120 jours

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C’est Mohand Laanser, secrétaire général du Mouvement Populaire, qui a eu le bon mot pour qualifier la rencontre de la majorité à Rabat pour célébrer les 100 premiers jours du gouvernement, en fait 120, faute de n’avoir pas été ponctuel : « C'est juste une tradition. Si c'était déterminant, il faudrait organiser des élections tous les 150 jours. »

Une tradition ? J’ai beau creuser dans ma mémoire, je ne lui trouve pas de traces. Un gouvernement ça rend compte au terme de son mandat, sauf départ prématuré, au mieux à mi-terme, histoire de faire le point de la situation et d’établir l’état des lieux.

Dans l’histoire on retrouve les cent jours de Napoléon Ier qui séparent sa fuite de l’île d’Elbe en 1815 du jour de son abdication la même année. Les cent jours qui peuvent correspondre à ce qu’entend le chef du gouvernement par les siens sont ceux de Roosevelt qui a promis de sortir en 1933 les Etats unis de la forte  dépression. C’est le début du New Deal qui va mettre son pays définitivement sur la voie de la puissance. On ne peut pas dire que Saâdeddine El Othmani soit dans cette configuration.

Il n’empêche que le slogan 120 jours, 120 mesures, n’est pas une si mauvaise idée pour vendre à l’opinion publique le produit gouvernemental. Mais ce ne sera pas suffisant pour ressusciter la flamme éteinte de l’enthousiasme national.

Abdalilah Benkirane existait dans la turbulence permanente, brassait du vent,  créait des polémiques, amusait la galerie. Le bilan de son action se retrouve crument, pour ne pas dire cruellement, établi dans le discours du Trône de cette année.

Sans préjuger de rien, Saâdeddine El Othmani qui n’est pas, pour dire une bête évidence, Benkirane, préfère travailler dans les eaux calmes, l’harmonie et la cohésion. C’est l’image que lui et son équipe ont voulu donner au cours de cette rencontre. Ils n’en seront peut-être que plus efficaces. Aziz Akhennouch, l’un des poids, sinon le poids lourd du gouvernement a tenu à lui rendre hommage pour sa célérité dans la prise de décision.

L’opération de lundi est une façon d’occuper le terrain, de se rendre audible, de dire à ses détracteurs, essentiellement au sein de son propre parti, le PJD, que vous n’aurez pas ma peau et que le travail se fera région par région, voire ville par ville. C’est chose entendu. Pour le reste on attendra.