La faim mondiale recule, s’aggrave en Afrique et en Asie de l’Ouest et s’installe par Israël à Gaza

La faim mondiale recule, s’aggrave en Afrique et en Asie de l’Ouest et s’installe par Israël à Gaza

Yazan, un enfant palestinien de 2 ans souffrant de malnutrition, , dans la maison endommagée de sa famille dans le camp de réfugiés d'Al-Shati, à l'ouest de la ville de Gaza, le 23 juillet 2025. (Photo Omar AL-QATTAA / AFP)

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Le dernier rapport des Nations Unies sur la sécurité alimentaire révèle une baisse globale de la faim dans le monde en 2024. Mais derrière ce progrès se cache une réalité plus sombre : la situation s’aggrave en Afrique et en Asie de l’Ouest, où les crises prolongées, les conflits et l’inflation alimentaire continuent de menacer des millions de personnes. A Gaza, la catastrophe humanitaire à Gaza rappelle les famines observées en Ethiopie et au Biafra, au Nigeria, au siècle dernier, a déclaré mardi le Programme alimentaire mondial.

Un recul global, mais des foyers de crise persistants

En 2024, environ 673 millions de personnes ont souffert de la faim, soit 8,2 % de la population mondiale. Ce chiffre, publié dans l’édition 2025 du rapport "L’État de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde", marque une baisse par rapport à 2023 (8,5 %) et à 2022 (8,7 %). Cette évolution positive est notamment attribuée à des progrès réalisés en Asie du Sud, où la prévalence de la sous-alimentation est passée de 7,9 % à 6,7 %, et en Amérique latine et Caraïbes, où elle a chuté à 5,1 % contre 6,1 % en 2020.

Cependant, cette tendance globale masque des réalités très préoccupantes. En Afrique, plus de 307 millions de personnes, soit plus de 20 % de la population, ont été confrontées à la faim en 2024. En Asie de l’Ouest, cette proportion atteint 12,7 %, touchant plus de 39 millions d’individus. Les projections pour 2030 sont alarmantes : 512 millions de personnes pourraient souffrir de sous-alimentation chronique, dont près de 60 % en Afrique.

Cette évolution constitue un signal d’alerte pour les Nations Unies. Les agences onusiennes signataires du rapport, dont la FAO, le FIDA, l’OMS, le PAM et l’UNICEF, estiment que l’objectif de développement durable n°2, qui vise l’élimination de la faim d’ici 2030, reste très éloigné.

L’inflation alimentaire, frein majeur à l’amélioration

Le rapport 2025 analyse également les causes profondes de la flambée des prix alimentaires observée entre 2021 et 2023. Plusieurs facteurs sont mis en cause : les répercussions de la pandémie de Covid-19, les conséquences de la guerre en Ukraine et l’intensification des phénomènes climatiques extrêmes. Ces éléments ont tous contribué à une inflation persistante des prix des denrées de base.

Depuis 2020, les prix alimentaires ont systématiquement augmenté plus vite que l’inflation globale. En janvier 2023, l’écart atteint un sommet : 13,6 % pour les aliments contre 8,5 % pour l’inflation générale. Dans les pays à faible revenu, la hausse des prix a été encore plus marquée, atteignant 30 % en mai 2023.

Cette inflation pèse lourdement sur les populations les plus vulnérables. Si le nombre total de personnes dans l’impossibilité de s’alimenter sainement a baissé, passant de 2,76 milliards en 2019 à 2,60 milliards en 2024, cette amélioration reste inégalement répartie. Dans les pays les plus pauvres, le coût d’une alimentation saine a tellement augmenté que le nombre de personnes concernées est passé de 464 millions à 545 millions. Dans les pays à revenu intermédiaire inférieur (hors Inde), cette population est passée de 791 millions à 869 millions.

Les agences de l'ONU appellent à "inonder" Gaza de nourriture

A Gaza, même le président américain Danld Trump n’en peut plus et par de la famine à Gaz. Trois agences de l'ONU ont appelé mardi à "inonder" la bande de Gaza de nourriture afin d'éviter "une famine généralisée", alors que "le pire scénario de famine" est déjà en cours dans le territoire palestinien, selon un organisme onusien spécialisé

"Nous devons inonder Gaza, immédiatement et sans entrave, d'aide alimentaire massive, et la maintenir chaque jour afin d'éviter une famine généralisée", a déclaré Cindy McCain, directrice du Programme alimentaire mondial (PAM), dans un communiqué conjoint avec l'Organisation pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et l'Unicef.

Un organisme international soutenu par l'ONU a averti mardi que le "pire scénario de famine est en cours à Gaza", où le ministère de la Santé relevant du Hamas a annoncé que le bilan de près de 22 mois de guerre avec Israël avait dépassé les 60.000 morts.

La catastrophe humanitaire à Gaza rappelle les famines observées en Ethiopie et au Biafra, au Nigeria, au siècle dernier, a déclaré mardi le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies.

Des recommandations pour éviter une aggravation durable

Face à ces déséquilibres, le rapport préconise un ensemble de mesures urgentes pour inverser la tendance. Il plaide pour des politiques budgétaires ciblées, comme des programmes de protection sociale bien calibrés, afin de soutenir les ménages les plus exposés. Il recommande aussi des politiques monétaires transparentes et efficaces, capables de contenir l’inflation.

Enfin, les auteurs insistent sur la nécessité d’investir dans les infrastructures agricoles, les transports, la recherche-développement et les systèmes d’information sur les marchés alimentaires. Ces investissements doivent permettre d’améliorer la productivité, de renforcer la résilience des systèmes alimentaires et de garantir un accès durable à une alimentation saine.

Malgré des avancées à l’échelle mondiale, les écarts restent profonds. L’Afrique et l’Asie de l’Ouest restent des zones critiques où la faim s’installe durablement. Pour atteindre les objectifs fixés à l’horizon 2030, les efforts doivent être renforcés et mieux ciblés.