International
Négociations sur Gaza: le Hamas évoque "un esprit d'optimisme"
Des femmes interprètent une pièce sur les enfants tués à Gaza lors d'une manifestation exigeant la fin des attaques contre la bande de Gaza et les territoires palestiniens, dans le cadre d'une manifestation nationale à Guadalajara, au Mexique, le 7 octobre 2025. (Photo par Ulises RUIZ / AFP)
Le Caire, Egypte - Le Hamas a évoqué mercredi "un esprit d'optimisme" dans les négociations indirectes avec Israël pour parvenir à un accord visant à mettre fin à la guerre dans la bande de Gaza et libérer les détenus israéliens retenus dans le territoire palestinien.
Ces discussions se tiennent dans la station balnéaire de Charm el-Cheikh, dans l'est de l'Egypte, deux ans après le début de la guerre génociodaire d’Israël contre les Palestiniens.
"Les médiateurs font de grands efforts pour lever tous les obstacles à la mise en œuvre des différentes étapes du cessez-le-feu, et un esprit d'optimisme prévaut parmi tous les participants", a déclaré à l'AFP Taher al-Nounou, un des dirigeants du Hamas participant aux discussions.
Il a ajouté que son mouvement avait échangé avec Israël "des listes de prisonniers à libérer", en faisant référence aux détenus retenus dans Gaza et aux Palestiniens détenus par Israël susceptibles de faire partie de l'échange de prisonniers.
Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a également indiqué avoir reçu de Charm el-Cheikh des messages "très encourageants".
Les négociations reposent sur un plan annoncé le 29 septembre par le président américain Donald Trump, qui prévoit, outre l'échange otages-prisonniers, un cessez-le-feu, le retrait par étapes de l'armée israélienne de Gaza et le désarmement du Hamas.
"Réelle chance"
Selon Al-Qahera News, média proche des services de renseignement égyptiens, Ron Dermer, un proche conseiller du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, est arrivé à Charm el-Cheikh, ainsi que la délégation américaine dirigée par l'émissaire de Donald Trump, Steve Witkoff, et le gendre du président, Jared Kushner.
La session plénière doit débuter "bientôt", a annoncé la même source en début d'après-midi.
Les émissaires américains sont venus "avec une forte volonté (...) et un mandat solide du président Trump pour mettre fin à la guerre", a indiqué M. Sissi.
Le président égyptien a dit avoir invité, en cas d'accord, le président américain pour "assister à sa signature".
Le Premier ministre du Qatar, Mohammed ben Abdelrahmane Al-Thani, dont le pays est un autre médiateur avec l'Egypte, devait également se rendre mercredi en Egypte, selon la diplomatie qatarie.
Tout comme une délégation turque emmenée par le chef des services de renseignement Ibrahim Kalin, selon l'agence turque Anadolu.
La Turquie entretient des relations étroites avec le Hamas. Son président, Recep Tayyip Erdogan, a affirmé mercredi que Donald Trump avait "expressément demandé" à Ankara de convaincre le Hamas de négocier la paix avec Israël.
Donald Trump a évoqué mardi une "réelle chance" de parvenir à un accord.
Le Qatar, l'Egypte et les Etats-Unis jouent le rôle de médiateurs dans la guerre, mais leurs efforts ont jusqu'à présent échoué à aboutir à un cessez-le-feu durable, notamment à cause du soutien inconditionnel de Washington qui livre des armes en flux tendu à Israël.
Deux précédentes trêves en novembre 2023 et début 2025 avaient permis le retour d'otages ou de corps de captifs en échange de prisonniers palestiniens.
Le Hamas a manifesté son accord de principe au plan Trump mais plusieurs points restent en suspens.
Mardi, jour du 2e anniversaire de l'attaque du Hamas contre l’occupation israélienne, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a promis la réalisation de tous les objectifs de la guerre, en citant la libération de "tous les otages" et "la destruction du pouvoir du Hamas".
"Garanties"
Présent en Egypte, le négociateur en chef du Hamas, Khalil al-Hayya, que Tel-Aviv avait tenté d’assassiner dans le bombardement de Qatar, a déclaré que le mouvement voulait des "garanties" de M. Trump et des médiateurs que la guerre à Gaza "finira une fois pour toutes". "Nous ne faisons pas confiance" à Israël, a-t-il dit.
Selon une source palestinienne proche des négociateurs du Hamas, "de premières cartes ont été présentées mardi par la partie israélienne concernant le retrait des troupes".
Dans sa réponse au plan Trump, le Hamas a accepté de libérer les détenus mais réclamé la fin de l'offensive israélienne et le retrait total israélien de Gaza. Il n'a pas mentionné son propre désarmement, point clé de la proposition israélo-américaine.
- Netanyahu a dit soutenir le plan mais a souligné que son armée resterait dans la majeure partie de Gaza et répété que le Hamas devait être désarmé.
La guerre, qualifiée par l’ONU et plusieurs ONG, de génocide, lancée par Israël a dévasté le territoire palestinien, provoqué un désastre humanitaire et fait, plus de 67.183 morts, en majorité des civils, des femmes et des enfants.
L'ONU a déclaré l'état de famine à Gaza. (Quid avec AFP)