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L'armée israélienne poursuit ses carnages dans Gaza-City, les hôpitaux au bord de l'effondrement selon l'ONU
Un carnage dont on ne voit que la fumée, mais on drame dont on devine clairement l’intensité.Des nuages de fumée s'élèvent au milieu des frappes israéliennes sur le camp de réfugiés palestiniens d'al-Shati, à l'ouest de la ville de Gaza, le 18 septembre 2025. e. (Photo par Omar AL-QATTAA / AFP)
Gaza-ville vit sous un déluge de feu. Les bombardements israéliens, combinés à une offensive terrestre d’envergure, provoquent un nouvel exode massif et laissent les hôpitaux au bord de l’effondrement, alerte l’ONU qui enfin emboité le pas à Amnesty International qualifiant enfin cette guerre de son vrai nom : un génocide. Les habitants, acculés dans une zone toujours plus réduite, décrivent un quotidien infernal rythmé par les explosions, les ordres d’évacuation et l’impossibilité d’accéder aux soins.
Gaza, Territoires palestiniens - L'armée israélienne a mené jeudi d'intenses bombardements sur Gaza-ville, où elle mène dans le cadre de sa guerre génocidaire une offensive terrestre particulièrement meurtrière et destructrice, provoquant de nouveaux déplacements de la population et laissant, selon l'ONU, qui a enfin qualifiée cette guerre de génocide, les hôpitaux au bord de l'effondrement.
La route côtière longeant la bande de Gaza est saturée de personnes fuyant vers le sud, à pied, en voiture ou sur des charrettes tirées par des ânes, leurs affaires entassées à la hâte, rapportent des journalistes de l'AFP sur place.
Fort du soutien américain, Israël a annoncé le début mardi d'une campagne militaire terrestre et aérienne à Gaza-ville, dans le nord du territoire palestinien, pour y ‘’anéantir le Hamas’’ qui lui sert de prétexte fallacieux pour mener à termes de vider la Palestine de ses Palestiniens/
La guerre dévastatrice qui a fait des dizaines de milliers de morts et provoqué un désastre humanitaire dans le petit territoire où l’on ne compte plus les blessés et les disparus sous les décombre. Quelque deux millions de Palestiniens assiégés ont été plusieurs fois déplacés depuis le début de la guerre il y a bientôt deux ans.
"Il y a des tirs d'artillerie, des frappes aériennes, des tirs de quadricoptères et de drones. Les bombardements ne s'arrêtent jamais", décrit Aya Ahmad, une femme de 32 ans vivant avec 13 membres de sa famille dans le quartier Nasser, dans l'ouest de Gaza-ville.
Le directeur de l'hôpital al-Chifa, Mohammed Abou Salmiya, a fait état de 20 personnes tuées jeudi par les bombardements israéliens dont les corps ont été transférés vers son établissement.
"Mon Dieu, envoie un missile"
"L'incursion militaire et les ordres d'évacuation dans le nord de Gaza provoquent de nouvelles vagues de déplacements, forçant des familles traumatisées à s'entasser dans une zone toujours plus réduite, incompatible avec la dignité humaine", a déclaré sur X le chef de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus.
"Les hôpitaux, déjà débordés, sont au bord de l'effondrement alors que l'escalade de la violence bloque l'accès et empêche l'OMS de livrer des fournitures vitales", a-t-il ajouté.
"Des foules partout, le fracas des explosions, des femmes et des hommes qui pleurent et crient en marchant, chargés de leurs affaires", raconte Shadi Jawad, 47 ans, décrivant le calvaire vécu par sa famille lorsqu’elle a fui son domicile mercredi.
Au cours du périple, leur camion a crevé et leurs bagages sont tombés. "Alors que nous remettions les affaires dans le camion, j’ai levé les yeux vers le ciel et prié: +Mon Dieu, envoie un missile pour nous emporter et nous soulager+", confie-t-il.
L'ONU estimait fin août à environ un million le nombre d'habitants dans la ville de Gaza et ses environs. L'armée israélienne a affirmé que "plus de 350.000" personnes avaient fui la zone.
Les coûts de transport pour rejoindre le sud du territoire palestinien ont explosé, dépassant parfois les 1.000 dollars, selon des personnes interrogées par l'AFP.
Système d'apartheid
L'armée israélienne a annoncé avoir frappé plus de 150 cibles dans la ville de Gaza depuis le lancement de son assaut terrestre qui a été condamné à l'international, mais aussi en Israël où une grande partie de la population s'inquiète pour ses détenus dans la bande de Gaza.
L'ONU a déclaré la famine à Gaza. Mardi, une commission d'enquête indépendante mandatée par l'ONU a établi, après des mois d’atermoiements, qu'Israël commet un génocide contre les Palestiniens à Gaza.
Jeudi, Amnesty International a lancé un appel aux Etats et entreprises à cesser leurs activités "contribuant directement ou pas" au "système d'apartheid contre les Palestiniens" sous le contrôle d'Israël et au "génocide à Gaza".
Et la justice espagnole a annoncé qu'elle enquêterait sur des "violations des droits humains à Gaza" pour fournir des éléments à la Cour pénale internationale, dont le procureur avait émis des mandats d'arrêt contre le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, et son ancien ministre de la Défense, Yoav Gallant, soupçonnés de crimes contre l'humanité et crimes de guerre.
Les carnages israéliens ont coûté la vie à 65.141 personnes, en majorité des civils, dont plus des deux tiers sont des enfants et des femmes. (Quid avec AFP)