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La Palestine s’entête à refuser la mort – Par Abdelahad Idrissi Kaitouni
Des femmes palestiniennes cherchent des légumineuses ou du riz dans le sable à Nuseirat, dans le centre de la bande de Gaza, lors d'une mission de largage aérien au-dessus du territoire palestinien assiégé par Israël, le 5 août 2025. (Photo par Eyad BABA / AFP)
Abdelahad Idrissi Kaitouni démonte dans sa chronique le plan de paix de Donald Trump pour le Proche-Orient, qu’il qualifie de mascarade politique dictée par les intérêts israéliens et la quête narcissique d’un prix Nobel. Derrière l’écran d’un processus diplomatique illusoire, l’auteur dénonce une mise en scène cynique qui perpétue l’injustice faite au peuple palestinien, tout en confortant la domination d’un pouvoir mondial acquis au sionisme. La Palestine, écrit-il, persiste à refuser la mort et à incarner la dignité des opprimés.

Par Abdelahad Idrissi Kaitouni
Le monde est face à un hold-up inédit sur la paix en Palestine. Dans un scénario diabolique, empreinte d’une perversité sans nulle autre pareille, D. Trump, sous la dictée de Netanyahu, vient d’annoncer un énième plan pour une prétendue paix au Proche-Orient. Je ne crois pas qu’il existe une personne censée dans le monde, qui donne à ce plan la moindre chance de succès. Pas plus d’ailleurs que les auteurs mêmes du plan, qui n’en ont cure !
Si personne n’y croit, pourquoi alors cette nouvelle mascarade ? Ce plan vise deux objectifs. Le premier est de soulager Netanyahu de la formidable pression que l’opinion publique mondiale fait peser sur lui, suite à ses innommables forfaitures à Ghazza. La preuve en est que, juste après l’annonce du plan, Netanyahu semble s’être refait une virginité, et les sionistes, qui cherchaient à se terrer ces dernières semaines, se sentent revigorés, et repartent à l’attaque de la paix.
L’autre objectif du plan est d’une puérilité maladive : le prix Nobel de la paix !
C’est devenu obsessionnel chez Trump. Il y a une vaste « littérature » dans les médias mondiaux, sur la psychologie du personnage, son côté fantasque, et particulièrement sur le surdimensionnement de son ego. Trump sait par ailleurs que le comité Nobel de la Paix est d’obédience sioniste, et le retour d’ascenseur amènera Netanyahu à imposer Trump comme lauréat. Cela avait d’ailleurs parfaitement réussi avec Obama, quand, à son avènement, il avait créé une panique dans les milieux sionistes avec ses discours à Istanbul et au Caire. Une fois lauréat, son revirement a été de 180 degrés.
Alors, de grâce, donnez-lui ce prix Nobel, dans l’espoir de voir cesser sa frénétique et insupportable course vers plus de prestige et vers une démoniaque aspiration à une impossible « immoralité ». Finissons-en avec sa dangereuse mégalomanie, doublée d’une maladive puérilité. Épargnons-nous ainsi bien des aventures, vers lesquelles nous conduira son envie irrépressible d’apparaître comme le meilleur.
Voilà des futilités qui dénotent que la paix n’est pas le principal souci de ceux qui sont censés régenter le monde. Mais est-ce bien les Présidents des États-Unis qui régentent le monde ? Ce n’est plus le cas depuis longtemps, et ce n’est pas tomber dans le complotisme que d’affirmer que c’est le sionisme qui contrôle la planète. D’ailleurs cette affirmation est corroborée par les déclarations brutales et immorales des dirigeants israéliens sur Ghazza. Des déclarations toutes en mépris de l’opinion publique internationale, comme pour rappeler, urbi et orbi, qu’ils sont les maîtres incontestés du monde. Ils ont enterré ainsi et une fois pour toutes la fallacieuse théorie du complot.
Au début, j’ai affirmé que ce plan n’a aucune chance d’aboutir. Il convient de dire pourquoi. Je ne vais pas passer en revue les 21 points du plan. Non que ce soit fastidieux, mais la majeure partie de ces points ne méritent pas qu’on s’y attarde une fraction de seconde.
Retenons cependant juste un mot : Hamas ! Cette organisation, qui a été affublée de tous les qualificatifs négatifs, joue un rôle considérable dans ce plan. Ce qui est à la fois grotesque et risible. Grotesque parce qu’on ne peut faire jouer à une organisation fantôme, un rôle qui n’en est pas un. Risible parce qu’il y a plus d’une décennie que le Hamas a cessé d’être un protagoniste du conflit en Palestine.
En effet, il y a des années déjà que le Hamas est devenu une composante essentielle du dispositif de guerre israélien contre la Palestine. La démonstration en a été faite avec fracas le 7 octobre 2023. L’opération a été pensée, planifiée par Israël, et sûrement mal exécutée par le Hamas.
Depuis deux ans, j’ai multiplié les chroniques pour apporter les éléments qui corroborent le fait que le Hamas agissait sous la seule dictée d’Israël, et qu’il en est devenu l’émanation.
Revenons au plan de « paix » imposée par Netanyahu à D. Trump. L’aberration est sidérante, puisqu’on fait dépendre le succès du plan de la volonté du Hamas, une organisation qui ne fait plus partie du conflit, car maintenant elle fait corps avec l’autre et unique protagoniste dudit conflit.
- Trump nous fait ici un caca nerveux, puisqu’il propose de faire la paix entre Netanyahu et Netanyahu.