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Le Maroc en Culture : Théâtre universitaire à Tanger, l’art numérique à Casablanca et les jeunes chorégraphes à Agadir
Festival international d’art vidéo (FIAV) est devenu au fil des ans « un espace unique de rencontre entre artistes, chercheurs et étudiants, où se croisent sciences, arts et innovation »
De Tanger à Casablanca, en passant par Agadir, le mois de novembre s’ouvre sous le signe de la création, de la jeunesse et du dialogue des arts. Théâtre universitaire, art numérique et chorégraphie contemporaine : trois festivals distincts, mais animés par la même volonté de faire du Maroc un laboratoire culturel ouvert sur le monde.
Tanger célèbre le théâtre universitaire et la créativité des jeunes
La 18e édition du Festival international du théâtre universitaire de Tanger (FITUT) s’est ouverte dans l’éclat du Palais des arts et de la culture. Sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, l’événement, organisé par l’École nationale de commerce et de gestion (ENCG) de Tanger en partenariat avec l’Université Abdelmalek Essaâdi, marque un tournant dans l’histoire de cette manifestation devenue une référence internationale.
Le président de l’Université, Bouchta El Moumni, a souligné que le FITUT, qui coïncide cette année avec le cinquantenaire de la Marche Verte et la récente résolution du Conseil de sécurité sur le Sahara marocain, dépasse la simple dimension artistique pour incarner une célébration de l’ouverture et de la diversité. Selon lui, « le théâtre universitaire reste un espace d’expression et de formation, un lieu où s’expérimentent les valeurs du dialogue et de la tolérance ».
Le FITUT réunit cette année des troupes venues d’Égypte, d’Espagne, d’Italie, de Pologne, du Portugal ou encore du Monténégro, aux côtés d’universités marocaines. La cérémonie d’ouverture, empreinte d’émotion, a rendu hommage à deux figures du théâtre national, Ahmed Chhima et Khalid Belaziz. Un programme riche se déploie jusqu’au 7 novembre : représentations, ateliers, tables rondes et visites culturelles, dont une consacrée à la mémoire du Sud marocain, confirmant la vocation du festival à faire du théâtre un pont entre cultures et mémoires.
Casablanca : l’art numérique interroge les identités
Casablanca s’apprête à vibrer au rythme des images et des pixels avec la 31e édition du Festival international d’art vidéo (FIAV), organisée par la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de Ben M’sik. Sous le thème "Identités désincarnées", le FIAV explore cette année les frontières mouvantes entre corps, technologie et conscience à travers un programme foisonnant d’installations immersives, d’œuvres d’art génératif et de performances mêlant danse et intelligence artificielle.
La doyenne de la FLSH, Leïla Maziane, a rappelé que le festival est devenu au fil des ans « un espace unique de rencontre entre artistes, chercheurs et étudiants, où se croisent sciences, arts et innovation ». Le colloque international qui accompagne cette édition réunira une cinquantaine de chercheurs venus d’Afrique, d’Europe, d’Asie et d’Amérique latine autour des mutations du numérique et de ses répercussions sur la construction du soi.
Le directeur du festival, Majid Seddati, a annoncé que la France sera mise à l’honneur à travers le "Focus France", une vitrine de la scène numérique contemporaine hexagonale. Des artistes et collectifs présenteront leurs travaux, tandis que des masterclasses seront consacrées à la création assistée par IA, à la robotique et aux arts immersifs. Parmi les temps forts, le spectacle d’ouverture du magicien et illusionniste augmenté Moulla promet un dialogue étonnant entre illusion, technologie et imagination.
Pour Aude Molin-Chuzeville, directrice de l’Institut français de Casablanca, ce festival incarne « l’esprit de coopération culturelle entre la France et le Maroc », en renforçant les passerelles entre recherche, création et innovation. Depuis sa création en 1993, le FIAV demeure un lieu de convergence entre la pensée et la performance, confirmant Casablanca comme capitale du numérique artistique au Maghreb.
Agadir : la jeunesse en mouvement au Festival des jeunes chorégraphes
Pendant que Tanger et Casablanca célèbrent la parole et l’image, Agadir met le corps en scène. Le rideau est tombé sur la deuxième édition du Festival national des jeunes chorégraphes, organisée sous le thème "La créativité cinétique au service de l’expression artistique des jeunes".
Cette manifestation, initiée par le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, a mis en lumière la diversité des expressions chorégraphiques marocaines, de la danse contemporaine à l’inspiration traditionnelle. Les jeunes participants, venus des douze régions du Royaume, ont présenté des créations originales où gestes, rythmes et symboles se fondent dans une même quête d’expression.
Les compétitions ont récompensé la région de Marrakech-Safi pour la catégorie individuelle et celle de Beni Mellal-Khénifra pour la catégorie des groupes. Le directeur régional du secteur jeunesse, Hicham Zellouach, a salué « un événement formateur, né de sélections régionales et provinciales, qui révèle la richesse et la vitalité des écoles artistiques marocaines ».
Au-delà de la compétition, le festival a offert des ateliers de formation, des spectacles de rue et des débats ouverts, donnant à Agadir l’allure d’un laboratoire vivant de création. Des hommages ont été rendus à des figures du monde chorégraphique marocain, rappelant que cet art, souvent discret, est un langage universel du corps et de la liberté.
L’événement s’inscrit dans la dynamique nationale portée par les Hautes Orientations Royales, visant à valoriser la jeunesse et à renforcer son rôle d’acteur créatif et citoyen.
Une même énergie, trois visages
De la scène théâtrale tangéroise à la scène numérique casablancaise, en passant par la scène dansée d’Agadir, c’est une même énergie qui traverse ces festivals : celle d’un Maroc jeune, curieux et inventif. Ces manifestations traduisent une volonté commune de faire des arts un levier d’éducation, de rayonnement et de dialogue interculturel.
À travers le théâtre, le numérique ou la danse, le pays affirme sa place dans la cartographie culturelle internationale, conjuguant tradition et modernité. Dans les mots comme dans les gestes, dans la lumière comme dans le mouvement, c’est un Maroc de la création et de la transmission qui se dessine, fidèle à son histoire et tourné vers l’avenir.