International
L'EXIL OU LA MORT - PHOTOGRAPHIE SAEED JARAS - SEPTEMBRE 2025
Le photographe palestinien Saeed Jaras est déjà ciblé par les monstres génocidaires. Un seul instantané prévaut sur toutes les rhétoriques, toutes les postvérités abominables. Mustapha Saha.
Par Quid
Dans l’enfer quotidien de Gaza, Saeed Jaras s’est imposé comme l’un des témoins les plus sensibles et courageux de la tragédie palestinienne. Son travail de photographe va bien au-delà du reportage : il est un cri visuel contre l’oubli, une archive de l’inhumain et un acte de résistance.
Le regard d’un témoin sur l’indicible
À chaque bombardement, Saeed Jaras est là, appareil en main, au plus près des ruines, des familles endeuillées et des survivants. Ses clichés, publiés par de grandes agences de presse et relayés sur les réseaux sociaux, montrent sans fard l’impact de la guerre sur les civils, en particulier les enfants. Pour lui, photographier n’est pas un simple métier, mais un devoir : « Si je n’appuie pas sur le déclencheur, personne ne saura ce qui se passe ici », confiait-il dans une interview.
L’art au service de la mémoire
Au-delà de l’urgence de l’actualité, Jaras compose des images qui portent une charge esthétique et symbolique rare. Ses photos de silhouettes dans la fumée, de jouets d’enfants sur les gravats ou de mains tendues dans la poussière racontent Gaza comme un théâtre de survie. Elles bouleversent les consciences et invitent à voir les victimes autrement que comme des chiffres.
Une voix menacée mais indispensable
Dans un contexte où les journalistes et photographes palestiniens paient souvent le prix fort, plus de 250 journalistes ont été assassinés, le travail de Saeed Jaras rappelle l’importance vitale de la liberté de la presse, qui n’est pas la même, pour paraphraser La Fontaine si tu es de l’Occident ou de la Palestine .
Son objectif, fragile mais déterminé, capte la lumière dans les ténèbres et offre au monde une mémoire visuelle que rien ne pourra effacer.