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Il y a plus de trois quarts de siècle, « lhamla » de 1950 à Sefrou
Le défunt Roi Mohammed V en visite à Sefrou, sinistrée par la crue de 1950
À quelques jours de l’anniversaire de la crue du 25 septembre 1950, que les habitants de Sefrou appellent « Lhmla », le souvenir revient d’une catastrophe qui a durablement marqué la ville. Source de vie, de prospérité et d’irrigation pour celle qu’on appelait le Jardin du Maroc, Sefrou, l’oued Aggay a aussi été à l’origine de crues dévastatrices. Au fil du temps, plusieurs aménagements ont été entrepris pour maîtriser son cours, protéger ses berges et réduire les risques d’inondation.
L’oued Aggay, source de vie et de prospérité
L’oued Aggay a constitué une source de vie pour Sefrou et un facteur de prospérité et d’aisance pour ses habitants, qui se sont établis sur ses rives, de l’aval jusqu’à l’amont. Les douars dispersés tout au long de son cours se sont ensuite regroupés sur le site actuel de la ville, entourée d’une zone agricole irriguée connue sous le nom les jardins de Sefrou .
Son irrigation était assurée par un réseau hydraulique dont certains barrages de dérivation et certaines seguias ont aujourd’hui disparu. D’autres ont continué à fonctionner grâce à la gestion de l’association syndicale agricole privilégiée, depuis les années 1920 jusqu’à l’entrée en vigueur de la loi sur l’eau, puis par l’intermédiaire de l’Association des usagers des eaux destinées à l’irrigation de cette oasis de fertilité.
Mais autant l’oued a assuré la prospérité de la ville et de ses environs, autant il a été à l’origine de drames qui ont marqué sa mémoire et transformé définitivement son visage. Parmi eux figurent la crue de 1977 et celle du 25 septembre 1950. A une époque, on datait les évènement en utilisant comme repère (‘ame Alhamla), l’année de la crue.
Les habitants de Sefrou ont, depuis des temps anciens, cherché à domestiquer l’oued afin de l’adapter à leurs besoins et à leur vie quotidienne. Il permettait d’irriguer leurs vergers et répondait à différents usages urbains, notamment l’alimentation des maisons, des hammams et des toilettes publiques, grâce à des réseaux élaborés de distribution de l’eau.
L’oued fournissait également la force nécessaire pour faire fonctionner les moulins disséminés sur ses berges, depuis le barrage de Sidi Amr jusqu’aux quartiers de la Kasbah et de Beni Medrek. D’autres moulins étaient installés le long de seguias, notamment celles de Kénitra et de Boufrah.
Une ville façonnée par les crues
Sefrou a vécu grâce à Aggay, mais elle a aussi subi ses colères. Ses crues ont causé d’importants dégâts matériels et profondément modifié le paysage urbain, en faisant disparaître une partie de son architecture et de certains de ses quartiers.
Des budgets ont alors été mobilisés pour la reconstruction et pour la « protection de la ville » contre les risques de futures inondations.
À quelques jours de l’anniversaire de la crue de 1950, il est légitime de revenir sur les aménagements réalisés le long de l’oued, notamment ceux qui ont concerné son lit et ses berges.
Des interventions en amont de la ville
En dehors du périmètre urbain de Sefrou, plusieurs interventions ont été menées.
Une partie de l’amont de l’oued, dans la région d’Aït Hussein Al-Baqia, a été plantée de figuiers afin de protéger les sols contre l’érosion. Ce projet, interrompu en 1953, visait à limiter l’érosion des terres et à maîtriser le phénomène d’érosion hydrique.
Un barrage collinaire a également été construit dans la région d’Ihinajen au cours des années 1990 afin de protéger la ville contre les inondations et de maîtriser les crues destructrices provenant de cet affluent.
Plusieurs seuils en gabions ont par ailleurs été aménagés sur les ravins qui convergent vers la ville et vers l’oued Aggay. Leur objectif était de renforcer la protection contre les inondations et de contrôler les écoulements torrentiels qui y contribuent.
Ces interventions réalisées en amont de l’oued et dans les environs de la ville peuvent être considérées…