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Le Mauritanien Sidi Ould Tah à la tête de la BAD, le Maroc partenaire stratégique du développement continental
Le Mauritanien Sidi Ould Tah, ancien ministre de l’Économie et actuel président de la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA), a été élu jeudi 29 mai 2025 à la tête de la Banque africaine de développement (BAD), avec plus de 76% des voix
L’élection du Mauritanien Sidi Ould Tah à la présidence de la Banque africaine de développement (BAD) marque une nouvelle ère dans la gouvernance financière panafricaine. Ce choix s’inscrit dans une dynamique de transformation structurelle du continent. Dans ce contexte, le Maroc – par la voix de sa ministre de l’Économie et des Finances, Nadia Fettah – réaffirme son engagement pour une croissance inclusive et résiliente, en harmonie avec les priorités de la Banque.
Une élection symbolique pour une nouvelle ambition africaine
L’Afrique s’est choisie un nouveau visage pour piloter son principal outil de développement. Le Mauritanien Sidi Ould Tah, ancien ministre de l’Économie et actuel président de la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA), a été élu jeudi 29 mai 2025 à la tête de la Banque africaine de développement (BAD), avec plus de 76% des voix. Il succédera au Nigérian Akinwumi Adesina à compter du 1er septembre prochain.
Cette élection, qui s’est tenue en marge des Assemblées annuelles de la Banque à Abidjan, témoigne d’une volonté des États membres de réaffirmer leur souveraineté dans le choix de leurs dirigeants. En remportant haut la main le scrutin face au Zambien Samuel Maimbo et au Sénégalais Amadou Hott, Sidi Ould Tah a reçu un mandat fort et clair : consolider les acquis et projeter la BAD dans une nouvelle phase de consolidation financière, d’impact social et d’alignement stratégique avec les priorités continentales.
Le parcours d’un bâtisseur discret mais décisif
Né en Mauritanie et formé en France – doctorat en économie à Nice-Sophia-Antipolis, DEA à Paris VII –, Ould Tah complète son bagage académique avec des formations à Harvard, à la London Business School et au Swiss Finance Institute. Avant la BADEA, il a œuvré dans plusieurs institutions de financement du développement, dont la Banque islamique de développement et l’Autorité arabe pour l’investissement agricole.
À la tête de la BADEA depuis 2015, il a mené une impressionnante transformation : augmentation de capital de 376%, émission d’un eurobond de 500 millions d’euros, et adoption d’un plan quinquennal 2025-2029 à 18,4 milliards de dollars. Une performance saluée par les bailleurs de fonds, qui lui a valu cette confiance renouvelée au sein de la BAD.
Un programme au service de l’indépendance financière de l’Afrique
Dès l’annonce de son élection, Ould Tah a tenu à rassurer et inspirer. “Je mesure la responsabilité qui m’incombe. Je suis prêt à travailler avec tous pour faire avancer le développement du continent”, a-t-il déclaré. Son mandat reposera sur quatre piliers : renforcer les institutions financières africaines, asseoir l’indépendance financière du continent sur les marchés mondiaux, tirer parti de sa jeunesse, et construire des infrastructures résilientes face aux changements climatiques.
Son profil de technocrate, reconnu pour sa rigueur et son efficacité, est perçu comme un gage de continuité et de réforme. “Il incarne une nouvelle génération de dirigeants africains, alliant expertise technique, intégrité et passion pour le progrès”, résume un haut cadre de la BAD.
Le Maroc, parmi les premier partenaires stratégique de la BAD
Cette nouvelle direction à la BAD coïncide avec une implication croissante du Maroc dans les orientations financières du continent. Dans une interview accordée à MAP, la ministre de l’Économie et des Finances, Nadia Fettah, a souligné que le portefeuille actif de la BAD au Maroc comprend actuellement 32 projets, pour un total de 3,2 milliards de dollars. Le Royaume figure parmi les tout premiers partenaires de la Banque, tant en nombre de projets financés (plus de 150 à ce jour) qu’en volume d’engagements.
Ces projets couvrent des domaines clés : infrastructures de transport, énergie, agriculture, eau et assainissement, gouvernance, santé, éducation. Des réalisations emblématiques comme le complexe solaire Noor Ouarzazate ou le port Nador West Med illustrent cette coopération approfondie.
“La transformation passe par l’humain, les infrastructures et le capital naturel”
Interrogée sur les priorités du Maroc dans le contexte des mutations économiques du continent, Nadia Fettah a mis l’accent sur trois axes majeurs : le capital humain, l’exploitation durable des ressources naturelles et la mobilisation du capital financier.
“Le développement de l’Afrique repose sur sa jeunesse, ses talents, sa résilience. Il faut investir massivement dans l’éducation, la santé, l’employabilité. Le capital humain est notre ressource la plus précieuse”, a-t-elle insisté.
Elle a également salué les grands projets portés par le Maroc en faveur de l’intégration régionale, notamment le gazoduc Nigeria-Maroc ou l’Initiative royale pour l’accès des pays sahéliens à l’Atlantique. Ces chantiers structurants renforcent l’interconnexion des économies africaines et soutiennent l’ambition d’un marché commun.
Une vision partagée pour une Afrique intégrée et souveraine
La convergence des visions entre la nouvelle présidence de la BAD et les orientations marocaines est manifeste. Le Maroc a activement participé à la rédaction de la stratégie décennale de la Banque, adoptée en 2024, qui repose sur l’inclusion, la durabilité et la souveraineté continentale.
“Le rôle du secteur privé est devenu central. Il faut créer un environnement propice à l’investissement, utiliser des instruments financiers innovants pour dé-risquer les projets, et optimiser les financements disponibles”, a déclaré Mme Fettah, en plaidant pour une BAD plus forte, mieux capitalisée, et plus agile.
Avec 4,7% des droits de vote et un siège au Conseil d’administration, le Maroc dispose d’une voix importante dans la gouvernance de l’institution. Il milite activement pour l’augmentation des fonds propres de la Banque et participe aux reconstitutions du Fonds africain de développement.
Enfin, deux éditions très réussies de l’Africa Investment Forum (AIF), organisées sous le Haut Patronage du Roi Mohammed VI, ont consolidé le rôle du Maroc comme hub financier africain.
Une BAD renouvelée au cœur des dynamiques africaines
L’élection de Sidi Ould Tah s’inscrit dans un tournant stratégique pour la BAD. Elle reflète une volonté claire de réappropriation africaine des institutions financières, dans une logique de leadership pragmatique et de résultats. En parallèle, la voix marocaine s’affirme comme l’une des plus structurées et ambitieuses pour bâtir une Afrique résiliente, compétitive et intégrée dans un environnement international en profonde muatation.