Trump-Poutine : une rencontre à haut risque pour relancer la paix en Ukraine

Trump-Poutine : une rencontre à haut risque pour relancer la paix en Ukraine

Des poupées russes traditionnelles en bois, les poupées Matryoshka, représentant le président russe Vladimir Poutine et le président américain Donald Trump sont exposées à la vente à Saint-Pétersbourg le 7 août 2025. (Photo d'Olga MALTSEVA / AFP)

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Six ans après leur dernière entrevue, Donald Trump et Vladimir Poutine pourraient se retrouver autour d’une table pour discuter de la guerre en Ukraine. Un éventuel tête-à-tête se profile, dans un climat d’urgence diplomatique, alors que les positions entre Kiev et Moscou restent irréconciliables. L’option d’un sommet tripartite avec Volodymyr Zelensky est rejetée par Moscou, tandis que les pressions américaines s’intensifient pour arracher un accord.

Une rencontre qui marquerait un tournant

La perspective d’une rencontre entre Donald Trump et Vladimir Poutine, la première depuis juin 2019, ravive les espoirs d’un déblocage dans le conflit ukrainien. Selon les déclarations du Kremlin, un "accord de principe" aurait été conclu pour organiser une réunion "dans les prochains jours". L’ex-président américain, de retour à la Maison Blanche, a renoué le dialogue avec Moscou en février, convaincu de pouvoir trouver une sortie rapide de crise.

Mais à mesure que les négociations entre Kiev et Moscou piétinent, Donald Trump exprime de plus en plus ouvertement son agacement vis-à-vis du président russe. Il lui a adressé un ultimatum : avancer vers une résolution du conflit ou s’exposer à une nouvelle vague de sanctions économiques américaines. Cet ultimatum devait expirer vendredi. À la veille de cette échéance, la visite à Moscou de l’émissaire de Trump, Steve Witkoff, laisse entrevoir un regain d’activisme diplomatique.

Un sommet sans Zelensky

Si l’intention d’une rencontre est actée, le lieu reste à définir. Moscou propose les Émirats arabes unis comme hôte potentiel, suggestion qui n’a pas encore été validée par la Maison Blanche. Un haut responsable américain a d’ailleurs confirmé que la localisation de la réunion restait indécise, tout comme sa date. À Washington, Trump reste évasif, répondant aux journalistes : "Cela dépendra de Poutine".

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, de son côté, plaide depuis des mois pour un format tripartite. Pour lui, un dialogue direct avec Vladimir Poutine est "prioritaire", et l’Ukraine doit participer activement à toute négociation. Mais Moscou refuse cette configuration, arguant que les "conditions" ne sont pas réunies. Le Kremlin estime qu’un tête-à-tête avec Zelensky n’aurait de sens qu’à l’aboutissement d’un processus de paix.

Trump, quant à lui, n’envisage pas d’attendre. À la question de savoir si Poutine devait s’entretenir avec Zelensky avant lui, il a répondu "non". "Les deux veulent me voir, et je ferai tout pour mettre fin à cette tuerie", a-t-il déclaré. En parallèle, un échange téléphonique entre Trump et Zelensky a eu lieu jeudi, en présence de plusieurs dirigeants européens. Le président ukrainien a réclamé leur intégration dans le processus de paix, jusque-là mené en bilatéral entre Moscou et Washington.

Des lignes rouges toujours infranchissables

Malgré ces efforts, les positions russes et ukrainiennes restent diamétralement opposées. Lors du dernier cycle de négociations directes à Istanbul en juillet, seuls des échanges de prisonniers et de dépouilles de soldats ont été obtenus. Sur le terrain, les forces russes poursuivent leur offensive, grignotant progressivement les lignes ukrainiennes.

Les exigences du Kremlin n’ont pas varié : reconnaissance de la souveraineté russe sur la Crimée et sur les régions de Donetsk, Lougansk, Zaporijjia et Kherson, arrêt des livraisons d’armes occidentales à Kiev, et renoncement de l’Ukraine à toute adhésion à l’OTAN. Des conditions inacceptables pour Kiev, qui demande en retour le retrait total des troupes russes, des garanties de sécurité occidentales et un cessez-le-feu immédiat de 30 jours, toujours refusé par Moscou.

Dans ce contexte explosif, une rencontre entre Trump et Poutine représenterait une chance de relancer une diplomatie à l’arrêt. Loin des caméras, les tractations s’accélèrent à Washington, Moscou et dans plusieurs capitales européennes. Si le sommet a lieu, il pourrait marquer un tournant décisif dans ce conflit très alimenté par les Etats de l’UE et qui dure depuis plus de trois ans. (Quid avec AFP)