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Confiance des ménages : le moral recule au deuxième trimestre malgré une amélioration sur un an
L’enquête du HCP montre que les ménages restent majoritairement pessimistes quant à l’évolution de leurs conditions de vie
Le moral des ménages marocains s’est replié au deuxième trimestre 2026, selon les résultats de l’enquête permanente de conjoncture du Haut-Commissariat au Plan (HCP). L’Indice de confiance des ménages (ICM) s’est établi à 60,1 points, en baisse par rapport aux 64,4 points enregistrés au premier trimestre, mais demeure supérieur au niveau de 54,6 points observé à la même période de 2025. Cette évolution traduit un climat marqué par des inquiétudes persistantes concernant le niveau de vie, l’emploi, les prix et la capacité d’épargne, malgré quelques signes d’amélioration par rapport à l’année précédente.
Une confiance en recul sous l’effet des inquiétudes sur le niveau de vie
L’enquête du HCP montre que les ménages restent majoritairement pessimistes quant à l’évolution de leurs conditions de vie. Près de huit ménages sur dix, soit 78,3 %, estiment que leur niveau de vie s’est dégradé au cours des douze derniers mois. Seuls 5,2 % considèrent qu’il s’est amélioré, tandis que 16,5 % jugent qu’il est resté stable.
Ce constat se reflète dans le solde d’opinion relatif au niveau de vie passé, qui s’établit à -73,1 points, contre -69,3 points au trimestre précédent. Cette dégradation traduit un renforcement du sentiment de perte de pouvoir d’achat, alors même que l’indicateur demeure légèrement meilleur qu’il y a un an.
Les perspectives pour les douze prochains mois restent elles aussi marquées par la prudence. Plus de la moitié des ménages, soit 51 %, anticipent une nouvelle détérioration de leur niveau de vie, tandis que 39,7 % tablent sur une stabilité et seulement 9,3 % espèrent une amélioration. Le solde d’opinion correspondant recule à -41,7 points, contre -28,8 points au trimestre précédent.
Les anticipations concernant le marché du travail restent également défavorables. Une majorité de ménages, représentant 57,2 %, s’attendent à une hausse du chômage au cours de l’année à venir. À l’inverse, 18,4 % prévoient une baisse et 24,4 % estiment que la situation restera inchangée. Si cet indicateur se dégrade légèrement par rapport au premier trimestre, il demeure nettement meilleur qu’au deuxième trimestre 2025, ce qui traduit une perception moins pessimiste de l’évolution de l’emploi sur un an.
La consommation des ménages continue par ailleurs de pâtir de cette conjoncture. Plus des deux tiers des personnes interrogées, soit 65,3 %, considèrent que le contexte n’est pas favorable à l’acquisition de biens durables. Seuls 14,7 % jugent le moment opportun pour réaliser ce type d’achat. Le solde d’opinion reste ainsi très négatif à -50,6 points, même s’il affiche une légère amélioration par rapport au trimestre précédent et surtout par rapport à la même période de l’année dernière.
Situation financière, épargne et inflation alimentaire alimentent le pessimisme
L’enquête met également en évidence une situation financière toujours fragile pour une grande partie des ménages. Si 58,7 % déclarent que leurs revenus couvrent leurs dépenses courantes, près de quatre ménages sur dix, soit 38,7 %, indiquent devoir s’endetter ou puiser dans leur épargne pour équilibrer leur budget. À peine 2,6 % affirment être en mesure d’épargner une partie de leurs revenus.
Le solde d’opinion relatif à la situation financière actuelle s’établit à -36,1 points, en légère dégradation par rapport au trimestre précédent, mais en amélioration par rapport à l’année précédente.
Concernant l’évolution de leur situation financière au cours des douze derniers mois, 43,8 % des ménages estiment qu’elle s’est détériorée, contre seulement 4,9 % qui évoquent une amélioration. Le solde d’opinion demeure ainsi nettement négatif, à -38,9 points.
Les anticipations pour l’année à venir apparaissent toutefois plus équilibrées. Près des deux tiers des ménages, soit 64,5 %, pensent que leur situation financière restera stable. Les opinions positives et négatives s’équilibrent quasiment, avec respectivement 17,8 % et 17,7 % des ménages. Le solde d’opinion redevient légèrement positif, à 0,1 point, même s’il est en recul par rapport au trimestre précédent.
L’étude souligne également que la capacité d’épargne continue de susciter un fort pessimisme. Le solde d’opinion consacré à cette question reste extrêmement bas, à -80,9 points. Ce résultat confirme que la majorité des ménages ne s’attendent pas à pouvoir dégager une épargne au cours des douze prochains mois.
Enfin, les perceptions relatives aux prix alimentaires demeurent particulièrement défavorables. Le solde d’opinion concernant l’évolution des prix au cours des douze derniers mois atteint -97 points, traduisant un sentiment quasi unanime de hausse du coût des produits alimentaires. Les anticipations pour les douze prochains mois restent elles aussi négatives, avec un solde de -75,2 points, même si celui-ci s’améliore légèrement par rapport aux précédentes enquêtes.
Dans l’ensemble, les résultats du deuxième trimestre 2026 dressent le portrait d’une confiance encore fragile. Malgré une amélioration par rapport à l’année précédente, les ménages restent préoccupés par le coût de la vie, la faiblesse de leur capacité d’épargne, les perspectives d’emploi et l’évolution de leur pouvoir d’achat, autant de facteurs qui continuent de peser sur leur perception de la conjoncture économique.