Quand l’intelligence artificielle redevient une question humaine – Par Dr Az-Eddine Bennani

Quand l’intelligence artificielle redevient une question humaine – Par Dr Az-Eddine Bennani

À Tanger, un Café IA organisé au Novalia Center a mis en lumière une approche renouvelée de l’intelligence artificielle, loin des seuls enjeux techniques

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À Tanger, un Café IA organisé au Novalia Center a mis en lumière une approche renouvelée de l’intelligence artificielle, loin des seuls enjeux techniques.  Dr Az-Eddine Bennani souligne la nécessité, portée par la rencontre, de replacer l’IA dans une perspective humaine, sociale et inclusive, en insistant sur la responsabilité collective dans son appropriation et sur l’importance du dialogue entre générations et métiers face aux transformations numériques.

Az-Eddine Bennani

Le 4 avril 2026, à Tanger, s’est tenu un Café IA qui, au-delà de sa forme conviviale, a révélé une réalité essentielle : l’intelligence artificielle ne peut être pensée uniquement comme une technologie. Elle est d’abord une question humaine, sociale et collective.

Dans le cadre du Novalia Center, lieu où se croisent expression artistique et réflexion contemporaine, se sont réunis médecins, professeurs, artistes, commerçants, jeunes entrepreneurs, étudiants et artisans. Cette diversité n’est pas anecdotique. Elle constitue la condition même d’une compréhension juste de ce que recouvre aujourd’hui l’intelligence artificielle.

Car ce que l’on appelle communément “IA” reste largement perçu à travers le prisme de la performance technique, des algorithmes ou des plateformes. Or, ce qui s’est exprimé à Tanger est d’une autre nature. Il s’agit d’un besoin de sens, d’un besoin de dialogue, et surtout d’un besoin de réappropriation.

À travers l’approche développée dans Wald Maâlam, j’ai défendu l’idée d’une intelligence artificielle frugale, sociale et inclusive. Frugale, parce qu’elle doit être pensée dans un contexte de ressources contraintes et d’efficience réelle. Sociale, parce qu’elle doit répondre à des usages concrets et non à des logiques de démonstration technologique. Inclusive, enfin, parce qu’elle ne peut laisser à l’écart ni les territoires, ni les métiers, ni les générations.

Les échanges ont été marqués par une préoccupation récurrente : celle de l’emploi. Cette inquiétude est légitime. Elle traverse aujourd’hui l’ensemble des sociétés confrontées à l’accélération des transformations numériques. Mais elle ne peut être traitée uniquement en termes de substitution ou de disparition.

L’intelligence artificielle ne décide pas. Elle n’a ni intention, ni projet. Elle traduit, à travers des systèmes techniques, des choix humains, organisationnels et politiques. En ce sens, la véritable question n’est pas de savoir ce que l’IA fera de nous, mais ce que nous déciderons d’en faire.

Ce qui a frappé lors de ce Café IA, c’est la présence de toutes les générations. Cette coprésence permet de dépasser les oppositions simplistes entre technophiles et technocritiques, entre jeunes et moins jeunes, entre experts et profanes. Elle ouvre la voie à une intelligence collective, seule capable d’accompagner des transformations d’une telle ampleur.

Il convient enfin de souligner le rôle des lieux. Le Novalia Center n’est pas un simple espace d’accueil. Il est un acteur à part entière de cette dynamique. En articulant culture, création et réflexion, il offre un cadre propice à une approche décloisonnée de l’intelligence artificielle.

Ce qui s’est joué à Tanger, le 4 avril 2026, dépasse donc le cadre d’un événement. Il s’agit d’un signal. Celui d’une société qui refuse de subir l’intelligence artificielle et qui commence à en construire une lecture située, consciente et partagée.

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