Le Maroc du soft power : quand le football devient une géostratégie nationale – Par Cherkaoui Roudani

Le Maroc du soft power : quand le football devient une géostratégie nationale – Par Cherkaoui Roudani

Le président de la FIFA, Gianni Infantino, remet la médaille d'or au défenseur marocain n° 3, Ali Maamar, après la victoire du Maroc contre l'Argentine lors de la finale de la Coupe du monde de football U-20 de la FIFA 2025, disputée au stade national de Santiago le 19 octobre 2025. (Photo : Javier TORRES / AFP)

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Le sacre des Lionceaux de l’Atlas au Mondial U20 au Chili a résonné bien au-delà des stades : il a confirmé la métamorphose du Maroc en puissance d’influence douce, où le sport devient un instrument stratégique de rayonnement et d’unité nationale, analyse Cherkaoui Roudani. Docteur en relations internationales, conférencier et expert en géopolitique et sécurité de défense, il rappelle que dans une époque où la diplomatie ne se joue plus seulement dans les chancelleries mais aussi sur les terrains, le Royaume trace sa propre voie : celle d’un soft power enraciné dans la performance, la jeunesse et la vision royale. À travers le football, le Maroc affirme une souveraineté moderne, émotionnelle et intelligente — celle d’un pays qui ne cherche pas à séduire par la force, mais à convaincre par l’exemple.

Cherkaoui Roudani

Le triomphe de l’équipe nationale marocaine U20 à la Coupe du Monde du football organisée au Chili dépasse la simple prouesse sportive. Il incarne une affirmation de puissance, une proclamation silencieuse mais éclatante d’un Maroc qui s’impose désormais comme un acteur de la géopolitique du sport mondial. Derrière chaque passe, chaque but, chaque regard levé vers le ciel chilien, se lit l’histoire d’un peuple qui a fait du football un langage d’unité, un instrument d’influence et un prolongement de sa diplomatie. Ce n’est plus seulement un match que le Maroc a gagné, mais une bataille symbolique mais celle du soft power, celle d’un modèle national fondé sur la vision éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, où le sport devient doctrine, et la victoire, une expression de souveraineté.

L'entraîneur des Lionceaux, Mohamed Ouahbi, et l'attaquant n° 21, Yassir Zabiri, tombnet les bras l’un de l’autre après la victoire lors de la finale de la Coupe du monde de football U-20 de la FIFA 2025 entre l'Argentine et le Maroc au stade national de Santiago, le 19 octobre 2025. (Photo de Javier TORRES / AFP)

À cet égard, dans un monde où les États cherchent de nouveaux langages d’influence, le Maroc impose désormais le sien : celui de la performance, de la persévérance et de la vision. Mais c’est aussi celui du cœur, de la constance et du sens. Sous l’impulsion éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le sport n’est plus un simple espace de compétition, il devient une narration nationale, une diplomatie des émotions et une pédagogie du dépassement. Chaque victoire marocaine n’est plus un hasard, mais une signature : celle d’un pays qui croit en sa jeunesse, en son intelligence collective et en sa capacité à transformer le rêve en stratégie. Le Maroc, dans son élan, ne cherche pas seulement à gagner des matches ; il réinvente la manière de gagner le monde, par la dignité, la vision et la foi en l’avenir.

De fait, le football marocain est aujourd’hui bien plus qu’une discipline mais c’est une grammaire de transformation. Derrière chaque victoire se cache l’histoire d’un peuple qui a appris à convertir l’adversité en énergie créatrice. Battre successivement des nations telles que l’Espagne, le Brésil, la Corée du Sud, la France et l’Argentine n’est pas un hasard, mais le résultat d’un système cognitif collectif, bâti sur la rigueur, la foi et l’ambition. C’est vrai, toute performance sportive porte une part d’incertitude, mais la répétition des succès marocains traduit une structure, une planification et une culture de l’effort qui ne relèvent pas du hasard

Cette trajectoire illustre la résilience d’un modèle marocain : un modèle où la volonté politique s’articule à la compétence technique, et où la monarchie a su transformer le rêve sportif en infrastructure stratégique de l’avenir.

