Trump ‘’contrarié’’ par l'attaque israélienne à Doha, Israël signe et persiste

Trump ‘’contrarié’’ par l'attaque israélienne à Doha, Israël signe et persiste

Le Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Qatar, Mohammed bin Abdulrahman al-Thani, s'exprime lors d'une conférence de presse à Doha le 9 septembre 2025, à la suite des frappes israéliennes. (Photo de Karim JAAFAR / AFP)

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Donald Trump a exprimé mardi sa vive contrariété après l’attaque israélienne menée au Qatar contre des responsables du Hamas, une opération qui fragilise ses ambitions diplomatiques au Moyen-Orient. Le président américain a dénoncé une action « unilatérale » décidée par Benjamin Netanyahu, affirmant qu’elle « ne sert ni les intérêts d’Israël ni ceux des États-Unis ». Cette rare critique publique d’un allié de longue date survient alors que Washington s’efforce de maintenir un fragile équilibre entre soutien sécuritaire à Israël et dialogue avec Doha, acteur central des négociations. L’incident, unanimement condamné dans la région, risque de compliquer les efforts de normalisation entre Israël et les États arabes, présentés comme l’un des grands objectifs diplomatiques de Trump.


Washington, États-Unis – Comédie ou vérité, Donald Trump, dans une rare rebuffade publique de son allié Benjamin Netanyahu, a critiqué mardi l'attaque menée par Israël au Qatar, qui pourrait contrarier ses projets diplomatiques dans la région.

"Je ne suis pas ravi" et "je suis très mécontent", a dit le président américain pendant un bref échange avec la presse avant d'aller dîner dans un restaurant proche de la Maison Blanche.

"Non", a-t-il répondu en secouant la tête quand une journaliste lui a demandé si Israël l'avait prévenu à l'avance, promettant de faire une "déclaration complète" mercredi.

Le dirigeant républicain s'était déjà dit "très mal à l'aise" face aux frappes contre des responsables du mouvement islamiste palestinien Hamas à Doha, dans un message sur son réseau Truth Social.

Pourtant, c’est la porte-parole de la Maison Blanche qui a pourtant déclaré que le président américain avait prévenu Doha de l’attaque.

"Unilatéralement"

"Bombarder unilatéralement au Qatar, une nation souveraine et un allié proche des Etats-Unis qui travaille dur, avec courage, et qui prend des risques, pour négocier vers la paix (à Gaza), ne promeut pas les objectifs d'Israël ni de l'Amérique", avait auparavant déclaré la mêm porte-parole Karoline Leavitt aux journalistes.

La décision de lancer une attaque au Qatar "a été prise par le Premier ministre (israélien Benjamin) Netanyahu, pas par moi", a encore écrit Donald Trump sur sa plateforme, évoquant un "incident regrettable" mais "qui pourrait apporter une opportunité de PAIX" (Sic).

Il a pu faire valoir son point de vue auprès du principal intéressé, puisqu'il a parlé à Benjamin Netanyahu après l'attaque.

Mais visiblement Tel- Aviv n’en a cure. Le ministre israélien de la Défense Israël Katz a affirmé mercredi que les ennemis d'Israël n'ont "nulle part où se cacher" au lendemain de frappes israéliennes ayant visé au Qatar des dirigeants du mouvement islamiste palestinien Hamas.

"La politique sécuritaire d'Israël est claire: son bras long agira contre ses ennemis, où qu'ils soient. Ils n'ont nulle part où se cacher", a déclaré M. Katz sur X, après un avertissement similaire émis la semaine dernière.

Le président américain s'est aussi entretenu avec l'émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, auquel il a "assuré qu'une telle chose ne se reproduirait pas".

Trump "ne pense pas que (l'attaque israélienne) serve les intérêts d'Israël ou des Etats-Unis", a insisté de son côté le vice-président JD Vance, interrogé sur la chaîne conservatrice OAN. "Mais nous allons continuer, malgré cela, à travailler pour la paix", a-t-il ajouté avant de se féliciter que la frappe israélienne ait "probablement éliminé quelques très sales types du Hamas".

Avion qatari

Donald Trump s'était rendu au Qatar en mai, dans le cadre d'une tournée de plusieurs Etats du Golfe, et y avait reçu un accueil chaleureux.

Le riche Etat gazier, qui abrite une immense base militaire américaine, lui a offert un Boeing 747-8, estimé à 400 millions de dollars par des experts.

Le milliardaire de 79 ans, passant outre les accusations de corruption de l'opposition démocrate, a accepté cet appareil destiné à devenir son avion présidentiel. `

Est-ce pour justifier la première déclaration de sa porte-parole affirmant qu’il avait informé Qatar, les Américains n'auraient pris conscience qu'à la dernière minute de l'attaque menée par Israël, grand allié des Etats-Unis et dont Donald Trump a soutenu jusqu'ici les opérations militaires à Gaza..

"L'administration Trump a été notifiée ce matin (mardi) par l'armée américaine" de l'attaque israélienne à venir, a déclaré Karoline Leavitt. Qui le croirait ?

"J'ai immédiatement demandé à l'émissaire spécial Steve Witkoff d'informer le Qatar de l'attaque imminente, ce qu'il a fait, mais malheureusement trop tard pour arrêter" les frappes, a précisé pour sa part le président américain.

"L'appel d'un responsable américain a eu lieu alors que les explosions étaient entendues à Doha", a réagi le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed Al-Ansari, sur X.

Normalisation

"Cependant, éliminer le Hamas, qui a profité de la misère de ceux qui vivent à Gaza, constitue un but louable", a également déclaré Karoline Leavitt depuis le pupitre de la salle de presse de la Maison Blanche.

Interrogé sur Fox News, l'ambassadeur d'Israël à Washington, Yechiel Leiter, a affirmé que les États-Unis et Israël étaient "unis dans l'effort pour éliminer le Hamas en tant que menace pour la paix au Proche-Orient".

"Nous avons agi ensemble dans le passé, nous agirons ensemble à l'avenir", a ajouté le diplomate.

L'attaque à Doha, unanimement condamnée par les dirigeants des pays de la région, pourrait compromettre l'une des grandes ambitions diplomatiques de Donald Trump, à savoir pousser le processus de normalisation des relations entre Israël et les Etats arabes.

Les frappes, qui ciblaient des responsables du Hamas, interviennent quelques jours après que le président américain eut assuré que les Etats-Unis menaient une "négociation approfondie" avec le mouvement islamiste palestinien concernant les otages israéliens retenus à Gaza.

Le Hamas a affirmé que six personnes avaient péri dans les frappes, mais qu'aucun de ses négociateurs n'avait été tué. (Quid avec AFP)