International
Trump ‘’veut arracher’’ à Netanyahu un accord sur Gaza
Des sacs mortuaires déposés à l'intérieur d'une structure préfabriquée à l'extérieur de l'hôpital al-Awda dans le camp de réfugiés de Nuseirat, dans le centre de la bande de Gaza, à la suite d'une frappe israélienne le 27 septembre 2025.
Donald Trump devait recevoir Benjamin Netanyahu à Washington pour tenter de lui arracher un accord sur Gaza. Le président américain mise sur un plan en 21 points pour un cessez-le-feu immédiat, la libération des détenus et un retrait progressif de l’armée israélienne. Entre espoirs fragiles à Gaza, pressions des familles de détenus et résistance d’un Netanyahu isolé sur la scène internationale, cette rencontre pourrait marquer un tournant dans une guerre déjà qualifiée de génocidaire par l’ONU. Mais rien n’est moins certain.
Washington, États-Unis- Donald Trump reçoit lundi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avec pour objectif d'arracher son accord à un plan de paix pour Gaza.
"Nous avons une réelle chance d'atteindre quelque chose de grand au Moyen-Orient. Tout le monde est prêt pour quelque chose de spécial, une première", a écrit le président américain dimanche sur sa plateforme Truth Social.
"Il veut que cette guerre se termine et il veut que tous les otages soient libérés", a dit sa porte-parole Karoline Leavitt lundi dans un échange avec la presse.
Selon elle, le républicain s'attend à ce que "les deux parties" acceptent le nouveau plan en 21 points soumis par Washington.
Cette quatrième rencontre entre les deux dirigeants depuis l'investiture de Donald Trump devait être suivie d'une conférence de presse à 17H15 GMT.
"Nous vous demandons respectueusement de rester ferme face à toute tentative de saboter l'accord que vous avez proposé", ont écrit les familles des détenus israéliens à Gaza au président américain avant la rencontre, disant avoir "attendu trop longtemps pour que des ingérences fassent dérailler ces avancées".
Dans la bande de Gaza, en ruines après bientôt deux ans de guerre génocidaire israélienne, certains voient dans cette rencontre une lueur d'espoir tandis que d'autres l'attendent sans illusions.
"Je n'attends rien de Trump, parce qu'il soutient Netanyahu afin de détruire la bande de Gaza et de déplacer ses habitants", a déclaré Mohammed Abu Rabee, un Palestinien de 34 ans qui habite le camp de réfugiés d'Al-Chati.
Sabah Al-Jadaili, une déplacée de 40 ans installée dans une école de Gaza-ville, croit au contraire que Donald Trump "veut mettre fin à la guerre". "Ce plan est excellent", dit-elle. "Ce qui nous importe est que la guerre se termine. Peu importent les détails. Nous voulons seulement vivre".
"Pas impossible de le convaincre"
En neuf mois, le président américain n'a jamais remis en cause son soutien à Israël. Mais ses idées pour mettre fin au conflit ont beaucoup varié.
Quant à Benjamin Netanyahu, il tient toujours un discours guerrier, promettant de "finir le travail" face au Hamas, mais il est isolé à l'international et confronté dans son pays à des manifestations pour un cessez-le-feu.
La proposition américaine en 21 points prévoit, selon le site américain Axios et le Times of Israel, un arrêt immédiat de la guerre à Gaza, accompagné d'un retrait par étapes des forces israéliennes et une libération des détenus dans les 48 heures suivant le cessez-le-feu. Une fois ceux-ci libérés, Israël libèrerait plus de mille prisonniers palestiniens.
Selon des médias britanniques, l'ancien Premier ministre Tony Blair pourrait jouer un rôle majeur au sein d'une future autorité de transition à Gaza.
"Netanyahu préfère clairement continuer la guerre, mais il n'est pas impossible pour Trump de le convaincre d'y renoncer", juge Natan Sachs, expert au Middle East Institute à Washington.
"Liberté totale d'action"
La question de la Cisjordanie, occupée par Israël depuis 1967, sera également centrale lundi.
"Je ne permettrai pas à Israël d'annexer la Cisjordanie", avait déclaré jeudi Donald Trump.
Ce veto pourrait compliquer la position de Benjamin Netanyahu qui n’avait pas besoin de ses alliés d'extrême droite au sein de la coalition gouvernementale, lui-même en étant un, pour annexer ce territoire palestinien, cherchant cette fois-ci un prétexte dans les pays qui ont reconnu l'Etat de Palestine.
La guerre, qualifiée de génocide par l’ONU et plusieurs ONG menée sur Gaza a fait près de 70.000 morts, en majorité des civils, dont plus des deux tiers sont des enfants et des femmes. (Quid avec AFP)