L’Académie Mohammed VI : un laboratoire d’excellence et de souveraineté

Au cœur de cette révolution tranquille se dresse l’Académie Mohammed VI de Football, véritable matrice de l’excellence marocaine. En effet, plus qu’un simple centre de formation, elle incarne une fabrique d’avenir et un laboratoire d’intelligences, où se conçoivent la méthode, la rigueur et la passion. C’est dans ce creuset que s’élaborent les fondations d’une école marocaine du football moderne, tournée à la fois vers la performance et vers la transmission des valeurs. On y façonne, avec exigence et conviction, non seulement des athlètes d’exception, mais aussi des citoyens porteurs d’un esprit national affirmé et d’une ouverture universelle. Ainsi, cette Académie symbolise pleinement la philosophie royale du développement : anticiper avant les autres, structurer avec cohérence et pérenniser avec vision. Par ce biais, le Maroc a su transformer la formation sportive en un chantier d’avenir, où la réussite individuelle se conjugue à la fierté collective. En formant des joueurs qui refusent l’impossible, le Royaume érige le sport en levier de souveraineté humaine et en catalyseur d’une diplomatie de la réussite.

De surcroît, sous l’impulsion de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, et grâce à la mobilisation d’acteurs multiples, l’Académie, la FRMF, les clubs, les entraîneurs et les formateurs, le Maroc a bâti une architecture d’excellence où la technique se marie à la discipline, et où l’intelligence collective devient l’expression la plus achevée de l’ambition nationale. De ce fait, l’Académie Mohammed VI n’est pas seulement un symbole de réussite ; elle est le socle d’un projet durable, qui inscrit le sport marocain dans la continuité, la méthode et la vision.

De Doha 2022 à 2030 : l’ingénierie d’une puissance symbolique

L’épopée marocaine au Mondial 2022 au Qatar, première équipe africaine et arabe à atteindre le dernier carré d’une Coupe du Monde, a marqué un basculement historique qui traduit le passage du Maroc d’une nation sportive à une nation-référence. Ce parcours a réactivé l’imaginaire collectif d’un continent et repositionné le Royaume comme acteur narratif de la nouvelle géopolitique du football mondial. Cette dynamique trouve son prolongement dans l’organisation de la Coupe du Monde 2030, coorganisée par le Maroc, l’Espagne et le Portugal : une plateforme géostratégique atlantico-méditerranéenne, symbole d’un dialogue entre continents, d’un pont entre le Nord et le Sud, et d’un leadership marocain qui dépasse les frontières sportives.

Un leadership multidimensionnel : du sport à la stratégie d’État

De plus, le Maroc, sous la conduite visionnaire de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, ne se distingue pas uniquement dans le domaine sportif. Il s’affirme comme une puissance d’équilibre et d’innovation, dont la diplomatie proactive, l’industrialisation accélérée et la transition énergétique exemplaire traduisent une stratégie d’autonomie et d’influence.

Sur le plan diplomatique, le Royaume s’impose comme un médiateur respecté et un acteur clé du dialogue afro-atlantique, conjuguant réalisme, humanisme et anticipation. Sur le plan industriel, il a bâti un écosystème souverain, connecté aux chaînes de valeurs mondiales, allant de l’aéronautique à l’automobile, et bientôt aux batteries et technologies vertes. Enfin, dans le domaine des énergies renouvelables, le Maroc est devenu une puissance pionnière, alliant énergie solaire, éolienne et hydrogène vert, traduisant la vision royale d’un futur durable et souverain.

Ainsi, au-delà du football, c’est tout un modèle national de projection stratégique, fondé sur la confiance, la stabilité et l’intelligence collective, qui se déploie à l’échelle régionale et mondiale.

Le soft power marocain en mouvement

Dans un monde fragmenté, le Maroc incarne une rare cohérence c’est celle d’un pays qui ne connaît pas l’impossible, qui transforme le sport en langage de diplomatie, et la victoire en instrument de souveraineté narrative. Dans ce dynamique, le football devient ici un outil de projection du modèle marocain, où le rayonnement passe par l’intelligence collective, la stabilité institutionnelle et la puissance de la vision royale.

En outre, ce soft power n’est pas une façade ; il est processuel et opérant. Il s’appuie sur des piliers concrets à l’image des infrastructures d’une nouvelle génération, formation solide, diplomatie sportive et intégration continentale. In fine, le Maroc parle désormais au monde à travers la réussite de sa jeunesse, la qualité de ses institutions et la durabilité de sa vision.

Le Maroc ne célèbre pas simplement une victoire ; il valide une trajectoire. Dans le tumulte d’un monde incertain, le Royaume trace une ligne claire : celle d’un État qui construit, anticipe et inspire. De Rabat à Doha, de Dakhla à Madrid, le Maroc s’affirme comme une puissance tranquille, alliant stratégie et passion, discipline et imagination. En football comme en géopolitique, le Royaume confirme que la grandeur ne se décrète pas mais elle se construit.

De ce fait, le Maroc a transformé le sport en géostratégie, le jeu en langage de puissance, et le terrain en espace d’influence. Par la vision éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le football devient un levier d’autonomie stratégique et un miroir du génie d’un peuple qui avance sans jamais se dérober à l’Histoire.

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