International
L’armée israélienne lance ses nouveaux carnages sur Gaza-ville
Des Palestiniens déplacés fouillent les décombres et les débris après une frappe israélienne sur un camp de personnes déplacées à Deir el-Balah, dans le centre de la bande de Gaza, le 21 août 2025. Israël a pilonné la ville de Gaza et ses environs pendant la nuit (Photo par Eyad BABA / AFP)
Sous haute tension, Gaza s’apprête à vivre un nouvel épisode dramatique. L’armée israélienne a intensifié ses bombardements et amorcé des opérations terrestres en périphérie, avec pour objectif déclaré de conquérir Gaza-ville. Les condamnations et la réprobation internationale n’y changent rien.
Gaza, Territoires palestiniens - L'armée israélienne resserre son étau sur la ville de Gaza, où ses troupes ont lancé de premières opérations et poursuivi leurs bombardements jeudi avec l'objectif de prendre possession de l’ensemble du territoire palestinien dévasté par plus de 22 mois de guerre.
Signes de l'offensive qui vient, l'armée a annoncé jeudi avoir commencé à appeler hôpitaux et organisations internationales opérant dans la ville, située dans le nord du territoire, à se préparer à évacuer vers le sud.
Cinq divisions de l'armée doivent participer à cette offensive, selon l'armée, qui a rappelé pour début septembre 60.000 réservistes supplémentaires.
Le ministre de la Défense Israël Katz "a approuvé" mercredi l'offensive à Gaza-ville, et le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, devait donner jeudi l'aval final, selon son cabinet.
Cette opération est lancée alors qu'Israël n'a toujours pas formellement répondu à une nouvelle proposition des médiateurs pour une trêve associée à une libération des détenus israéliens retenus à Gaza.
Le plan a été accepté lundi par le mouvement palestinien Hamas.
"Evacuation complète"
Avertissant d'une prochaine "évacuation complète" de Gaza-ville, l'armée a commencé à appeler hôpitaux et responsables médicaux à "préparer un plan pour transférer le matériel médical du nord au sud".
Sur le terrain, les bombardements ont continué à Gaza-ville, en particulier dans les secteurs périphériques de Jabalia et Nazla (nord-ouest) et de Sabra, un quartier oriental déjà pilonné depuis une semaine comme celui voisin de Zeitoun, selon des témoins. De nombreux habitants ont fui le secteur.
"La maison tremble, toute la nuit nous vivons avec le bruit des explosions, de l'artillerie, des avions de guerre, des ambulances et des appels à l'aide", a raconté à l'AFP Ahmad al-Shanti, un habitant.
"Nous allons intensifier nos frappes contre. Nous avons commencé des opérations préliminaires et nos forces sont en périphérie de la ville", a annoncé mercredi le porte-parole de l'armée, le général Effie Defrin. "Nous allons créer les conditions pour ramener les otages."
Le cabinet de sécurité présidé par M. Netanyahu a approuvé début août un plan de conquête de Gaza-ville et des camps de réfugiés du centre du territoire, pour prendre le contrôle sécuritaire de toute la bande de Gaza et libérer les 49 détenus israéliens - dont 27 morts selon l'armée - qui y sont toujours retenus depuis le 7-Octobre.
Après plus de 22 mois d'une offensive dévastatrice, qui a fait officiellement plus de 62.000 morts à Gaza, dont plus des deux tiers sont des enfants et des femmes, Israël contrôle aujourd'hui environ 75% du territoire palestinien dévasté, dont les plus de deux millions d'habitants assiégés doivent faire face à une catastrophe humanitaire dans une guerre où le nombre des blessés et des disparus sous les décombres, est passé sous silence.
"Torpillage"
Pour le général Defrin, "le Hamas aujourd'hui n'est plus le même" qu'auparavant, "réduit à un groupe de guérilla affaibli et en difficulté".
Pour le Hamas, l'opération contre Gaza-ville "témoigne d'un mépris flagrant des efforts déployés par les médiateurs" -Egypte, Qatar et Etats-Unis.
La proposition des médiateurs prévoit une trêve de 60 jours, la remise de 10 détenus vivants et des dépouilles de 18 détenus décédés en échange de la libération de prisonniers palestiniens, ainsi que l'entrée de plus d'aide humanitaire à Gaza, selon les médiateurs.
Les captifs restants seraient libérés lors d'une deuxième échange, dans le délai de la trêve, durant laquelle doivent se tenir des négociations en vue d'un cessez-le-feu permanent.
Une source gouvernementale israélienne a affirmé que le gouvernement Netanyahu continuait "d'exiger la libération" de tous les détenus "conformément aux principes fixés par le cabinet pour mettre fin à la guerre".
Une position qui alimente la colère de proches de détenus israéliens: "il y a un accord sur la table qui peut sauver des otages (...) le Hamas a accepté, mais au bureau du Premier ministre, ils insistent pour torpiller, ce qui condamnerait les otages vivants à mort et les morts à l'oubli", a dénoncé Lishay Miran Lavi, épouse du captif Omri Miran.
La Croix-rouge internationale a elle jugé jeudi "intolérable" l'intensification des hostilités dans "l'espace clos" de Gaza, "ce qui signifie plus de morts, plus de déplacements, plus de destructions". (Quid avec AFP)