Les États-Unis rejettent une gouvernance mondiale de l'IA au sommet à New Delhi

Les États-Unis rejettent une gouvernance mondiale de l'IA au sommet à New Delhi

Le Premier ministre indien Narendra Modi (au centre), le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva (au centre à gauche) et le président français Emmanuel Macron (au centre à droite) posent avec d'autres dirigeants et représentants mondiaux pour une photo de groupe lors du Sommet sur l'impact de l'IA à New Delhi, le 19 février 2026. (Photo AFP)

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Réunis à New Delhi pour le plus grand sommet mondial consacré à l’intelligence artificielle, des dirigeants et responsables internationaux ont tenté d’esquisser un cadre commun face aux promesses et aux risques de cette technologie. Mais les États-Unis ont clairement affiché leur refus de toute gouvernance mondiale de l’IA, creusant un fossé avec les partisans d’une régulation multilatérale.

New Delhi, Inde - Les États-Unis ont rejeté vendredi toute gouvernance mondiale de l'IA, avant une déclaration des dirigeants du monde entier réunis en Inde sur l'intelligence artificielle.

"Comme l’administration Trump l’a désormais affirmé à de nombreuses reprises, nous rejetons totalement la gouvernance mondiale de l’IA", a déclaré Michael Kratsios, conseiller de la Maison-Blanche aux sciences et technologies.

Quelques heures auparavant, le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres avait confirmé le lancement d'une commission scientifique destinée à faire "du contrôle humain" de l'IA "une réalité technique".

À l’issue de ce sommet, les dizaines de dirigeants et de ministres du monde entier présents à New Delhi devraient publier un communiqué commun sur les apports de l’IA — comme la traduction instantanée ou la découverte de médicaments — mais aussi sur les risques qu’elle comporte.

Les trois précédentes éditions sur l'intelligence artificielle avaient abouti à un texte vague.

Le patron d’OpenAI, Sam Altman, avait déclaré jeudi que cette technologie en plein essor avait un besoin urgent de régulation, alors que grandissent les inquiétudes quant à son impact sur la société et l’environnement.

"Nous fonçons dans l'inconnu. L'innovation liée à l'IA avance à la vitesse de la lumière et dépasse notre capacité collective à la comprendre et encore plus à la gouverner", a souligné vendredi M. Guterres, devant le sommet mondial sur l'IA.

Favoriser l'"esprit d'entreprise"

A l'opposé, pour le représentant de la Maison-Blanche, l'intelligence artificielle a le potentiel de "favoriser l'épanouissement humain et de générer une prospérité sans précédent".

"Les obsessions idéologiques axées sur les risques, comme le climat ou l'équité, sont des prétextes à une gestion bureaucratique et à la centralisation", a-t-il affirmé.

Lors de l'édition de l'an dernier à Paris, les États-Unis n’avaient pas signé la déclaration commune à l'issue du sommet.

Washington a publié vendredi après-midi une déclaration conjointe avec l’Inde, affirmant que les deux pays allaient "adopter une approche mondiale de l’IA résolument favorable à l’esprit d’entreprise et à l’innovation".

"Les deux parties s’engagent à adopter... des cadres réglementaires (...) favorisant l’innovation technologique et encourageant l’investissement", précise le texte.

Le gouvernement américain refuse d'encadrer les accès et les contenus sur les plateformes, au nom de la liberté d'expression notamment.

Le "Sommet pour l'action sur l'IA" à New Delhi était le plus important sommet à ce jour, avec des dizaines de milliers de participants et visiteurs, et le premier à se tenir dans un pays en développement.

Le prochain sommet se tiendra à Genève début 2027.

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