Les larmes de crocodile – Par Seddik Maaninou

Les larmes de crocodile – Par Seddik Maaninou

Le diplomate algérien Amar Bendjamaq, larmoyant, affectant la tristesse mais affichant un vrai désarroi, comme s’il avait été surpris par le seul résultat qu’il savait inévitable… L’échec de sa manipulation

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Dans sa chronique, Seddik Maaninou démonte la mise en scène diplomatique de l’ambassadeur d’Algérie à l’ONU, Amar Bendjamaa, après le rejet d’une résolution sur Gaza. Derrière le pathos et les excuses adressées au peuple palestinien, il révèle une stratégie de diversion : dissimuler l’immobilisme d’Alger, son populisme médiatique et l’échec d’une diplomatie obsédée à la fois par la question du Sahara marocain et par la peur d’un réveil populaire à l’intérieur du pays.

Des excuses qui sonnent creux

L’ambassadeur d’Algérie auprès des Nations unies a présenté ses excuses au peuple palestinien après le rejet par le Conseil de sécurité d’une résolution appelant à la cessation de l’agression israélienne contre la bande de Gaza. Le diplomate algérien, larmoyant, a déclaré regretter l’incapacité de la communauté internationale à condamner l’agression contre le peuple palestinien. L’homme paraissait fatigué, accablé, affectant la tristesse mais affichant un vrai désarroi, comme s’il avait été surpris par le seul résultat qu’il savait inévitable…

Mais la vérité est que M. Jamaâ a exploité la tribune du Conseil de sécurité pour masquer la fiction du prétendu soutien de l’Algérie aux Palestiniens que dément une question essentielle : pourquoi les autorités algériennes ont-elles interdit au peuple algérien de manifester pour exprimer sa large condamnation des événements survenus à Gaza ? Les Palestiniens ne méritent-ils pas ce soutien populaire ? Le peuple algérien ne mérite-t-il pas, lui aussi, la liberté d’exprimer ses sentiments sur un sujet qui a mobilisé tant de capitales à travers le monde ?

Un peuple muselé au nom du soutien à Gaza

Comment comprendre que de vastes manifestations populaires en faveur de la cause palestinienne aient eu lieu à Londres, Paris, Madrid et Rabat, tandis qu’elles ont été interdites sur tout le territoire algérien ? Qui, aujourd’hui, doit vraiment présenter ses excuses au peuple palestinien ?

Et cette autre question tout essentielle : combien d’aides l’Algérie a-t-elle envoyées aux sinistrés de Gaza et de la bande ? Quels produits alimentaires, médicaux et pharmaceutiques a-t-elle expédiés ? Quelles quantités d’eau, de lait, de médicaments ou de fournitures pour le traitement des enfants, des brûlés et des blessés ? La réponse est claire : l’Algérie n’a rien envoyé ! Pas même un verre d’eau fraiche et un morceau de pain ! Pourquoi une telle austérité dans un pays dont le Trésor encaisse chaque jour des millions de dollars ?

Dans un brouhaha de populisme incompréhensible, les radios, télévisions et journaux algériens continuent de clamer leur soutien à la cause palestinienne, multipliant les slogans, les grands titres, questionnant les analystes et faisant parler les experts… Des mots, encore des mots, toujours des mots. Sans doute, le véritable objectif est d’endormir la volonté du peuple algérien et de prévenir toute explosion de colère s’il venait à descendre dans la rue. Ce réflexe traduit la peur des militaires de voir retentir à nouveau le cri : « un État civil, non militaire ! », uni à celui d’une Palestine arabe.

Cette peur, devenue la caractéristique de la gouvernance militaire en Algérie, révèle la profonde rupture entre le peuple et une armée terrorisée par le spectre du retour du Hirak.

Tambour battant, cymbales et trompettes

Lors de son accession au Conseil de sécurité, l’Algérie s’était félicitée de ce qu’elle a présenté comme une « victoire historique ». Tambour battant, cymbales et trompettes, les médias de propagande algériens avaient alors scandé, sans la moindre pudeur : « Consensus mondial autour du choix de l’Algérie pour siéger au Conseil de sécurité ! Le monde salue le pays des martyrs et les Nations unies se félicitent de la diplomatie algérienne ! ».

La propagande d’État affirmait que cette élection constituait « un grand événement qui allait contribuer à transformer les équilibres mondiaux, à réformer la Charte des Nations unies, et à créer un nouvel équilibre et une dynamique positive ». En résumé, selon la rhétorique officielle, le simple fait pour l’Algérie d’obtenir un siège non permanent au Conseil de sécurité allait provoquer un bouleversement des rapports de force internationaux.

Soucieuse de mettre en scène sa joie et sa fierté, l’Algérie est même allée jusqu’à envoyer un orchestre musical jouer dans les couloirs des Nations unies pour attirer l’attention.

La réalité, pourtant, est bien plus banale : l’entrée de l’Algérie au Conseil de sécurité n’a rien d’exceptionnel. Ce siège non permanent revient de manière tournante à un groupe de pays, parmi lesquels figure simplement l’Algérie.

L’amalgame dangereux entre Palestine et Sahara

L’ambassadeur d’Algérie a profité de chaque occasion pour évoquer la question du Sahara marocain, dans une tentative désespérée de l’associer à la juste cause palestinienne, traduisant une obsession et une honteuse instrumentalisation au détriment des souffrances du peuple palestinien

Mais malgré cet amalgame et cette mauvaise intention, l’Algérie a échoué sur les deux fronts : elle n’a ni défendu efficacement la cause palestinienne, ni réussi à promouvoir sa thèse hostile à l’unité territoriale du Royaume du Maroc.

Et si l’ambassadeur algérien a reconnu son échec dans la défense de la cause palestinienne et a présenté ses excuses au peuple palestinien, il devrait, après son échec sur le dossier du Sahara marocain, présenter également ses excuses au peuple marocain.

La diplomatie algérienne a échoué sur les deux plans, après avoir tenté de dissimuler ses visées séparatistes derrière une cause juste, celle du peuple palestinien meurtri.

Aura-t-il, cet ambassadeur, le courage moral d’admettre que la participation de son pays au Conseil de sécurité n’a rien apporté de nouveau, qu’il a consacré la majeure partie de son temps à contrer l’unité du Maroc, et qu’il lui revient désormais de révéler aux membres des Nations unies le vrai visage — comploteur et défaillant — de la diplomatie algérienne, aussi bien sur le plan de la cause palestinienne, juste et noble, que sur celui de l’unité marocaine, solide et inébranlable ?

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