"Peur de dormir": des Gazaouis terrifiés après de nouveaux raids israéliens

"Peur de dormir": des Gazaouis terrifiés après de nouveaux raids israéliens

Au milieu des tués, emerge le visage d’un ange, fauché par les bombes israéliennes lors d'une frappe contre une boulangerie improvisée installée dans une tente rue Al-Nassr à Gaza, le 30 août 2025, à l'hôpital Al-Shifa. (Photo par Omar AL-QATTAA / AFP)

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Sous les bombes et dans la peur, les Gazaouis endurent de nouvelles nuits de terreur. Les frappes israéliennes, intensifiées sur la ville de Gaza et ses environs, ont provoqué de nombreux morts et blessés parmi une population déjà épuisée par les déplacements forcés, la faim et le siège. Alors que le gouvernement israélien revendique la mort de figures du Hamas, l’ONU alerte sur une catastrophe humanitaire majeure et une famine désormais déclarée, tandis que la population ne voit plus d’issue à une guerre qui a déjà englouti des dizaines de milliers de vies civiles.

Gaza, Territoires palestiniens - Alors que l'armée poursuit son génocide dans la bande de Gaza atrocement ravagée par la guerre, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a confirmé une frappe contre le porte-parole de la branche armée du Hamas, connu sous son nom de guerre Abou Obeida. Une source pro-israélienne rapporte qu’i a été effectivement assassinée.

Une nouvelle vague de bombardements israéliens nocturnes a ciblé plusieurs secteurs de la bande de Gaza, dont la ville éponyme contre laquelle l'armée s'apprête à lancer une offensive d'envergure pour en finir avec le Hamas.

"Nous prions Dieu pour que la guerre cesse car nous sommes fatigués des déplacements, nous avons peur et nous avons faim. Et nous avons désormais peur de la nuit et de dormir dans nos tentes", affirme à l'AFP Iman Rajab, qui vit dans un camp de déplacés ciblé par une frappe dans le quartier de Maqousi.

"Horreur"

Au lever du jour, de la fumée s'élevait dans le ciel au-dessus de la ville de Gaza, la plus grande du territoire situé dans le Nord, selon des images de l'AFP. Des habitants arrivent pour constater les dégâts devant une tente détruite, où des couvertures tâchées de sang se mêlent aux décombres.

"Horreur, peur et destruction. Le feu s'est déclaré dans toutes les tentes, seul Dieu nous a protégés du feu", indique Achraf Abou Amsha, habitant dans une tente plus loin.

Dans la morgue de l'hôpital Al-Chifa de Gaza-ville, des proches pleurent près de corps alignés par terre.

Selon l'ONU, l'immense majorité des habitants du territoire palestinien ont été déplacés plusieurs fois par la guerre à Gaza, où les quelque deux millions d'habitants sont assiégés par Israël depuis près de 23 mois dans une bande soumise à une blocus près de 20 ans.

L'ONU, longtemps dans l’expectative, et après de longs atermoiements, a déclaré la famine dans ce petit territoire pauvre.

Dimanche, la Défense civile de Gaza a fait état de 16 personnes tuées au cours d'opérations militaires israéliennes dans le territoire palestinien, dont 10 ont près de sites de distribution d'aide.

Fuite des habitants

La veille, la Croix-Rouge internationale a mis en garde contre une évacuation massive de la population de Gaza-ville, après que l'armée sommé les Palestiniens de procéder à l’évacuation en prévision de son offensive.

Des milliers d'habitants ont déjà fui la ville. Selon l'ONU, près d'un million de personnes vivent dans le gouvernorat de Gaza, incluant la ville et ses environs.

Le Hamas a confirmé dimanche la mort de l'un de ses chefs, Mohammed Sinouar, trois mois après que l’armée israélienne a annoncé l'avoir tué dans une frappe à Khan Younès dans le sud de la bande de Gaza.

Mohammed Sinouar était le chef du Hamas pour la bande de Gaza et le frère de Yahya Sinouar, l'ex-chef suprême du mouvement palestinien dépeint comme le principal architecte de l'attaque du 7-Octobre.

La campagne génocidaire israélienne a fait au moins 63.459 morts à Gaza, en majorité des civils, dont plus des deux tiers sont des enfants et des femmes victimes d’un génocide où le nombre de blessés et de disparus sous les décombres se comptent par centaines de milliers. (Quid avec AFP)