L’Occident n’est pas dans le déni, il est juste incapable d’éprouver un sentiment d’humanité – Par Abdelahad Idrissi Kaitouni

L’Occident n’est pas dans le déni, il est juste incapable d’éprouver un sentiment d’humanité – Par Abdelahad Idrissi Kaitouni

Selon l’UNICEF, plus de 50 000 enfants ont été tués ou blessés dans la bande de Gaza depuis le début des hostilités (soit morts + blessés). Rien qu’en mars 2025, on a compté au moins 322 enfants tués en dix jours

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Dans une réflexion nourrie par les propos de l’astrophysicienne italienne Margherita Hack, Abdelahad Idrissi Kaitouni dénonce l’incapacité de l’Occident à éprouver la moindre sensibilité face à la souffrance de l’autre. Derrière les discours moralisateurs et les lois en faveur de la protection animale, il souligne une contradiction : celle d’un monde occidental blindé contre l’humanité, indifférent aux tragédies qui frappent Ghazza et au mal infligé aux peuples non occidentaux depuis des siècles.

Par Abdelahad Idrissi Kaitouni

Peu de personnes connaissent l’astrophysicienne italienne, Margherita Hack. Cette « dame des étoiles », comme l’appelaient affectueusement les Italiens, était aussi connue pour sa capacité à vulgariser les concepts les plus complexes, et pas seulement ceux se rapportant à la cosmologie. Elle excellait aussi dans l’univers des sciences humaines.

À titre d’illustration, je voudrais citer ici une de ses affirmations bien connues : Vous n’avez pas besoin d’avoir une religion pour avoir une morale, car si vous ne pouvez pas distinguer entre le bien et le mal, ce qui vous manque c’est la sensibilité, pas la religion !

À en croire cette grande dame, quelle que soit la perversité des religions, ce sera toujours une perversité infiniment moins grave que l’absence de sensibilité. On le constate au quotidien dans le comportement de l’Occident à l’égard du reste du monde. 

Certes l’Occident a renoncé totalement ou partiellement à la religion, qui était son référent au bien et au mal, pour se réfugier dans une morale construite autour de la violence, par la violence. En effet, depuis cinq siècles qu’il a pris les commandes de la planète, il a fait subir aux autres peuples des violences inouïes. Il n’avait pas d’autre alternative pour régenter le monde !

Pour mener à bien les destructions et les ravages, il a mis au point les technologies les plus sophistiquées, et, pour semer la mort avec efficacité, il a investi dans les armes létales les plus redoutables. Donc, pour atteindre ces funestes desseins, il fallait qu’il se dote d’une forte carapace, que dis-je, d’un très lourd blindage qui allait le rendre hermétique à toute sensibilité.

Autrement, comment expliquer la satisfaction, à peine voilée, de l’Occident face à ce qui se passe à Ghazza ? Les quelques voix qui se résignent à dénoncer ce que, en fin, elles finissent par admettre comme étant des excès, ces voix-là ne sont pas prêtes à reconnaître que le sionisme représente le mal absolu.

Il ne faut pas se faire d’illusion, l’Occident ne le reconnaîtra jamais, car il est incapable de se rendre compte du mal qu’il peut infliger à l’autre. Il ne sait plus ce que c’est le mal. De la souffrance, il ne connaît que celle qui frappe les siens. Comble du cynisme, il a fait voter des lois qui ont érigé la souffrance animale en dogme, car il estime que l’animal est un être doué de sensibilité. 

Mais, comble de l’ironie, cette sensibilité qu’il reconnaît à l’animal, il s’en est prémuni lui-même jusqu’à refuser de tenir compte de la souffrance ressentie par un non-Occidental, comme si ce dernier ne méritait même pas le statut d’animal.

En se drapant dans son horrible blindage qui le protège contre la moindre sensibilité, l’Occident semble signifier au reste de la planète qu’il n’appartient plus au monde des humains ! D’ailleurs les horreurs de ce qui se passe à Ghazza ne l’atteignent même plus. Et ce n’est pas du déni, c’est juste son incapacité à n’éprouver aucun sentiment d’humanité ! 

Bouznika, le 20 septembre 2025