Ukraine: Zelensky et ses chaperons européens à la Maison Blanche lundi

Ukraine: Zelensky et ses chaperons européens à la Maison Blanche lundi

Le président russe Vladimir Poutine dépose des fleurs sur les tombes des soldats soviétiques, tombés dans la guerre commune contre l’Allemagne nazie, au cimetière national de Fort Richardson à Anchorage, en Alaska, le 15 août 2025. (Photo de Gavriil GRIGOROV / POOL / AFP)

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Les alliés européens de l’Ukraine ont décidé d’afficher une unité sans faille en annonçant qu’ils accompagneront Volodymyr Zelensky à Washington ce lundi pour sa rencontre avec Donald Trump. De Bruxelles à Paris, en passant par Berlin et Rome, les principaux dirigeants de l’Union européenne veulent peser dans des discussions où l’avenir territorial et sécuritaire de Kiev pourrait se jouer face aux ambitions russes et aux manœuvres américaines.


Bruxelles, Belgique - Les alliés  et parains européens de l'Ukraine ont affiché leur volonté de faire bloc autour du président ukrainien Volodymyr Zelensky en annonçant qu'ils l'accompagneraient à la Maison Blanche lundi pour une rencontre avec Donald Trump.

Cette décision est intervenue dimanche quelques heures avant une visioconférence de la "coalition des volontaires", qui rassemble les soutiens de Kiev, sur l'issue du récent sommet Trump-Poutine en Alaska.

A la demande du président Zelensky, je participerai demain à la réunion avec le président Trump et d'autres dirigeants européens à la Maison Blanche", a annoncé la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, sur le réseau social X.`

Dans la foulée de cette annonce surprise, le président français Emmanuel Macron, le chancelier allemand Friedrich Merz, le chef de l'Otan Mark Rutte, la Première ministre italienne Giorgia Meloni et le président finlandais Alexander Stubb ont confirmé leur présence lundi à Washington

Du côté des diplomates américains, la présence de personnalités comme la présidente de la Commission Ursula von der Leyen est vue comme un amortisseur potentiel contre des accords prêts à être imposés sans Kiev. L’éventualité d’un sommet trilatéral incluant Zelenskyy, Trump et Poutine suscite un débat intense à Washington, avec l’espoir que les Européens puissent garantir que toute solution respecte la souveraineté ukrainienne plutôt que d’attiser la guerre. La Maison-Blanche semble tolérer cette dynamique, préférant y voit la possibilité d’asseoir un accord durable, plutôt qu’une défiance européenne à l’égard de la politique extérieure américaine. Mais nul doute que ce ‘’front commun’’ laissera des traces.

Lire aussi : UN SOMMET PRUDENT MAIS DANS UNE BONNE AMBIANCE ENTRE TRUMP ET POUTINE, PRÉPARANT LE TERRAIN D’UN ACCORD FUTUR – PAR HASSAN ZAKAIAA

Mme von der Leyen a par ailleurs annoncé que le président ukrainien était attendu à Bruxelles ce dimanche où il participera à une visioconférence prévue avec les dirigeants européens.

Le président Macron, le Premier ministre britannique Keir Starmer et le chancelier allemand doivent réunir à 13H00 GMT en visioconférence la "coalition des volontaires" alliés de Kiev, qui regroupe la plupart des grands pays européens, l'UE, l'Otan, et des pays non-européens comme le Canada.

Les alliés de l'Ukraine devraient aborder la question des garanties de sécurité qui seraient accordées à Kiev dans le cadre d'un éventuel accord de paix. Ils devraient également, selon des diplomates, examiner ce que pourraient être les contours d'un tel accord entre l'Ukraine et la Russie.

Garantie de sécurité

Ces initiatives diplomatiques interviennent après un sommet à Anchorage entre le président américain Donald Trump et son homologue russe Vladimir Poutine n'ayant débouché ni sur un accord de cessez-le-feu ni sur de nouvelles sanctions contre Moscou.

Le président Zelensky et ses alliés européens étaient en faveur d'un cessez-le-feu préalable mais Donald Trump a mis en avant un accord de paix, sur lequel il donnera des précisions lundi à ses hôtes à Washington.

En rentrant d'Alaska, M. Trump avait évoqué au profit de Kiev une garantie de sécurité similaire à celle de l'article 5 de l'Otan, en dehors toutefois du cadre de l'Alliance atlantique, considérée par Moscou comme une menace existentielle à ses frontières.

D'après la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, il s'agirait de définir "une clause de sécurité collective qui permettrait à l'Ukraine d'obtenir le soutien de tous ses partenaires, y compris des Etats-Unis, prêts à agir dans le cas où elle serait à nouveau attaquée".

Le président américain soutient aussi une proposition de la Russie renforçant sa présence dans l'est de l'Ukraine, a indiqué à l'AFP un responsable au courant d'échanges téléphoniques samedi entre Donald Trump et des dirigeants européens.

Selon cette source anonyme, le président russe "demande dans les faits que l'Ukraine quitte le Donbass", à majorité russophone, et cède donc totalement ce territoire rassemblant les régions de Donetsk et Lougansk dans l'est de l'Ukraine. Il propose par ailleurs un gel du front dans les régions de Kherson et Zaporijjia (sud).

Quelques mois après son entrée en guerre en Ukraine, la Russie avait proclamé en septembre 2022 l'annexion de ces quatre régions ukrainiennes, même si ses troupes n'en contrôlent toujours aucune en totalité.

  1. Zelensky, encouragé et soutenu par les Européens, a jusqu'ici rejeté toute concession territoriale, disant avoir les mains liées par la Constitution ukrainienne.

Samedi, il s'est dit "reconnaissant de l'invitation" à la Maison Blanche, tout en prévenant que le refus d'un cessez-le-feu par Moscou "compliqu(ait) la situation".

Donald Trump a aussi laissé entrevoir un sommet tripartite avec MM. Poutine et Zelensky si "tout marche bien" lorsqu'il recevra le président ukrainien, six mois après l'avoir humilié avec son vice-président JD Vance dans le Bureau ovale, une scène télévisée qui avait stupéfié le monde.

Après trois ans et demi du conflit le plus sanglant en Europe depuis la Seconde guerre mondiale, l'armée russe occupe environ 20% du territoire ukrainien, dont la quasi totalité de la région de Lougansk et une grande partie de la région de Donetsk, où sa progression s'est accélérée récemment.

Ce n'est pas le cas des régions de Zaporijjia et Kherson, dont les principaux centres urbains sont toujours sous contrôle ukrainien.

Sur le terrain, les hostilités continuent. Kiev et Moscou se sont mutuellement attaqués avec des drones dans la nuit de samedi à dimanche, faisant plusieurs morts. (Quid avec AFP)