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Palestine, mon amour – Par Ahmed Massaia
Une Palestinienne cherche des légumineuses dans le sable à Nuseirat, dans le centre de la bande de Gaza, lors d'une mission de largage aérien au-dessus du territoire palestinien assiégé par Israël, le 5 août 2025.
Dans un cri de colère et de douleur, Ahmed Massaia, écrivain, dramaturge, essayiste et ancien directeur de l'Institut supérieur d'art dramatique et d'animation culturelle, dénonce l’inhumanité du conflit israélo-palestinien, l’indifférence complice des puissances mondiales et la lâcheté des dirigeants arabes. Face au martyr de Gaza et à un nettoyage ethnique assumé, il rappelle que la Palestine demeure l’une des grandes causes morales de notre époque, trahie par un monde devenu sourd à la justice.

Par Ahmed Massaia
Encore une fois, Israël et la Palestine occupent les esprits et ne laissent personne indifférent face à cette montée de violence aveugle. Ce mariage forcé, qui dure depuis 75 ans, n’a engendré que violence et tueries qui ne sont pas prêts de se terminer. Ne lésinons pas sur les mots : c’est toujours la Palestine qui subit l’opprobre et la discrimination. Il y eut Jénine, Sabra et Chatila et aujourd’hui Gaza la martyre.
Le massacre du peuple de Gaza pèse sur la conscience d’un monde impuissant, incapable de mettre fin à l'ignominie. Bombardé, déplacé, affamé, assassiné, humilié, exterminé ... Tous les termes du génocide d’un peuple sans force sinon mû par une volonté farouche de vivre, sont là. Netanyahu peut bomber le torse et se vanter d’avoir soumis tout un peuple à la lamentation généralisée, encouragé par le silence honteux des pleurnichards en la demeure, ceux qui sont sensés le défendre, le protéger et panser ses blessures, les pays arabes en l’occurrence. Ils font l’autruche les dirigeants arabes pour ne pas s’attirer la foudre du puissant prédateur. Tant que ce petit pays lové au sein du monde arabe, bien protégé par le parapluie de l’ogre des temps modernes, tout est permis pour un dirigeant sanguinaire, impitoyable et arrogant comme la mort. Rappelo
Pleurez ö peuples soumis, la détermination machiavélique du « clou de Joha » est sans limites. Impitoyable et vorace, le loup du Néguev ! Des enfants pleurent de douleur parce que leur ventre est vide car le prédateur a coupé les vivres faisant un blocus total sur tout un peuple. Des femmes geignent en silence devant ce malheur engendré par une armée exterminatrice. Des hommes luttent, les mains nus, et tentent d’éviter les bombes et les snippers alors qu'ils ne font nullement partie prenante dans ce conflit absurde. Des journalistes sont bâillonnés ou tués, accusés à tort de terroristes, afin de les empêcher d'informer le monde sur les exactions les plus abjectes. Parce qu’il a la suprématie du ciel, Israël se prend pour le Dieu tout puissant qui a désormais le pouvoir de vie et de mort sur un peuple désarmé, impuissant et fatigué de lutter pour son indépendance, pour sa survie en quelque sorte. Tuer des vies méme faméliques et mourantes, semble titiller l’égo du dictateur. Peu importe pour lui, le nettoyage ethnique est en marche. Les bombes qui pleuvent sans relâche font le travail et font en même temps trembler ceux qui pourraient avoir l’outrecuidance de se mettre du côté de la justice et de la légalité.
Le plan machiavélique de l’oncle Sam et de ses affidés est tout prêt de se réaliser. Nettoyer pour rebâtir, disent-ils sans vergogne. Hélas, personne ne peut s’y opposer. L’ONU, désormais un tigre en papier, une centaine d’organisations humanitaires, des milliers de pacifistes, des centaines de manifestations partout dans le monde, tous crient au scandale devant l’indifférence, l’arrogance et l’inhumanité de ceux qui ont décrété la mort et l’extermination. Pleure ô monde insensible et complice, la main du diable fait peur et empêche toute velléité de la tordre pour l’empêcher de sévir et de libérer un peuple de l’asservissement et de la honte. « La Palestine est l’une des causes morales de notre temps », disait Edward Saïd. On s’en soucie peu car le nombrilisme de l’homme contemporain anesthésie les consciences et les rend insensibles aux malheurs des autres.
« Le monde est devenu fou. Ce qui se passe au Proche-Orient n’honore personne sur cette terre. J’ai honte pour cette humanité des exploits technologiques et de la mondialisation que l’on chante à cor et à cri. J’ai honte surtout pour chaque enfant sur terre dans le coeur duquel on est entrain de distiller la haine, la xénophobie et l’intolérance », avais-je écrit dans « Ma Palestine à moi », l’un des textes qui figure dans mon livre intitulé Pour une humanité à partager (migration, mondialisation et question palestinienne) publié il y a dix ans chez La Croisée des chemins. Oui, le monde est devenu crazy. Honte à Daech qui avait légitimé la violence sauvage. Honte à tous les extrémistes qui serinent la haine et l’exclusion dans le coeur des hommes.