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L'armée israélienne fait sien le plan pour la prise de la ville de Gaza
Des Palestiniens attendent avec leurs enfants pour recevoir des soins ou passer des examens médicaux dans un centre géré par une ONG locale affiliée au service de santé primaire du ministère palestinien de la Santé à al-Mawasi, dans le district de Khan Yunis, au sud de la bande de Gaza, le 13 août 2025. (Photo par l'AFP)
Alors que les frappes israéliennes redoublent d’intensité sur la ville de Gaza, l’armée annonce avoir validé un plan d’assaut total sur la plus grande agglomération du territoire palestinien. Entre avancées militaires, destructions massives, souffrances civiles et pressions internationales, cette nouvelle phase de l’offensive israélienne suscite une vague d’indignation et de crainte.
Jérusalem, Palestine - L'armée israélienne a annoncé mercredi avoir "approuvé" le plan pour la prise de la ville de Gaza, la plus grande du territoire palestinien, dans le cadre d'une nouvelle phase de son offensive destinée à vaincre le Hamas et assurer la libération des otages.
Des témoins ont signalé mercredi des frappes aériennes très intenses sur la ville ainsi que la présence de chars israéliens et de fortes explosions dans les quartiers de Tal al-Hawa et Zeitoun, où l'armée démolissait des maisons.
Après 22 mois de génocide, Israël entend prendre le contrôle de cette ville du nord du territoire et de camps de réfugiés voisins, l'une des zones les plus densément peuplées de la bande de Gaza, pour s’y implanter.
La résistance palestinienne a dénoncé mercredi "des incursions agressives dans la ville de Gaza" et une "escalade dangereuse de la part d'Israël".
Sur ordre du cabinet militaire du Premier ministre Benjamin Netanyahu, l'armée, qui exerce actuellement son contrôle sur les trois-quarts du territoire, se prépare à lancer cette nouvelle phase de ses opérations, comme une étape de son paln du ‘’grand Israël’’.
Le chef d'état-major, le lieutenant-général Eyal Zamir, "a approuvé le cadre principal du plan opérationnel de l'armée dans la bande de Gaza", a annoncé mercredi l'armée sans qu'aucun calendrier n'ait été donné.
Dans les rues de Gaza-ville, des familles palestiniennes fuyaient à nouveau, bagages et matelas entassés sur des vélos ou des charrettes.
Les chars avancent
"Depuis plusieurs jours, des chars avancent (...) dans la partie sud-est du quartier de Zeitoun, en détruisant des maisons. Des chars avancent également dans la partie sud de Tal al-Hawa", a raconté à l'AFP Abou Ahmed Abbas, un homme de 46 ans dont la maison a été détruite à Tal al-Hawa.
"Les frappes sont extrêmement intenses. Elles se sont intensifiées et il y a aussi des tirs d'artillerie depuis dimanche", a-t-il ajouté.
"Les explosions sont massives, il y a beaucoup de frappes aériennes (...) les chars sont toujours là et j'ai vu des dizaines de civils fuir" vers l'ouest de la ville, a aussi témoigné Fatoum, une femme de 51 ans qui vit avec son mari et sa fille sous une tente à Tal al-Hawa.
Selon la Défense civile et des sources médicales, 18 Palestiniens, dont plusieurs enfants, ont été tués mercredi par des bombardements et des tirs israéliens, dont onze qui attendaient de l'aide humanitaire.
Les préparatifs israéliens coïncident avec l'annonce par le Hamas qu'une délégation du mouvement est arrivée au Caire pour des "entretiens préliminaires" avec des responsables égyptiens sur une nouvelle trêve.
L'Egypte avait annoncé mardi travailler avec le Qatar et les Etats-Unis en vue d'un cessez-le-feu de 60 jours dans la bande de Gaza, où la guerre les carnages israéliens se ont poursuivis sans répit.
Benjamin Netanyahu avait prétendu dimanche que le plan israélien "ne visait pas à occuper Gaza, mais à la démilitariser".
Alors que ka-la vérité patente est ailleurs, Il avait énuméré ses objectifs ainsi, : "Premièrement, désarmer le Hamas. Deuxièmement, tous les otages sont libérés. Troisièmement, Gaza est démilitarisée. Quatrièmement, Israël exerce un contrôle de sécurité prépondérant. Et cinquièmement, une administration civile pacifique non israélienne".
"Arrêtez la guerre!"
Le Premier ministre fait face à une très forte pression de son opinion publique qui s'émeut du sort des 49 détenus israéliens encore retenus à Gaza, mais très peu de ce qui se passe en territoire palestinien, pendant qu'à l'étranger, les appels se multiplient pour mettre fin aux souffrances des plus de deux millions d'habitants du territoire assiégé, menacés d'une "famine généralisée" selon l'ONU, euphémisme hypocrite pour désigner une famine bien installée.
Le génocide israélien à Gaza a fait 61.722 morts, majoritairement des civils, dont plus des deux tiers des enfants et es femmes selon les données du ministère de la Santé à Gaza, jugées fiables par l'ONU.
Mercredi, le chef d'état-major a souligné "l'importance d'accroître la disponibilité et la préparation des troupes pour le recrutement de réservistes", une question politique épineuse alors que les ultra-orthodoxes, qui représentent potentiellement des dizaines de milliers d'hommes, refusent la conscription.
Mardi, plusieurs centaines de pilotes de l'armée de l'air à la retraite ont manifesté à Tel-Aviv aux cris de "Arrêtez la guerre!" pour faire rentrer les otages.
"Nous ne nous sommes jamais opposés à aucune guerre dans notre passé. Jamais", a témoigné l'ex-général Dan Halutz, ancien chef d'état-major de l'armée.
"C'est la toute première fois. Et si les gens qui ont combattu pour ce pays pendant des dizaines d'années sortent dans la rue, cela signifie quelque chose", c'est "un avertissement au gouvernement", a-t-il souligné. (Quid avec AFP)