ali Khamenei a affirmé que la nation iranienne "ne se rendra jamais" sous la pression, après l'appel du président américain, Donald Trump, à une "capitulation sans conditions".
- Washington va "peut-être" frapper -
- Trump a maintenu mercredi le doute sur d'éventuelles frappes américaines: "Je vais peut-être le faire, peut-être pas", a-t-il lancé. "Je n'ai pas encore pris de (décision) définitive", a-t-il répété, ajoutant que la chute de l'actuel pouvoir iranien "pourrait arriver".
- Moscou "met en garde" Washington -
La Russie "met en garde" les Etats-Unis contre toute "intervention militaire" dans le conflit, et avertit de "conséquences négatives réellement imprévisibles", a déclaré jeudi la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova.
- Les Européens rencontrent l'Iran à Genève -
Les ministres des Affaires étrangères allemand, français et britannique, rencontreront vendredi à Genève leur homologue iranien, Abbas Araghchi, a-t-on appris jeudi de sources diplomatiques.
La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, doit participer à cette réunion, confirmée par Téhéran et Berlin.
- Poutine et Xi condamnent les frappes israéliennes -
Vladimir Poutine et Xi Jinping ont "fermement condamné" les frappes israéliennes en Iran, appelant à un règlement diplomatique du conflit, a annoncé jeudi le Kremlin, après un entretien téléphonique des présidents russe et chinois.
- Arrestations pour espionnage en Iran -
La police iranienne, citée par l'agence de presse Tasnim, a annoncé l'arrestation de 24 personnes accusées d'espionnage au profit d'Israël et de tentative de porter atteinte à l'image du pays.
- L'ONU dénonce le traitement des civils -
Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Volker Türk, a jugé "épouvantable" le traitement des civils par les deux camps comme des "dommages collatéraux", fustigeant "les menaces et la rhétorique incendiaire de hauts responsables" iraniens et israéliens. (Quid avec AFP)