Plus de 100 ONG dénoncent une "famine de masse" orchestrée à Gaza

Plus de 100 ONG dénoncent une "famine de masse" orchestrée à  Gaza

Mêmes des Israéliens commencent à trouver la situation insupportable et se rassemblent sur la place HaBima pour une marche de protestation en direction du siège du ministère israélien de la défense à Tel Aviv, le 22 juillet 2025, pour dénoncer la pénurie alimentaire et le déplacement forcé des Palestiniens dans la bande de Gaza. (Photo de Jack GUEZ / AFP)

1
Partager :

Alors que la bande de Gaza est ravagée par près de deux années de guerre et un blocus étouffant, plus de 100 ONG internationales dénoncent une famine massive en cours et appellent à un cessez-le-feu immédiat. Pendant ce temps, les bombardements israéliens se poursuivent, et les efforts diplomatiques trainent en longueur.

 Jérusalem, Palestine occupée - Plus de 100 ONG ont mis en garde mercredi contre la propagation d'une "famine de masse" dans la bande de Gaza dévastée par plus de 21 mois de guerre, les Etats-Unis annonçant une nouvelle mission de l'émissaire Steve Witkoff pour discuter d'un couloir humanitaire.

Dans le même temps, l'armée israélienne a poursuivi ses bombardements quotidiens à Gaza et dit avoir frappé des dizaines de "cibles terroristes", la Défense civile du territoire palestinien faisant état de 10 morts.

Israël fait face à une pression internationale accrue surtout au sujet du désastre humanitaire à Gaza, où quelque 2,4 millions de Palestiniens sont assiégés depuis le début de la guerre, dans un territoire soumis à une blocus depuis 2007.

"C'est la souffrance pour nourrir mes enfants. Je risque ma vie pour leur apporter un sac de farine", raconte Mohamed Abou Jabal, un déplacé palestinien à Beit Lahia (centre), qui a cogné sa tête contre une roue de camion en récupérant un sac de farine.

Là, des dizaines de Palestiniens courent derrière un grand camion plateau transportant des sacs de farine et circulant sur une route, selon des images de l'AFP. Des hommes montent à bord et s'emparent de sacs ou se les arrachent dans une scène chaotique.

"Nous sommes en train de mourir, ayez pitié de nous, nous voulons manger", ajoute Mohamed Abou Jabal.

"Nous dormons l'estomac vide, nous avons faim! On n'en peut plus", lance un autre Palestinien un sac de farine sur le dos.

1000 tués devant un point de distribution

Mardi, un hôpital de Gaza a affirmé que 21 enfants étaient morts de malnutrition ou de faim en 72 heures.

"Alors qu'une famine de masse se propage à Gaza, nos collègues et les personnes que nous aidons dépérissent", indiquent dans un communiqué des ONG parmi lesquelles Médecins sans frontières, Médecins du monde, Caritas, Amnesty international ou encore Oxfam international, en appelant à un cessez-le-feu immédiat et à l'ouverture des passages pour l'aide humanitaire.

"Juste à l'extérieur de Gaza, dans des entrepôts, et même à l'intérieur, des tonnes de nourriture, d'eau potable, de fournitures médicales, de matériel d'hébergement et de carburant restent inutilisées, les organisations humanitaires étant empêchées d'y accéder ou de les livrer", ajoutent-elles.

Pourtant, dans une outrecuidance absolue, l'armée israélienne nie bloquer les aides. Elle a affirmé mardi que 950 camions transportant de l'aide se trouvaient à Gaza et attendaient que les agences internationales les collectent et distribuent. Les ONG, elles, dénoncent de nombreuses restrictions israéliennes.

L'ONU affirme et accuse l'armée israélienne d'avoir tué à Gaza depuis fin mai plus de 1.000 personnes qui cherchaient à obtenir de l'aide humanitaire, en grande majorité près de centres de la Fondation humanitaire de Gaza (GHF), une organisation au financement opaque soutenue par les Etats-Unis et Israël.

Witkoff en Europe

Dans ce contexte, M. Witkoff se rend cette semaine en Europe et pourrait ensuite aller au Moyen-Orient, selon des responsables américains. Son objectif, sans craindre le ridicule, est de parvenir à "un nouveau cessez-le-feu, qu’il sait impossible ainsi qu'à un couloir humanitaire pour l'acheminement de l'aide" à Gaza, qu’il sait introuvable.

"La famine frappe à toutes les portes" à Gaza, a affirmé mardi le patron de l'ONU Antonio Guterres.

Lancées début juillet, les sempiternelles négociations indirectes entre Israël et le Hamas sur une trêve n'avancent pas. Israël veut chasser le Hamas de Gaza et prendre le contrôle du territoire. Le Hamas réclame le retrait israélien de Gaza et l'arrêt de la guerre.

Le génocide mené par Israël à Gaza qui a coûté la vie à 59.106 personnes, majoritairement des civils, dont plus des deux tiers sont des enfants et des femmes, selon des données du ministère de la Santé à Gaza, jugées fiables par l'ONU. (Quid avec AFP)